[HENTEN 352] Investissements dangereux | Dhol & Arkhane
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Démiurge
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DémiurgeAdmin

Lun 5 Aoû - 13:02


bière & tonnerre

Ach komm du Schöne bring den Wein zu mir,
Bring den Wein zu mir, ich verdurste hier
Ach komm du Schöne bring den Wein zu mir,
Denn mir ist nach Wein und Weib

Elle frotte. Sous les chants, sous la musique. Luth, flûte, accordéon. Les voix s'élèvent dans l'auberge, rythmées de percussions, de cordes, mélodieuse et entraînante la chanson réchauffe les coeurs, anime les corps. Devant les interprètes, une dizaine de quidam se laisse aller à effectuer quelques pas de danse. Les bottes tapent sur le plancher en bois, les robes frottent au sol, et les mains claquent. Un pied puis un autre, les filles tournent, les hommes disposent, yeux dans les yeux, ce sont des sourires sincères qui étirent les lippes des danseurs. Jeunes ou âgés, ils se meuvent d'une même force, et partagent la même joie. Paume contre paume, puis dos à dos, le menton pointé à gauche, puis le visage tourné à droite, ils sautent en choeur, et quelques uns qui connaissent les paroles n'hésitent pas à soutenir les troubadours de voix supplémentaires. Un peu plus loin, ce sont des clients qui observent, quelques dames qui n'osent pas se joindre à la fête, des hommes assis stratégiquement et qui ne souhaiteraient en rien troquer leur place à un autre, des vieillards qui n'ont plus la force de danser, ou ne serait-ce que la souplesse, et qui regrettent leur vingt ans. Ca applaudit, ça s'amuse, ça rit. Ivres d'un son qui se répercute dans toute l'enceinte de l'établissement plus qu'ivres d'une boisson qui ne coule pas moins à flot, ils rient, tous, et ils oublient que dehors, éclate un intolérable orage. À l'origine, il ne devait s'agir que d'une petite soirée. Un noble qui avait demandé un peu d'animation pour fêter ses quatre vingt huit ans et qui avait payé grassement pour qu'une troupe vienne égayer la salle. Quelques hères arrêtés le temps d'un repas, et puis retenu par la pluie qui tombait à verse. D'autres qui s'arrêtent alors même qu'ils sont sur le chemin du retour, justement pour s'abriter. Il y a de l'eau partout sur l'entrée, et des manteau qui gouttent sur la pierre, lentement. Sur les tables, les bougies sont déjà bien consommées, avalées par une flamme qui depuis des heures, sied à leur sommet. Parfois, ce sont des éclairs qui viennent illuminer la pension d'un flash succinct, étincelant de blanc.

Arkhane aurait bien stoppé son office pour s'installer à la fenêtre, ou se tenir dehors sous le perron. Prendre une pause, observer l'orage qui éclate là dans les hauteurs, les éclairs qui déchirent le ciel d'un noir d'ébène. Mais elle a trop de travail, ici les clients semblent infatigables, contrairement à elle qui sent ses bras trembler à force d'effort. Rares sont les journées aussi chargées, les soirées si longues. En cuisine, elle soupçonne son père et la petite employée à court de munition, du moins de quoi remplir les estomacs. À cette heure, ils sont souvent plus assoiffés qu'affamés de toute manière ..
Elle nettoie une table, récupère les gobelets vides, les assiettes sales. Fait des allers retours en cuisine, sert un groupe jeunes assis autour d'un jeu de cartes cornées. Repart, revient. Ses mèches de cheveux se sont échappées de son chignon, elle ne dirait pas non à un peu de répit, mais voilà qu'un autre la hèle. Un garçon vêtu d'or et de jade, d'un blond translucide au regard malin. En face de lui, un autre woran, au visage familier, qu'elle n'avait plus croisé depuis longtemps. Elle met de côté ses ressentiments et sur son visage s'étire une esquisse courtoise.

- Que voulez vous ?

 


Tahn Celhán


Dhol Vokonov
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Dhol VokonovVithang

Mar 6 Aoû - 13:47
Dhol était plongé dans une discussion décisive concernant une affaire à régler dans les prochains jours. Fort heureusement, la musique et les grivoiseries couvraient les mots.Il était en désaccord sur la manière de faire mais son interlocuteur n’en démordait pas. La tension montait d’un cran à mesure que le temps s’écoulait. Il resta songeur : la tenancière avait été claire, sur les méthodes et elle n’y dérogeait pas. Il se trouvait coincé. Son partenaire proposait une livraison de jour pour ne pas éveiller les soupçons, sachant que la surveillance s’était accrue ces derniers jours. Mais Dhol s’orientait plutôt vers un trajet de nuit. De même que ce qu’ils avaient à donner était à quelques kilomètres de là. Il soupire, embêté par la situation. Il fallut quelques secondes pour qu’il se décide. Evaluant toutes les options. Chaque livraison illicite était marquée d’un point de couleur qui d’un point de vue, extérieur ne signifiait strictement rien. Pourtant, ce point était la traçabilité même d’une livraison, facilement identifiable pour les contre-bandiers. Il décida que la transmission se fera en fin de journée, bien avant que le soleil se cache et que l’obscurité se montre. Ainsi, le dépôt s’effectuera à la fois en journée pour passer la vérification habituelle et arrivera de nuit, pour davantage de sécurité. Son partenaire acquiesça et Dhol eut un sourire mauvais mais satisfait. Alors pour fêter ce partenariat, il héla la serveur, la farouche Arkhane. Il se détendit lorsqu’elle approcha, offrant un regard hautain désaccordé au sourire doucereux. Il ne portait aucun grief contre elle mais on ressentait une imperceptible inimitié envers la haute sphère dont faisait partie Dhol.

- Que voulez vous ?

Dhol haussa les épaules comme pour s’excuser d’être né du bon côté, ce qu’on lui répétait, chaque fois qu’il remettait en cause son statut.

- Très chere, commença – t – il d’une voix douce, désaltère-nous du meilleur de ton breuvage. Je mets toute ma confiance en tes connaissances.

Son ton était légèrement moqueur. Il aimait déclencher des sentiments détestables à son encontre, c’était clairement et purement un jeu pour lui. A vrai dire, s’il n’avait une certaine immunité grâce au statut de son grand-père, il en ferait pas tant.

Sans attendre de réponse de la part de la demoiselle, il reporta son attention vers son voisin et entama une discussion plus légère et licite.  
Démiurge
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DémiurgeAdmin

Mer 7 Aoû - 13:39


mesquinerie

Il y a la musique, la joie et la liesse. Cette ambiance fraternelle, familiale, qui fait que tous chantent, dansent, le contact de la peau sur la peau, les sourires et regardes complices. Quelques uns, d’humeur généreuses du fait d’un alcoolisme certain, qui se lèvent et, d’une voix rauque et puissante, annoncent qu’ils paient leur tournée. Des frappes dans le dos, des caresses, un couple qui s’embrasse. Une mère qui tient contre son sein un enfant épuisé, endormi par l’heure tardive et en aucun cas dérangé par l’animation, un autre qui se déhanche au milieu de ses aînés. Tout ceci, derrière elle, et devant elle, deux nobles assis, l’oeil trop malin pour être ivres. Il y a les hommes qui deviennent gras du fait de l’alcool, des neurones qui ne communiquent plus, des synapses anesthésiées. Quelques hères que la boisson rend impolis, mauvais, provocants, narcissiques ou violents. Et d’autres qui le sont de nature, comme si c’était inscrit dans leurs gênes, alors qu’il ne s’agit rien de plus que d’un syndrome culturel. Une éducation foirée, et des modèles qui ne sont rien de plus que des caricatures. Égoïsme, racisme, méchanceté, comme s’il s’était agit de qualités qu’il fallait entretenir. Et puis on parle de pureté, de générosité, le Cyvir a des principes qui ne semblent s’appliquer qu’aux basses classes sociales, celles qui croient dur comme fer et qui appliquent comme elles peuvent, parfois davantage motivées par la peur d’une justice inégale que par véritable foi. Les worans n’ont peur de rien, ils ont l’argent pour financer leurs frasques, acheter le pardon, et l’influence pour faire plier tous ceux qui tenteraient de dire quoi que ce soit, ou seraient assez pieux pour refuser la moindre compensation monétaire. L’influence lui a toujours semblé être le pire, il s’agit d’une force qui, si elle ne te fait pas céder toi, fera céder un autre qui ensuite, pourra te retomber dessus. Un cercle vicieux qui leur a déjà valu une pierre tombale. Et de ces deux jeunes friqués, c’est ce qu’elle craint. Elle les craint, et puis elle les hait. Mielleux, moqueurs, mauvais. Chaque parole n’est qu’une raison de plus de les mépriser, chaque geste, chaque tic. Cette gestuelle, ce regard. Hautain, méchant, tout à la fois noble et mesquin. Fils de riches, fils de bourges, fils de connards. Et cette manière d’agir comme s’ils étaient les maîtres, propriétaires, barons.

Arkhane serre les dents, on voit sa mâchoire qui se contracte. Elle perçoit les moqueries dans les propos du brun, et ça l’écoeure. Ce qui jadis n’était qu’une désagréable inamitié s’est, au fil du temps et des évènements, mué en une aversion viscérale. Mais ici, comme partout ailleurs, elle ne peut se permettre de l’exprimer. Alors une seconde fois, elle sourit, de ce sourire courtois mais raide, et sa voix se fait doucereuse, un tantinet mauvaise.

- Je me ferai une joie de vous l’apporter, Sir.

Une marque de politesse qui n’est d’ordinaire pas accordée, pas dans cette situation, et pas à tel personnage. D’aucuns pourraient penser à une erreur, les plus miséreux se confondent en marque de respect face à l’or et l’argent. Mais la rousse est suffisamment éduquée pour savoir faire la distinction, et s’il y a une chose qu’elle sait, c’est que les worans qui n’ont pas la position pour de tels égards peuvent, dans certaines situations, très peu apprécier la méprise. Une façon de leur rappeler qu’il demeure une hiérarchie, même dans leur caste, leur échec potentiellement. Une provocation qui, parfois, ne provoque pas les réactions escomptées et qui a déjà pu se retourner contre elle. Mais la serveuse a toujours été joueuse.

Elle les débarrasse de leurs verres sans attendre leur réaction, puis va en cuisine pour trouver une boisson qui puisse convenir à leurs attentes. Elle hésite entre plusieurs bouteilles, des crus entamés qui prennent la poussière depuis quelque temps et qu’on n’utilise plus que pour les sauces, de la piquette, ou cracher dans leur vin ? Auraient-ils le palais pour faire la distinction de toute manière ? Son père tranche avant qu’elle ne choisisse. Peut-être qu’il la surveillait, et puis il la connaît trop bien. Il lui tend deux gobelets déjà remplis, et sa remontrance à plutôt l’air d’un conseil.

- Fais pas l’idiote Arkhane. Sers-les, encaisses, ça sert à rien de se les mettre à dos.

Alors elle lève les yeux au ciel, réprimes un soupire agacé, et s’exécute. Ici, c’est toujours lui qui a le dernier mot. Alors elle retourne vers leur table, après tout, il y a d’autres moyen de s’amuser.
La jeune Esoèd dispose les verres, et cette fois-ci, elle semble trop aimable pour être sincère, d'autant plus après son comportement passé. Là est tout l’intérêt.  

- J’espère que mon choix saura vous convenir.

 


Tahn Celhán


Dhol Vokonov
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Dhol VokonovVithang

Mer 7 Aoû - 14:27
Lorsque la serveuse repartit, son interlocuteur ne put s’empêcher d’émettre des commentaires graveleux à son encontre. Dhol n’appréciait guère ce genre de propos. Il fit claquer sa langue, signe de sa désapprobation. L’autre homme sous-entendait, que Dhol avait apposé une quelconque réserve à l’égard de cette dernière. Le châtain aurait très bien pu rétorquer mais il ne fit rien, un simple sourire mauvais en guise de réponse. Cela l’arrangeait qu'on puisse l’accoler à d’autres femmes, sans qu’il n’ait l’obligation de le faire en public. Non qu’il n’aimait pas la gente féminine, disons qu’il ne ressentait rien de significatif à leur charme. Il avait déjà eu des ébats charnels avec quelques-unes mais aucune n’avait accroché son cœur. Cela ne voulait pas dire qu’il acceptait qu’on puisse se permettre de tels verbes à leur encontre. Son partenaire en rigola de se faire sermonner, constatant le personnage trouble qu’était Dhol, prenait parti pour le sort des femmes, du point en apparence. Ce fut le sujet, enfin, la personne en question qui coupa court à tout débat, apportant les breuvages sélectionnés par elle-même.

- J’espère que mon choix saura vous convenir.

Tout en plantant son regard dans celui de la rousse, Dhol hocha la tête en guise de remerciement. Sans déverrouiller son regard, il porta la chope à ses lèvres. La liqueur pris place dans sa bouche, chatouillant ses papilles puis finit sa course dans ses terminaisons nerveuses. Une douceur puissante et florale. Désaltérante. Il hocha à nouveau la tête pour valider ce délicieux mets. En réalité, il ne savait pas ce que c’était mais il appréciait grandement le goût et l'effet provoqué.

Il reposa son verre d’une lenteur exagérée et sonda la femme. Elle pouvait feinter quiconque mais certainement pas lui. Pour avoir passé une bonne partie de son temps à lire les grimoires comme il appelait sur le fonctionnement de l’Etre humain, il ressentait à quel point, elle se retenait de lui jeter son verre à la figure. Encore une fois, elle aurait été perdante, exploser au milieu des privilégiés, mauvaise stratégie. Engaillardis, le jeune homme, voulait pousser la maitrise d’elle-même, jusqu’à son paroxysme.

- N’est-ce point trop dur ?

Il n’avait rien dis de plus, pour ne pas la mettre en mauvaise posture. La mettre en captivité n 'était pas son but. A vrai dire, il était fasciné comme un observateur prenant des notes sur un animal étouffant sa rage. A croire qu’il se délectait de son humeur dissocié à son langage non – verbal.

- Il y a doit y avoir des soirs plus durs que d’autres, je pense.

Il n’y avait aucune compassion dans ce constat, d’un point de vue interne. Mais d’extérieur, on aurait pu croire que l’insociable Dhol et hautain comme pas permis, s’inquiéter de l’état de la jeune servante. Mais il n’en ai strictement rien, il voulait comprendre le mécanisme de ce faux-semblant qu’elle travaillait depuis tant d’années.
Démiurge
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Jeu 8 Aoû - 19:16


Sir

Aucune réaction. Pas le moindre doute. Rien, niet, nada. Le brun saisit la chope, déguste la boisson, savoure sans trahir la moindre hésitation, pas même une toute petite remise en question. Son acolyte semble moins sûr de lui, peut-être parce qu’il a perçu le jeu de la serveuse. Son sourire trop doux pour être sincère, ses yeux, deux pépites émeraudes qui sont restées une seconde de trop braquées sur Dhol, comme attentives à la moindre réaction, rien que d’être restée là, immobile, comme une enfant qui surveille le résultat d’une farce mûrement réfléchie. Ca a tout  d’une farce. Et c’est ce que le blond croit. Persuadé qu’elle a commis un impair, sans parvenir à mettre le doigt dessus. Il regarde son partenaire, le gobelet qu’il a encore dans la main, puis celui qui est disposé devant lui. Méfiant, comme s’il craignait que ça lui explose au nez. Pourtant, il doit manipuler bien plus dangereux comme matériel non ? Arkhane les a déjà entendu discuter. À travailler dans une auberge, tous les jours depuis toute petite, on apprend l’écoute sélective. Surveiller ce qu’il se dit, ou tendre l’oreille pour entendre ce que sa mère lui demande de l’autre côté de la pièce, ça entraîne. Alors bien sûr, la rousse a déjà perçu l’objet de leurs différentes discussions, bien qu’elle n’ai jamais pu connaître l’ensemble de tous les tenants et aboutissants de leurs transactions. Elle sait que ça a attrait à l’illicite. Que les acteurs dissimulées dans l’ombre de toute cette manigance sont discrets, parfois sans scrupules, enfin c’est ce qu’elle a entendu. Que parfois, ils se rencontrent au dehors de la ville, au milieu des moutons, ou dans les champs de pavot, au détour d’une couche ou derrière une boutique. Le marché noir est un immense réseau, il ne faut pas l’organiser pour en avoir conscience. Quant à déterminer si ces deux là y sont affiliés ou s’ils font bande à part ça … Enfin après tout, ça ne change rien. Ca reste illégal, ils restent une menace.

Elle détourne ses yeux du blond. Grand, carré, comme s’il avait dépossédé son partenaire de tous ses muscles, barbu. Il fait plus vieux que son âge ainsi. Une façon d’impressionner les filles, ou de potentiels acheteurs ? Puis Dhol parle. Ses premières paroles rencontrent son propre silence. Sa question est ambigüe, à y réfléchir, Arkhane voit bien une dizaine de manières d'interpréter ces propos. Un défaut d’ailleurs dont elle n’arrive à se débarasser, qui la pousse toujours à considérer toutes ses options, chercher tous les sous entendus, tous les dénouements. La chute, moqueuse ou méprisante, elle s’y attend. L’humiliation elle y est habituée depuis bien longtemps. Et puis il poursuit, alors elle hausse un sourcil. Le rictus qui étirait ses lippes a disparu.

- Vous répondez à votre propre question. Pourquoi s’ennuyer à demander ?

Arkhane est joueuse. Depuis toute petite, elle est la gamine qui feint bienveillance et serviabilité en public mais qui, en douce, n’hésite pas à user de stratégies pour effectuer quelques crasses bien pensées. Manquer de respect à plus riche que sois est dangereux, mais flirter avec le vide a toujours été d’un attrait ineffable. Et elle soupçonne anguille sous roche, alors elle veut voir jusqu’où il compte aller.

- Seriez vous concerné par le bien être des classes inférieures Sir ?


Tahn Celhán


Dhol Vokonov
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Dhol VokonovVithang

Jeu 8 Aoû - 21:09

JOUTE


- Vous répondez à votre propre question. Pourquoi s’ennuyer à demander ?

Dhol étira son sourire davantage. Il aimait ce constat. Elle jouait dans des eaux troubles mais avait largement les compétences pour y nager. C’était galvanisant. On sentait que la pratique se faisait depuis déjà quelque temps. Une professionnelle. S’il le pouvait, il l’aurait applaudi mais il aurait été dans l’obligation d’expliquer son geste aux incultes. Animale, une lueur animale qu’il pouvait percevoir dans ce regard. Celui d’une jeune femme parfaisant son jeu d’actrice mais aimait dévoiler quelques atouts. Intrigante ! C’est le mot, qu’on pouvait lui affublait. Comment Dhol ne s’était pas davantage attardé sur son comportement alors qu’il était client régulier ? A ce que cela ne tienne, il ne perdrait plus de temps.

- Rhétorique, très chere. Mais je ne me soustrais rarement aux choses ennuyeuses. Cela vous ennuie-t-il ?


Un véritable jeu, deux adversaires, et une balle imaginaire. Balle au centre ? Mais on pouvait ressentir que la rousse avait le goût du risque, si on peut dire. Elle poursuivait dans ce sens :

- Seriez vous concerné par le bien être des classes inférieures Sir ?


Dhol s’exclaffa, d’un rire forcé et tonitruant. Autant dans la bouche des passants, le Sir est réellement pensée – du moins, ce qu’il croit -  autant dans cette bouche-là, c’était aussi faux que son rire. Dhol en était presque décu.  Pourquoi donc s’attarder sur les mondanités dans un tel endroit ? Peu de monde ne se serait offusquer. Dhol avait presque envie d'agir ainsi mais cela n’aurait aucun intérêt si ce n’est attirer sur sa personne. Au vue de son partenaire qui l’accompagnait, ce n’était point préférable.

Etait-il concerné par l’Humanité ? Certainement pas. Dira-t-il la vérité ? Aucunement !

Il porta à nouveau le gobelet à ses lèvres pour les humecter. Ce côté sucré de ce breuvage avait vraiment un petit gout de « reviens-y ». Après avoir humer l’odeur, il avala une gorgée, il comptait bien s’attarder sur cet unique verre ainsi que sur la demoiselle. Après quelques secondes de réflexion, il répondit :

- J’ai la chance d’avoir été élevé dans la Foi. Peut importe le statut, le sexe et l’expérience, je me sens concerné. Je suis riche des autres et un assoiffé d’apprendre. Nous formons une communauté après tout. Si nous ne veillons pas sur nous-même, qui le fera?

Il haussa un sourcil, plutôt fier de sa réponse. Ce n’était pas totalement vrai : il execrait sa propre classe à vrai dire, bien trop de faux-semblant et de trahison. Mais pas totalement faux : ce genre de personnes, toutes classes confondues lui permettait d’enrichir son savoir sur l’Etre Humain.

Durant leur joute verbal, son partenaire s’était éclipsé. Où ? On ne le saura guère. Mais cela n’embêtait pas Dhol qui, se sentait encore plus libre de sa langue et de ses gestes. Il se détendit davantage sur sa chaise. Une jambe dépliée sous la table et un coude dessus tenant sa ganache, épiant les moindres gestes de la serveuse.

Tahn Celhán

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DémiurgeAdmin

Sam 10 Aoû - 16:22


Humain

Sa répartie, son rire, sa gestuelle, tout lui paraît exécrable. Assis, il se montre détendu, mais hautain. En dépit de leurs position, alors que elle-même, debout, le domine physiquement, il semble agir comme s’il était maître de la situation. Une jambe pliée, le bras négligemment posé sur la table et son verre qu’il garde en main pour, de temps en temps, siroter son vin comme l’on profiterai d’une boisson devant une bonne pièce, devant un spectacle. Il ressemble à ces nobles venus au cirque, “ces” car ils sont bien peu à se mêler à la plèbe pour pareil loisir, ceux qui dominent du haut de l’estrade, ou qui lorgnent depuis le devant de la scène. Qui la regardent, qui la reluquent, comme autorisés à tout du fait de l’achat d’un tiquet, elle, puis tous les autres saltimbanques, comme s’ils n’étaient que des bêtes de foire. Elle a la sensation de n’être qu’un divertissement, un animal que l’on se plairait à taquiner. Mais cette sensation lui est familière, depuis des années la serveuse troque son tablier contre un costume, chaque soir elle devient actrice d’une pièce imaginaire, où sur le sol, elle cabriole, où dans les airs, elle tournicote et s’envole. D’aucuns sont venus à l’auberge justement pour la revoir, quelques rares quidams en qui il semblerait qu’elle ai tapé dans l’oeil. Que Dhol sache, ou ne sache pas, à quoi elle puisse occuper certaines de ses soirées l’importe peu, mais il serait fort malheureux de la sous estimer, car il lui en faudrait davantage pour la déstabiliser. Plus qu’une légèreté apparente, plus que quelques commentaires bien placés. Mais au moins doit-elle lui accorder ceci. Le nobliaux sait parler. Sur combien est-elle tombée qui ne surent répondre que par la vulgarité, la menace ou la violence, à défaut d’une répartie plus intelligente ? Et puis quittes à ne représenter rien de plus qu’une distraction passagère, autant que elle aussi, puisse s’amuser.

Sa répartie toutefois est bien loin de ce qu’elle aurait pu imaginer. Un intérêt sincère et l’envie de comprendre, d’apprendre ? Etudier l’Homme et chacun de ses aspects pour assouvir une authentique curiosité ? Et elle même serait alors l’objet examiné ? Trop simple, et trop .. familier. Il lui faisait un peu penser à Ascalon en se confiant ainsi, lui qui jadis, se montrait curieux de tout, passionné, humain. Mais de lui rappeler cet être cher disparu n’est pas partir avec un bon point, loin de là. Et sous ce masque, elle ne décèle que de l’hypocrisie.
Arkhane hésite à se montrer plus mauvaise, cinglante, elle cède à une innocence feinte après un haussement de sourcil tout à fait exagéré.

- Il aura donc fallu vingt ans pour que vous cèdiez à pareille conclusion ? L’idée que nous ne fassions qu’un tout, et qu’il vous serait impossible de vivre en haut de la pyramide si nous n’en édifions pas le pied, ou si nous n’étions plus là, vous venez seulement de l’assimiler ?

Oui, “ veiller “ sur les plus pauvres est un choix pertinent. L’esclavagisme n’est pas toléré dans la cité du taureau, et les worans n’iront plus très loins s’ils se contentent de piétiner ceux qui travaillent pour eux plutôt que d’essayer de les préserver. Mais après tout … C’est bien ce que la foi lui enseigne non ? Parler et manipuler, pour calmer et apaiser ? C’est la religion qui dirige cette ville, bien plus que le baron, et qui se charge d’éviter le moindre soulèvement, une quelconque rébellion face à ce système injuste. Dhol, c’est l’enfant du Cyvir, et de s’en souvenir, c’est comme de se prendre une douche. Elle aurait bien rit, face au ridicule de cette situation, mais derrière elle, il y a son père qui l’appelle. Arkhane s’attarde trop et d’autres clients commencent à manquer de boisson.

- Il serait peut-être judicieux que vous en fassiez part au reste de votre caste. Elle ne semble pas savoir faire preuve d’autant d’esprit.


Son innocence a disparu. L’héritière Lohengrim se montre plus acerbe, et sa recommandation n’attend aucune réponse. Elle tourne le dos au contrebandier et va se charger d’une table voisine qu’elle a déjà entendu la héler à plusieurs reprises le temps de cet interlude.




Tahn Celhán


Dhol Vokonov
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Dhol VokonovVithang

Mar 13 Aoû - 12:03

..Comme un pou


- Il aura donc fallu vingt ans pour que vous cèdiez à pareille conclusion ? L’idée que nous ne fassions qu’un tout, et qu’il vous serait impossible de vivre en haut de la pyramide si nous n’en édifions pas le pied, ou si nous n’étions plus là, vous venez seulement de l’assimiler ?

Dhol ne put s’empêcher de rouler des yeux. Qui était-elle pour parler ainsi ? Qui plus est à lui..

- Vous détenez cette conclusion dès votre berceuse, je suppose ?

Sarcasme et venin, ses armes. Il devait l’avouer, elle l’avait quelque peu vexé. Un regard mauvais en biais. Une gorgé, le temps de replacer son masque. Clairement, elle venait de lui ternir la soirée.. A croire qu’elle savait tout… La voir pialler de la sorte, lui avait fait perdre l’envie de pousser la curiosité à son paroxysme.

Méprisable, sa catégorie. Avec tous les autres, à vrai dire. Il méprisait ceux qui parlaient d’ancien temps, de postulats sans jamais vraiment assimiler le passé. Alors qu’une simple manant telle qu’elle, osant sous-entendre qu’il était ignare. Lui, qui passait la majorité de son loisir à assouvir sa soif de découverte.

Purement et simplement insultant.

Un jour, il partira en exploration.. C’est ce qu’il devait faire avec Lui. Traitre.

- Il serait peut-être judicieux que vous en fassiez part au reste de votre caste. Elle ne semble pas savoir faire preuve d’autant d’esprit.

Heureusement qu'il avait fini de boire, car il aurait recraché le breuvage, sur elle, sinon le plaisir n'aurait pas été au rendez-vous. Impertinente. Il ne pouvait lui porter grief, Dhol était chez elle, après tout.

- Il serait peut-être judicieux que vous en fassiez part à vous-même en ce cas. Vous jouez de l’esprit mais c’en est bien les limites que vous démontrer : se contenter d’y jouer. Mais je plaide coupable, j’aimerais davantage débattre de la pyramide dont vous avez joyeusement dessiné.

Oui, il était agacé et étonnement, il ne s’en cachait pas en sa présence. Tentative d’entourloupe ? Il esquissa un sourire en coin et se rassis, l’air de rien. Il fit un tour d’horizon. Il n’avait pas réalisé que l’échoppe s’était considérablement vidé. Mais les plus téméraires restaient encore debout. Il bougonnait de n’avoir pu répondre à la servante mais il suivit chacun de ses gestes et chaque fois que son regard croisait le sien, il la foudroyait. A vrai dire, son visage était scindé en deux, ses yeux tuaient intérieurement tandis que ses lèvres s’étiraient. Devant les autres, il n’avait pas ce luxe de laisser ses émotions le guider. Il avait ordre de se montrer lisse et implacable. Pourtant, elle, elle avait réussi à le toucher. L’accuser face à sa passion, ses penchants sur les lectures jamais lues voire interdites durant sa dernière découverte. Toutefois, il ne voulait pas s’arrêter à cette première impression. Une véritable funambule, se déplaçant sur le fil de sa Vie avec brio et touche de jugeote supérieure à la normale, il fallait bien l'avouer.

Il alla au comptoir, paya sa boisson et quitta sans plus de cérémonie l'auberge. Allait-elle comprendre où est ce qu'il lui donnait rendez-vous? Si c'était le cas, peut-être qu'il partagerait ses ouvrages avec elle? Sinon, il aura le plaisir non feint, d'avoir démasqué une simulatrice. Toutefois, il avait laissé un indice, un bout de papier plié moult fois, dont il avait inscrit les coordonnées du lieu.
Tahn Celhán

Arkhane Lohengrim
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Mer 14 Aoû - 12:02


Faille

Ah. Le voilà enfin. Ce visage, cette colère. Elle a sentit, le temps d’un instant, ce changement d’air, ce changement de faciès. Un regard qui se durcit, et sa mâchoire qui, brièvement, s’est contractée. Aurait-elle frappé là où ça fait mal ? Mais qu’était ce ? Son égo ? Sa fierté ? Ou bien quelque chose de plus profond ? Après tout, sheig ou woran, tous sont davantage que ce qu’une apparence peut laisser paraître. Plus que l’or, l’argent, plus d’une étoffe ou qu’un maquillage. Il y a surtout une carapace, parfois deux, de solides armures pour protéger un coeur fragile, une âme d’enfant. Chez n’importe qui. Derrière le visage presque effrayant du représentant du Cyvir - le grand-père, pas le petit-fils -, sous les cicatrices du visage défiguré de la Hân ou dissimulé derrière le sourire de ce vendeur d'ustensiles, installé un peu plus haut dans la rue. Riche ou pauvre, il y a le masque, et puis une faille. Large, comme une entaille infligée à l’épée, ou aussi minuscule qu’un trou d’épingle, parfois elle est presque inexistante, et si elle est absente,  il est même possible de la prodiguer, toujours alors il est possible  de s’immiscer, et là alors, de blesser.

Arkhane n’a pas un mauvais fond. Elle aime sa famille, ses amis, elle aime aider et secourir, toujours emplie de bonne volonté elle n’hésite pas à se surcharger de tâches si cela peut libérer, ne serait-ce que quelque peu, autrui de soucis supplémentaires. Mais elle alimente pour ceux et celles de la classe supérieure une haine viscérale, une haine qui la rend mesquine, mauvaise parfois. Un comportement qui ne serait pas très approuvé par les Trois, mais après tout, sont-ils là pour la juger ?
Sa mère lui aurait tiré les oreilles si elle savait. Dyone avait en horreur la méchanceté, qu’elle fût gratuite ou par vengeance. Et pourtant, elle en avait subi des crasses, mais elle refusait de s’abaisser à les rendre. Parfois, d’ignorer, de ne pas réagir, c’est bien ce qui fait le plus de dégâts. Durant vingt ans, elle s’était acharnée à enseigner à ses deux enfants des leçons de vie et de morale qui à jamais perdureront dans leurs esprits. Mais sa mort en avait, vraisemblablement, rendu quelques unes caduques, et semblait désormais justifier les bassesses auxquelles cédait l’aînée.

La rouquine aurait pu tirer une certaine fierté à l’avoir vexé. C’est, après tout, un point marqué. Mais Dhol a du répondant, et il sait se montrer acerbe, lui aussi. Un avantage peut-être, Arkhane n’est pas très susceptible, du moins pas à ce propos, elle meurt malgré tout d’envie de lui rétorquer quelques propos bien sentis. Mais la jeune serveuse est occupée, et lorsqu’elle pourrait avoir l’occasion de retourner à ses côtés, pour le débarrasser bien sûr, celui-ci à disparu. Visiblement seul, car son collègue, coéquipier, partenaire, enfin appelez ça comme vous l’entendez, est toujours dans la pièce, à séduire lourdement la petite qui est au service de son père. Une gamine qui ne doit pas avoir plus de quatorze ans, mais qui a le malheur d’en faire dix-sept. Une gamine encore pleine de rêves et qui, elle le soupçonne, pourrait bien se laisser berner par le premier beau parleur venu. Alors Arkhane intervient.

- Solè. Retournes aider mon père.

Et puisque la dénommé Solè opine puis se retire, elle se tourne vers le blond, plus autoritaire, presque venimeuse, pour le dispenser d’un conseil qui tient davantage la place d’un ordre.

- Change de cible.

L’acrobate s’en va. Il y a du travail, encore, elle va nettoyer le bar, se saisir des derniers verres pour les apporter en cuisine où l’adolescente a remplacé son paternel fatigué. Sous l’un deux il y a le papier. Petit, plié, un produit de riche car le papier n’est pas une fourniture accessible à tous, et que n’importe qui se permettrait de gâcher ainsi. Des coordonnés, un mot qui suscite son attention, un mot qui lui permet de deviner l’identité de l’auteur.
Elle a un instant d’hésitation. À quel point a-t-elle froissé cet homme ? À l’auberge, Arkhane à l’avantage de la position, elle est chez elle, en public, et bien que rares soient ceux qui osent défier les plus opulents, au moins sait-elle que quelques uns verraient la scène si jamais celle-ci tournait à son désavantage. Que certains même pourraient intervenir. Dehors, sous la pluie, et à minuit passé, il en ira tout autrement.
Elle fourre la note dans sa poche, d’abord décidé à ne céder à rien. Mais difficile de s’enlever une idée de l’esprit quand une voix ne cesse de la lui rappeler. Après tout, une part d’elle, plutôt sauvage, a toujours soif d’un peu d’aventure, d’un danger insoupçonné, et puis sa curiosité a été piquée. L’enfant des Vokonov souhaite une nouvelle confrontation ? A-t-il peur de se ridiculiser en public qu’il lui a donné rendez vous dehors ? Intéressant.

Une demi-heure plus tard, une fois l’auberge vide de clients insomniaques, la voilà dehors. Elle a enfilé un manteau et une large capuche protège sa tête de la pluie qui s’est fait plus fine.
Le point de rendez vous n’est pas très loin. Au moins pourrait-elle filer rapidement en cas de pépin. Et il est là, à attendre sous un porche. Qu’aurait-il fait si elle n’était pas venue ?

La rouquine esquisse un sourire. Ca ne doit pas se voir. Le candélabre, dans cette région de la ville, éclaire peu, il n’y a pas d’électricité, mais uniquement une bougie qu’un homme vient brûler, chaque soir. Mais ça doit s’entendre à ses propos, cette petite humeur moqueuse, un peu hautaine.

- Je vous manque déjà ?



Tahn Celhán


Dhol Vokonov
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Dhol VokonovVithang

Ven 16 Aoû - 21:01


HAVRE  


Dhol avait sous - estimé l’attente .. a mesure que les minutes s'égrènent, il était en proie aux doutes. Il avait un gout de déjà-vu son unique ami.

Dans la bibliothèque officielle, il avait remarqué un jeune homme qui choisissait les mêmes ouvrages que lui. Durant quelques jours, il l’observa, aussi bien dans le lieu sacré qu’à travers la ville. C’est ainsi qu’il avait découvert la relation avec l’aubergiste. Cette dernière ne semblait pas prendre part à la soif de découverte de son ami. Ce fut le lendemain qu’il déclina son identité. Ascalon, était réticent dans les début et ce sentiment s’était amenuisé face à leur passion partagée. Ils passaient des nuits à déchiffrer des livres avec langage inconnu, frôlant les interdits durant leur exploration. Durant ces moments, ils ne faisaient qu’un.. Mais Dhol était redevenu maussade quand son partenaire nocturne eut disparu sans aucune explication. Il était passé par l’inquiétude, la tristesse puis l'amertume et la rancune..

- Je vous manque déjà ?

La voix d’Arkhane le sortit de sa torpeur, lui qui était transi par le froid. Il pouffa de rire.

- Le manque n’est pas à la portée de tous, vous êtes même très loin de personnifier cet état. Désolé de vous décevoir. Hâtons nous, les lieux ne sont pas sûrs.

Dhol savait qu’il y avait une livraison en cours et n’avait pas guère envie de s’expliquer si les hommes venaient à le reconnaitre. Il pris la source de lumière à proximité de lui, il tira sur le porte-flambeau qui fit coulisser une porte qui trembla légèrement. Il invita la rousse à entrer.

- Non, je n’ai pas pour but de vous séquestrer.


Il anticipa les questions. Et tenta de se faire rassurant. Ce qu’il pouvait comprendre à une heure aussi tardive, on va juste retrouver son lit et non arpenter des lieux souterrains. A ce que cela ne tienne, elle n’était pas forcée d’accepter son invitation. Il jeta un dernier regard derrière lui et la porte se referma. Une pris une seconde torche et lui tendis. Il repassa devant ,connaissant ce chemin par cœur.

Il fallut une dizaine de minute, déambulant dans les dédales des souterrains pour arriver à bout de ce labyrinthe. Il tâtonna le mur face à eux et une seconde porte s’ouvrit devant un autre spectacle qui fascinait le jeune balafré – pour le moment dans le noir. Il s’avança prudemment pour allumer un feu dans une cheminée. Puis, une à une, alluma les bougies. Cela donnait une ambiance tamisée. D’extérieur, cela pouvait être déstabilisant mais pour lui, c’était un véritable havre de paix.

Ascalon et lui-même avaient découvert ces lieux grâce à un langage codé dans un des grimoires. C’était une vaste pièce où fourmillaient des livres, des cartes, des outils en tout genre. Le nid d’explorateurs. Cela sentait le renfermé par endroit et certains courants d’air arrivaient à s’infiltrer. Il y avait tout ce qu’il fallait pour s’y terrer pendant des jours. Ce n’était pas luxueux mais cela valait ce que c’était. Un aménagement réalisé au fil de l’eau. . Un lieu imposant par son architecture et les autres pièces. Cet endroit intimait le respect. A présent, c’était nettement plus viable, plus de clarté par endroit, plus de commodités.

- Faites comme chez vous.


Dhol la regardait avec attention, décryptant la moindre de ses réactions. Allait-elle ressentir la meme chose que lui ? Il l’observait, tapi dans la pénombre.

Tahn Celhán

Arkhane Lohengrim
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Dim 18 Aoû - 12:32


Faille
Il y a toujours eu plusieurs manière de dire les choses. Certaines sont énoncées avec un tact certain, de sorte à ne pas froisser, d'autres abruptement, sans pincettes ni précautions. Il y a méprise parfois, car les simples d'esprit, avec ou sans civilité, comprennent bien souvent les choses de travers, n'assimilent que les propos, le sens d'une phrase plutôt que le sens d'une parole. Les intentions dissimulées, intrinsèques et véritables justificatifs de mots avoués leur échappent, ne demeurent que ce qui semble blessant, gratuit, comme une sincère volonté de faire le mal. Son propre frère a quelques soucis avec les critiques et peine à prendre le recul nécessaire pour comprendre que l'instigateur de telles palabres ne veut que son bien.
Enfin, en ultime catégorie, il y a ceux qui manient les mots pour véhiculer des intentions, qui dissimulent des critiques ouvertes sous de jolies et longues tournures, qui disent le fond de leur pensée sans nécessairement vouloir nuire, mais par franchise, tout en s'assurant néanmoins que leur manière de voir les choses ne soit perçue que par ceux qui décideraient de s'y attarder. Ascalon faisait partie de ceux-là, il avouait ouvertement sentiments et ressentiments, et les explicitait de manière si alambiquée qu'il perdait souvent ses interlocuteurs. Plus d'une fois, Arkhane avait dut retenir un rire parce que face à lui, un noble pourtant bien érudit ne comprenait pas que devant lui, les deux jeunes gens se foutaient ouvertement - et le plus sérieusement du monde - de sa gueule.

Elle n'a jamais eu ce talent. La rousse à l'esprit pour comprendre ce qui se joue autour d'elle, un avantage que bien des Haarvarns ne disposent pas, mais elle n'a pas cette maîtrise des mots dont faisait preuve son aimé. Lui qui savait tout autant sublimer les insultes que communiquer de brûlantes passions. De constater que Dhol possède cette même qualité la fige, imperceptiblement. Elle ne ressent aucune jalousie, mais ça réveille un manque qu'elle croyait avoir enfouit profondément.

Ce manque ne va ensuite qu'en empirant. De parcourir, en pleine nuit et en compagnie d'un inavoué criminel, de sombres tunnels ne l’effraie absolument pas. Elle avance sans se soucier des toiles d'araignée qui parfois, viennent se déchirer sur son visage ou sur sa main, sans se soucier du rat qui a filé entre ses jambes, est passé sous sa robe. Elle est intriguée bien plus qu'elle n'est terrifiée. Mais la surprise qui l'attend la laisse sur le cul, et la curiosité laisse, lentement, le pas sur une sorte d'appréhension incontrôlable, comme si elle savait que ce qui allait apparaître ne serait rien de plus qu'un fantôme qu'elle ne veut rencontrer.

Lorsque le nobliau ouvre la porte, elle ne voit que d'opaques ténèbres, mais elle sent. Il y a l'odeur par trop familière du papier, des livres abîmés, de la cire de bougie, si fortes qu'on diraient qu'elles dominent toute de la pièce, souveraines de l'endroit. C'est déjà là qu'elle se raidit. Arkhane connait ces parfums pour s'en être imprégnée, des heures durant, dans l'étude d'Ascalon, où elle le regardait travailler, où ils se réfugiaient parfois tous deux, où elle s'endormait. Ces effluves, ce sont un peu les siennes, et elle n'avait pu les percevoir depuis son départ.
Dhol n'a pas besoin d'allumer pour qu'elle devine où elle se trouve, du moins ce qu'elle va trouver. Une part d'elle lui crie de faire demi tour, de prendre cette porte et de filer jusqu'au dehors sans se retourner, d'inspirer profondément les relents d’égout et de pisse de chat pour refouler celles-ci, pour oublier celles-ci. Mais elle reste immobile, et les flammes qui bientôt, dansent dans l'âtre, font tanguer les ombres. Il y a les ouvrages éparpillés sur le sol, sur les tables, dans les étagères, plus qu'elle n'en a jamais vu. Le bois fêlé d'une table antique, la poussière sur les coussins et les tapisseries déchirées qui s'agrippent encore aux murs avec leurs doigts effilés. Des reliques de temps immémoriaux dans les coins, des trésors que plus d'un woran voudraient s'approprier, des milliards de richesses qui L'aurait fasciné.
Elle observe pendant de trop longues secondes, sans dire le moindre mot, sans faire le moindre geste. Elle a une boule dans la gorge, une autre qui lui compresse la poitrine, et sa fierté qui lui fait serrer les dents, qui lui fait faire un pas. L'esoèd fait la curieuse, elle parcourt la pièce lentement, profite d'une autorisation injustifiée pour découvrir ce que recèlent les plans, ce qui se cache derrière des dictionnaires. Mais elle n'a rien à faire là, elle ne veut même pas être là. Ses gestes et sa curiosité feinte ne sont que des moyens de la faire encaisser avant de parler.

Lorsque la première vague de manque est passée, elle tourne le visage vers l'homme resté en retrait. Elle a toujours sa capuche, elle était trop raide pour ne serait-ce que s'en sentir gênée. Elle garde une vois nette, imperturbable, mais peut-être plus froide que plus tôt.

- Pourquoi m'avez vous fait venir ici ?



Tahn Celhán


Dhol Vokonov
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Dhol VokonovVithang

Jeu 29 Aoû - 21:23

VERITE


- Pourquoi m'avez vous fait venir ici ?

Dhol ne s’attendait pas à cette question. Enfin si, mais sur ce ton là. Il resta perplexe face à l’attitude de la rousse. Elle semblait destabilisée, fébrile.. Il ne s’attendait pas à une telle réaction. Etait-elle déjà venue ici ? Il croisa ses bras contre sa poitrine. Ne sachant comment réagir. Le silence les couvrait, il était aussi lourd que l’air, de par la saison qu’il subissait. Il la laissa découvrir les lieux mais l’étincelle de fascination n’était clairement pas présente comme il l’espérait.

Sa question le heurtait de plein fouet. Il n’arrivait pas à déceler une pointe d’ironie comme elle a pu lui offrir dans la taverne. Cela ne faisait pas sens avec le comportement de la demoiselle. Après tout, comment pouvait-il s’avancer autant ? Il ne l’a connaissais que de loin.

A son tour, il traversa la pièce, retrouvant son humeur bon enfant, il était chez lui – du moins, il se sentait réellement chez lui. Il cacha sa désillusion comme il le pouvait. Il attrapa le premier livre « Anthropologie : La Vie d’une âme perdue » Quel pied de nez ! Ce livre était fait pour lui. Perdu, oui l’était ! Il pensait avoir trouvé un certain équilibre en la présence d’Ascalon mais ce lâche s’en est allé. Dhol continuait de le chercher, espérant le retrouver dans ce lieu un soir d’hiver. Mais chaque fois, c’en était toujours plus cuisant. L’amertume grandissait à mesure que l’absence se prolongeait.

Pourquoi les avait-il emmené aussi ? Après tout, l’un et l’autre devait souffrir de cette même absence. Pas de même intensité mais la douleur s’insinuait en eux comme un poison. Comme la drogue qu’il prenait pour supporter. Mais non, chaque fois qu’il venait dans cet ancre. Alors pourquoi ils étaient là ?

- Je ne sais pas. Déclencher un souvenir avec Lui en toi.

Il avait été d’une franche indécente. A quoi bon dissimuler sa véritable motivation. Savait-il où Il se trouvait ? Il avait fondé ses espoirs dans les prochains mots qu’elle prononcerait. A vrai dire, il voulait lui cracher la rage qu'il avait en lui. Elle qui avait eu l'opportunité d'avoir autant ses jours que ses nuits. Elle qui fomentait un avenir avec Lui. Mais il ne fit rien, se plongeant dans son livre.


Tahn Celhán

Arkhane Lohengrim
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Lun 2 Sep - 12:03


Faille
D'abord, un mutisme étonnant. Comme si elle a posé la mauvaise question, comme s'il ne sait la manière de lui répondre. Elle a la sensation d'être fixée, d'être jaugée. Dans les ténèbres, alors que les flammes font vaciller sur ses tâches de rousseurs des ombres dansantes, elle perçoit l'acéré d'un regard qui cherche sur ses traits les mots à prononcer. Les mots les plus délicats, ou les plus durs, elle ne saurait se prononcer. Mais il ne dit rien, ses lèvres s'obstinent à demeurer closes, tandis qu'il se meut dans la pièce aux mille trésors. Le pas lent, délicat, aussi noble qu'un confrère qu'elle ne soupçonne pas. Ses mains drapées de noir qui glissent sur la reliure d'un livre plus vieux que cette ville et ses doigts qui s'attardent sur un titre qu'elle ne peut déchiffrer avec si peu de lumière. Elle reste immobile, son corps prit d'une raideur douloureuse, alors qu'elle le suit des yeux. Elle ne supporte pas qu'il prenne ainsi son temps, elle a un mauvais pressentiment et chaque seconde qui s'égrène n'est qu'une preuve supplémentaire, un suspens qui pue la désagréable révélation. Les mots seront durs. Et elle ne sait pas pourquoi, parce que cet homme ne la connait pas, n'aurait, selon elle, ni de quoi la heurter, ni même de véritable raison de le faire. Du moins outre une mésentente certaine.

- Je ne sais pas. Déclencher un souvenir avec Lui en toi.

La rouquine fronce les sourcils. Et c'est d'abord la seule chose qu'elle fait, car elle peine à comprendre. Dans son esprit, une rapide association d'idées, les livres, la noblesse, la ressemblance et son deuil, la pousse à interpréter le pronom « Lui » comme « Ascalon ». Le manque lui revient en pleine gueule, un coup qui lui écrase la poitrine, qui lui broie la gorge. De demander un souvenir, ça en déclenche dix, qui passent ses barrières comme s'il n'y en avait aucune. Demandez à votre esprit de ne pas penser à quelque chose, et bien sûr, il se focalisera dessus durant plusieurs secondes. Il y a la douleur, atroce et implacable, et quelques micro secondes plus tard, il y a la colère. Elle trouve ça particulièrement mesquin, gratuitement méchant, de la confronter à ses souvenirs, de la confronter à son absence, de le faire avec un ton si détaché, une allure si désinvolte. Ce n'est même pas blesser pour se réjouir d'une peine, c'est blesser pour blesser, blesser pour s'en foutre. Elle trouve ça tordu, elle trouve ça injuste, et elle ne comprend pas. Elle ne comprend pas, ni ce comportement qui ne peut relever que d'une haine viscérale, d'un affront personnel, ni sa connaissance des faits. Car jamais elle n'avait soupçonné que les deux worans puissent se connaître. Mais ça ne peut être que ça, il ne peut parler que de l'apprenti médecin, elle ne voit rien d'autre.
Sa mâchoire se contracte violemment. Elle a envie de le cogner, parce qu'il joue avec elle, parce qu'il joue avec ses sentiments, avec un sujet trop personnel, devenu tabou, parce qu'il s'amuse à ses dépends, que ça n'a plus rien d'un conflit ouvert, de mésentente puérile. Jamais elle n'aurai songé qu'il agisse uniquement dans l'optique d'obtenir en conséquences quelques secrets soupçonnés bien gardés, en vérité méconnus. Elle le hait juste davantage. Et sa langue se fait venimeuse, et son regard se fait meurtrier.

- T'es sacrément tordu.

Elle n'a rien à faire là. Absolument rien. Ce n'est pas un combat qu'elle veut engager, encore moins qu'elle souhaite poursuivre. Peut-être est-elle aussi lâche qu'Ascalon après tout, à fuir les problèmes, à fuir sa peine, à fuir l'ennemi. Elle préfère cogner son oreiller, trouver le refuge d'un lit vide et froid plutôt que de rester ici.
Sa robe frotte sur le sol poussiéreux alors qu'elle se dirige vers la porte désormais close. Sa robe frotte contre les pieds d'une table, bientôt contre la jambe du commerçant alors qu'elle s'apprête à le dépasser. Elle ne veut même pas s'attarder pour lui cracher au visage tout ses ressentiments, pas plus qu'elle ne s'attarderait pour essayer d'éclaircir les choses, essayer de comprendre la raison de ces palabres.

Tahn Celhán


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Dhol VokonovVithang

Lun 2 Sep - 16:06

Sadisme


Dhol a vu juste, se fiant aux réactions non verbales de la rousse. Ses iris le transpercent. Elle a mal et voudrait lui faire mal. Dhol ne peut s'empêcher d’esquisser un sourire carnassier. Il a touché là où il avait mal également. Il pose le livre et lui fait face.

Savourer cette victoire, aussi sadique soit-elle. Il voulait partager sa douleur, qu’elle le veuille ou non, elle allait cracher sa bile aussi. C’était égoiste. Mais il en avait besoin d’avancer. Catharsis dit-on.

- T'es sacrément tordu.

Ah, passage au tutoiement. Une langue acérée. Dhol partit en fou rire. C’était nerveux. Mais il en riait franchement. Il passa sa main gantée dans sa chevelure. Elle-même ne savait comment réagir.

- Tu as raison fuit. Comme Lui. Vous vous êtes bien trouvés, l’équipe de lâches. C’est douloureux n’est-ce pas ? Seule, chaque soir. Plus d’anecdotes à écouter. Terminés les projets rocambolesques. Adieu les aventures nocturnes. Je m’arrête là ?

Dhol poussait son sadisme jusqu’au bout. Il avait encore tant à lui infliger mais le peu qu’il avait exprimé, le satisfaisait déjà bien. Oui, savoir qu’ils étaient deux à souffrir atténuait sa propre douleur, quand bien même, elle ne lui avait rien dit, son âme parlait pour elle.

Il se raidit lorsqu’elle s’approcha de lui. Allait-elle le frapper ? Il ne s’en offusquerait pas. Après tout, la douleur physique sera toujours plus doux que la souffrance qu’il ressentait en permanence. Il n’ota pas son fidèle sourire espiègle. Il comptait bien l’embarquer dans les abysses de son âme torturer. Il lui tendit le livre sur les âmes perdus.

- Je n’en doute pas qu’il te sera aussi utile qu’à moi. On est pareil, nie le autant que tu le souhaites.

Tahn Celhán

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Mar 3 Sep - 12:22


Dent pour Dent

Elle avait tort. De croire qu'il parlait sans se soucier des conséquences, sans se préoccuper de ses réactions. Il a relevé les yeux, posé sur elle deux pierres d'un azur givré, impitoyable, et il a rit alors qu'elle l'insultait. Si tant est que d'énoncer une vérité relève d'une injure. Il a rit, et dans la crypte, l'éclat a résonné, s'est amplifié, comme surnaturel, d'un divin caustique, mauvais, détaché. Comme s'il se fichait bien quel mépris elle pouvait ressentir à son égard, comme s'il savait déjà ce qu'il était, quels qualificatifs pouvaient le décrire, comme si ça l'amusait qu'elle en vienne à une si évidente conclusion. Alors elle fuit oui, elle veut s'évader de ce qui aurait du être un sanctuaire, parce que c'est lui manquer de respect, ce n'est pas lui faire honneur. Arkhane n'a jamais été quelqu'un d'impulsif. Elle est d'ordinaire médiatrice, arbitre, elle essaie d'éviter le conflit plutôt que de l'envenimer, elle n'attaque que lorsqu'elle est en position de force, joue de mots - même si jamais elle n'aura l'habileté d'Ascalon pour cela - pour blesser sans que son assaillant ne dispose d'armes pour le lui rendre. Elle s'arrange pour, en tous temps, garder le contrôle de la situation. Toutefois, elle sait que lorsque ses sentiments sont impliqués, elle à bien plus de difficultés à le faire. Sa langue s'emballe, elle a besoin de cracher ce qui lui tient à cœur. Venimeuse, féroce, implacable. Jamais elle n'en vient aux mains, elle trouve ça lâche, bas, d'une facilité déconcertante et d'un intérêt quasi nul. Et à l'instant, justement, ses émotions sont impliqués, plus que de raisons, et elle sent les rênes lui glisser des mains.

Elles glissent oui, le cuir lui entaille les paumes, lui déchire la chair, quand Dhol lui, frappe en plein cœur. Une fois, deux fois, trois fois. Il martèle, coup après coup, il s'acharne avec un plaisir malsain, et ça lui fait un mal de chien, parce qu'il vise juste, il tape dans me mille. Ca lui fait un mal de chien, et la douleur alimente son ire, la nourrit. Ça enfle, chaque seconde ça grossit davantage, comme une tumeur, meurtrière, ça menace d'exploser.
Arkhane s'était figée. À deux mètres de lui, après lui, elle s'était arrêtée, la mâchoire si serrée qu'elle pourrait craindre de se la déboîter. Un instant, elle reste immobile, à fusiller du regard une porte qu'elle ne voit même plus. Elle a des larmes plein les yeux, et elle serre les dents plus fort, elle se mord la langue pour les ravaler. Elle ne lui donnera pas cette satisfaction, de voir sur ses joues les sillons humide d'une peine incommensurable.

Elle finit par faire demi tour pour se tourner vers lui. Lui qui est resté immobile, imperturbable, et ce sourire qui trône fièrement sur son visage déchiré. Il reste séduisant, même avec la gueule en vrac, cette cicatrice qui semble couper son crâne en deux, même défiguré, il ne peut être défiguré. Et pourtant elle n'a qu'un souhait, faire disparaître cet air aussi mauvais qu'il est satisfait, frapper aussi fort que lui. Car ce n'est pas un misérable bouquin qui va l'aider, lui faire remonter la pente, il y a trop haut à gravir, même pour elle qui, pourtant, aime à jouer avec le vide. Mais au moins a-t-il réussi à le faire sourire, elle aussi. D'un rictus nerveux, désaccordé, une esquisse traîtresse d'un soupçon d'avantage, qui tranche avec la colère qui brûle dans le jade de son regard. S'il vise aussi juste, ce n'est pas pour rien.

- Pareil ? Non, pas tout à fait.

La rousse fait un pas supplémentaire. Elle se fiche du livre qui vient désormais toucher son corset, maigre barrière. Elle fait un pas, diminue l'espace entre leurs corps. Elle lève le bras, pose sa main sur son sternum. Une main nue, sans gants, contre le délicat de riche atours.

- « C'est douloureux, nan ? » D'avoir été seul, et de l'être encore ? D'avoir dû écouter les anecdotes ? D'avoir dû entendre les projets, l'engouement, la passion ? Les contes d'aventures nocturnes ?

À chaque question, elle martèle, d'un coup contre le sternum. Même pas assez fort pour lui faire mal, du moins pas physiquement. Uniquement pour appuyer ses propos, peut-être pour le faire reculer aussi, mais il sera vite prisonnier, entre elle et une table alourdie d'ouvrages, de plans et de souvenirs.

- C'est douloureux, d'être spectateur sans être acteur ? Dis moi ? D'agir en sachant que tu ne seras jamais à la hauteur ?

Son sourire à disparu, elle devient juste mauvaise, aussi misérable que lui, mais elle s'en fou. Elle ne veut pas penser à une autre alternative, elle accuse en s'appuyant sur des suppositions, mais en vérité, qu'en sait-elle ? Jamais Ascalon ne lui a parlé du nobliau, jamais. Pourquoi lui cacher une amitié ? Ne lui cachait-il rien d'autre ? L'a-t-il trahie ? Ces lèvres, qu'elle voit griffées, les a-t-il possédées ?

Tahn Celhán


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