Genèse : Skaldes
Démiurge
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Informations généralesGroupe : VagabondAge : Sexe : ♀♂Monnaie : Inventaire : - La toute puissance ♥️Bandeau : https://zupimages.net/up/20/20/vbg5.jpg
DémiurgeAdmin

Sam 14 Juil - 20:23


Skaldes : Genèse



Il fut un temps où tous ne formèrent qu’un.
Le monde agonisait, l’humanité atrophiée exhalait ses ultimes instants. En désespoir de cause, l’homme déterminé à survivre mit de côté fierté et préjugés. Il se réfugia dans différents sous-sol aménagés et bientôt, il coexista avec ses frères et ses voisins au sein d’un réseau immense de bunkers dépendants.
Il apprit à ne plus faire de distinction entre les bruns et les roux, les visages pâles et les métisses, les polythéistes et les agnostiques. Il créa une grande mais unique communauté, déterminée par des préceptes simples d’entraide et de partage équitable, de participation collective et de démocratie. Soutenu par les microtechnologies qui peuplaient son environnement, par les aménagements à la pointe de l’innovation qui avaient été installées et par les intelligences artificielles riches de tout le savoir qui lui était méconnu, l’homme subsista et prospéra.



Il fut un temps où l’humanité trouva la paix.
Les générations se succédèrent, se mêlèrent, inébranlablement soudées. Il en était fini des conflits politiques, des intolérances et de la jalousie. Une bonne gestion des ressources, des capacités et de la main d’oeuvre assura une équité viable et plus que satisfaisante.
Tous s’étaient unis sous une même bannière. Uniquement préoccupés par le bien-être de leurs semblables, tous oublièrent le chaos qui régnait encore à la surface.




-31 Ere Skalde, - 178 ère Haarvarn


Il vint un jour pourtant où l’humanité unie se scinda.
La terre déchirée trembla. Les abris saturés cédèrent, les galeries fatiguées s’effondrèrent. L’épée qui menaçait depuis plusieurs années le peuple souterrain frappa soudainement et sans distinction, véloce et impitoyable. Elle arracha à cette communauté réfugiée la moitié de ses âmes, ne laissant derrière elle qu’une poignée de carcasses vides et, plus que tout, l’ignorance.
Rares furent les hères à pleurer les morts. La majorité pleura les vivants. La pierre implacable avait coupé toutes communication avec les autres abris, de ce fait, elle avait séparé les proches, éloigné les amis, détruit les relations, et jamais elle ne laissa le moindre indice derrière elle quant à une potentielle survie. Il en était fini du marchandage et de l’entraide qui connectaient l’ensemble des bunkers, il ne demeuraient que le malheur d’une vie en solitaire et l’angoisse provoquée par l’idée d’être, certainement, le dernier représentant de son espèce.

Toute leur vie, les descendants des premiers êtres vécurent sans savoir ce qu’il était advenu des autres Hommes. Les plus chanceux parvinrent à s’allier avec les survivants de bâtiments encore debouts, ou dont les galeries qui les reliaient restaient praticables, les autres survécurent tant bien que mal, enfermés vivants dans ce qui était devenu leur tombeau.


Il fût un temps où les Hommes ne firent qu’un. Une nouvelle fois pourtant, l’unité fût rompue, et d’une unique âme, il en naquit deux qui évoluèrent distinctement, malmenées par les conséquences désastreuses d’un séisme imprévisible. Les autres groupes, eux, furent tous supposés morts.



-31 Ere Skalde

Il fut toutefois un groupe plus touché que l’autre. Ses blessés se comptaient par milliers, borgnes ou estropiés, scarifiés ou éclopés, tous percutés de plein fouet par l’effondrement d’une grande partie de l’un des refuges enterrés. Séparés du reste de la communauté mais aussi tenus à l’écarts de la protection et de l’aide matérielle comme médicale que pouvait leur apporter l’abri anti-atomique, les survivants durent s’éloigner pour se maintenir en vie, explorer les galeries en majorité obstruées pour rejoindre une autre base.
Le réseau souterrain était immense, gigantesque toile étendue sous l’ensemble du territoire et même par delà l’océan, aménagé et protégé. Pourtant l’Homme, satisfait du confort acquis et de la rentabilité des installations habitables, démotivé par le nombre de passages impraticables, cessa trop rapidement ses explorations, inconscient des richesses dissimulées par delà sa perception. Ce ne fut qu’une fois délogé de son foyer qu’il prit conscience tant de sa dépendance envers les installations technologiques que de sa méconnaissance de l’immense labyrinthe. Car au delà des principales voies de communication entre les bunkers couraient de nombreux autres chemins.

Le groupe s’éloigna donc du bunker initial. Il parcouru les tunnels sans fin, cédant chaque jour qui passait les âmes les plus affaiblies aux Tréfonds lugubres jusqu’à rejoindre une autre installation, plus maigre mais suffisamment équipée pour assurer aux rescapés de quoi subsister. D’abord établie temporairement, la cohorte boitante finit par occuper définitivement les lieux, davantage consciente de la valeur de son abri ainsi que des terrains qui le ceignaient maintenant qu’elle en avait déjà été dépossédée.
Longtemps, les survivants cherchèrent les membres de leur - jadis - immense communauté, en vain. Les bunkers résistants ne pouvaient communiquer entre eux tandis que les galeries, obstruées, ne permettaient plus d’accéder à la majorité du réseau. Malgré toutes les expéditions envoyées quadriller le labyrinthe, jamais l’unité initiale de la population ne fut retrouvée, et des 3 millions d’hommes dispersés sur l’ensemble des sous-sol, il n’en demeura plus qu’un petit 400 000 connectés de ce côté-ci des éboulements.


-8 Ere Skalde

Le temps est un baume qui apaise tous les maux. L’Homme finit par oublier, se reconstruire, changer. Il cessa de chercher son homologue dans les profondeurs de la terre et se tourna plutôt vers les hauteurs, la surface d’une planète que sa génération, comme celle de ses parents et de leurs parents avant eux, n’avait jamais foulé.
Des effondrements étaient sorties des créatures dangereuses, monstres véloces et féroces, dissimulés dans les ombres, mais mortels et impitoyables. Leur territoire s’étendait, d’années en années, les galeries perdaient en sécurité, les bunkers en confort. L’homme commença à se laisser troubler, rendu malade par une peur maligne et contagieuse, méfiant, agité et claustrophobe. Bientôt, la menace devint impossible à contenir.
Glaïdrim Yzod parvint à rassembler les hères hébétés et velléitaires pour les convaincre de fuir, de reconquérir un monde qui fut le leur, abandonné voilà des siècles pour une raison que le temps aussi avait effacé. Il poussa son peuple à forcer une porte scellée depuis la nuit des temps et à s’installer à la surface, sur un territoire qu’aucun n’appréhendait.

Le monde était plus époustouflant que tout ce qu’ils avaient imaginé. Gigantesque, respirable, malmené par les éléments mais incroyablement vivant. Vent, pluie, bêtes, flore, fleuves. Rien n’était figé, tout évoluait, magnifique, riche d’une promesse de paix qui pourtant, dissimulait bien plus de dangers que de merveilles.
Ils comprirent rapidement que la beauté de ce monde s’avérait être aussi dangereuse que mortelle. Prédateurs de chair et d’os, démons de câbles et d’acier, la végétation trop abondante cachait en son sein autant de proies alléchantes que de menaces tapies dans l’ombre.
Rebrousser chemin ne lui était pas envisageable. L’humanité persévéra. Elle monta un premier camp, et jour après jour elle apprit à survivre, en dépit des morts qui, les premières semaines, se comptèrent par centaines..



An 0 Ere Skalde.

L’Homme semblait avoir tout perdu de son passé. Pourtant il demeurait un gène obstiné qui subsistait, le rendant capable d’une adaptation folle.
L’humanité sortie de son tombeau avait survécu à la première année passée à la surface, comme aux sept autres qui lui succédèrent. Glaïdrim, alors passé chef de cette communauté, avait usé de ruse et de sagesse pour se fondre dans cet environnement hostile, et plutôt que de chercher à le dominer, il s’enquit de transmettre à son peuple le devoir d’harmonie et de respects mêlés, fasciné par la vie si variée qui coexistait au dessus de sa tête depuis si longtemps. Les constructions érigées n’étaient que temporaires, le peuple devenu nomade s’assurait de laisser la trace la plus infime de son passage à chaque installation. Son exode était rythmé par les saisons, martelé par le fracas des giboulées et la force des mistrals, il suivait la voie tracée par les bêtes qu’il considérait déjà tant.
Il se délaissa de nombre de ses atours, abandonnant le tissu trop fin à la chaleur d’un manteau de fourrure, pourtant jamais il n’oublia d’où il venait. Régulièrement, l’homme retournait sur ses pas, attiré par la voix des profondeurs, où il troquait de vieilles technologies contre quelques denrées qui l’aidèrent pendant longtemps à faire face aux dangers de la surface.

Un semblant d’équilibre avait été trouvé. On célébra ce constat durant une nuit entière, alors que des deux astres nocturnes qui s’élevaient ordinairement dans le ciel, un seul dardait sa lueur sur la neige immaculée.
Cette soirée là fut promesse d’avenir et d’espoir. La communauté malade et effondrée qui s’était extirpée des gravats avait cédé place à un peuple fier et solide : le peuple Skalde.

Une nouvelle ère s’entamait.



489 Ere Skalde.

Voilà plus de quatre siècle que l’homme a brisé la stèle qui marquait son tombeau et qu’il foule le territoire dominé d’êtres mécaniques. Il a changé, muté, d’aucuns diraient en partie régressé.
Il n’est plus vraiment un homme, pas vraiment une bête, pas toujours une machine. Comme bon nombre de choses, il a oublié qui il était. Les souvenirs d’une vie dans les tréfonds ont disparus, ne demeurent plus qu’un respect insensé pour ces galeries interdites et l’âme qui y gouverne en déité vénérée. De rares élus ont la chance de pénétrer l’antre, ils en sortent modifiés, fais de chair et de métal. Ceux là pour toujours sont respectés.
Jamais la vision de Glaïdrim ne fut dénaturée. Au contraire, chaque génération s’y conforta encore davantage que la précédente. Le Skalde évolue désormais dans un système archaïque, groupé en plusieurs clans nomades qui vivent au rythme des astres et des saisons. Il chasse et cueille, il respecte et vénère, célèbre et festoie, conscient mais adapté aux dangers qui rôdent.





Tahn Celhán

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