[HENTEN 352] Investissements dangereux | Dhol & Arkhane
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Dhol Vokonov
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Dhol VokonovVithang

Mar 3 Sep - 14:48

JOUER


Dhol riait. C’était nerveux mais il riait, ce qui écartelait sa cicatrice. Elle était là à marteler son torse, et lui se délectait de sa souffrance. Il emprisonnait les poignets de la rousse dans ses mains et l’obligeant à continuer de lui marteler le torse. Elle crachait son venin. Enfin, son véritable visage. Une douleur qu’elle n’arrivait plus à retenir.

Les flèches qu’elle lançait cribler l’âme de Dhol. Il avait mal mais il ne le montrait pas. Il s’était suffisamment dévoilé pour la faire venir dans son piège. Un soupçon de souffrance pour un flot d’amertume de sa part. Il avait vu juste. Langage verbal et non verbal exprimaient la souffrance qu’elle revêtait à coups de venin. Elle faisait trembler les entrailles du woran : coups pour coups, elle les lui rendait mais il ne faiblissait pas, au contraire. La voir perdre son contrôle, le ravivait. Elle perdait pied mais confirmait sa relation avec Ascalon. Une pointe de jalousie perça en son cœur, il grimaça quelque peu avant de se reprendre, froid et son sourire facétieux.

Il était essoufflé par les petits à-coups mais ne l’a relâcha pas pour autant. Le regard d’un prédateur, sa proie entre ses mains, il se faisait menaçant, accolé contre elle, il ne comptait pas la laisser partir sans en laisser une part d’elle. Il remonta ses poignets au-dessus de la chevelure rousse et se pencha à son oreille.

- Très chère, oui, c’est douloureux mais au moins, je ne fais pas peine à voir. Qui crois-tu tromper ? Sous ton air de défiance, ce cache juste le mal-être. Une poussière d’audace qu’on souffle avec une pincée de souvenirs. Regarde-toi, tremblante, à l’idée de l’évoquer. Tu n’as même pas accepté la situation. Je n’imagine même pas prononcer son nom. Te mettras à genoux, ou me violenteras tu encore un peu ?

Il resta dans cette position pour mieux ressentir la respiration saccadée de la demoiselle. Une pure mélodie, de la crainte, de la colère, de la souffrance. Divin.

- Je n’agis pas dans ce sens, j’avance. Au fond de toi, tu es prostrée dans le passé, rêvant qu’il revienne te bercer de ses songes. De ses aventures qu’il partageait avec moi. N’as-tu jamais eu l’envie de partir à sa recherche ? Ou comme cette nuit, tu hésites et tu ploies sous tes doutes.

Dhol relâcha les frêles poignets, faisant fi de la haine viscérale qui tournoyait dans l’air, prenant violement le menton d’Arkhane entre son pouce et son index.

- Effectivement, je me suis trompé : on est différent. Moi, je ne me mens pas. Toi, tu te couches dans l’espoir de retrouver les caresses d’un fantôme. Cueille donc celles d’un présent pour toi. Ca te débêtira, tu montreras au moins le véritable masque d’une lionne. Quand tu auras fini de te mentir, tu sauras où me trouver.

Tahn Celhán

Arkhane Lohengrim
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Mar 3 Sep - 17:00


Complexe

Elle aurait dut partir, alors qu'elle en avait encore l'occasion. Alors qu'elle faisait face à cette porte close, alors qu'elle avait dépassé la menace. Elle aurait dut fermer les yeux, agir comme si elle n'avait rien entendu, rien vu, enfouir encore sa peine et l'oublier, oublier même jusqu'à son existence.
Cela fait bientôt deux ans que l'esoèd n'a plus la moindre nouvelle. Du jour au lendemain, il s'est volatilisé, sans laisser le moindre indice quant à sa destination, la moindre explication relative à son soudain départ. Une couche vide, d'un froid glacial, une maison immortelle, figée dans le temps mais dépourvue du moindre habitant. Il demeurait majorité de ses affaires, ses chemises, ses livres, son matériel, qu'elle n'avait pas eu le courage de toucher. La canne à pommeau héritée de son paternel trône encore, appuyée contre un miroir couronné d'or et de poussière, mais sur la commode, déjà deux ans plus tôt, avaient disparus la chevalière, la boîte à musique ainsi que le monocle. Le bâtiment était vide, bientôt l'employée cessa de venir y faire le ménage, et l'endroit, propriété des Elcide, demeura à l'abandon.
Arkhane avait fini par cesser d'attendre, cesser d'alimenter ses espoirs, contrainte de tout enfouir pour préserver ce qu'il restait de sa famille à peine quelques mois plus tard. Confrontée à la mort brutale et injustifiée de sa mère, pouvait-elle encore se permettre de pleurer un homme qui l'avait abandonné, de le pleurer et de délaisser un père plus effondré qu'elle encore ?
Elle n'en avait pas le droit, c'était égoïste et il s'agissait là d'un défaut qu'elle ne se serait jamais autorisé. Alors la jeune femme avait tout enseveli, caché sous une terre sèche et stérile. Elle ne l'avait pas fait profondément, alors au dessus du loess assoiffé, elle avait empilé autant de caisses qu'elle ne prenait de responsabilités, pour aider son géniteur si malade d'amour qu'il en était prêt à abandonner l'auberge, pour refréner les colères d'un frère en soif de justice, et pour tout ce dont elle se chargeait pour ne pas avoir à penser.  

Mais le temps passe, il vient un jour où, persuadé que l'on a fait son deuil, on se décharge, lentement, d'un poids puis d'un autre, jusqu'à ce que de nouveau, la terre noire rencontre l'éclat d'un soleil brûlant, jusqu'à ce que la terre noire soit exposée, fragile, au moindre coup de griffe prêt à en déterrer le néfaste trésor.

Elle aurait du passer cette foutue porte. Rajouter des pierres, des sacs, des caisses, n'importe quelle métaphore débile qui puisse la protéger. Mais bêtement, elle s'est montrée impulsive, a tourné les talons, tendu pelle et pioche, comme si elle avait oublié que ce qu'il y avait sous la stèle devait y rester à tout jamais. Elle le regrette déjà. Dès lors que son rire retentit, une seconde fois, tétanisant dans la crypte, dès lors qu'elle sent se refermer sur ses poignets la prise gantée du noble défiguré, qu'elle le sent approcher, l'immobiliser, murmurer. Elle prend conscience de son erreur, alors qu'il parle, alors qu'il la fait constater son propre état. Elle tremble d'autant plus, douleur et colère s'entremêlaient, mais désormais, seule la rage la domine, et elle n'arrive pas à dégager ses mains, son ire enfle encore dans cette position de faiblesse, prisonnière. Contre sa mâchoire, elle sent les lèvres de Dhol qui s'étirent. Elle a envie de tourner la tête, d'attraper son oreille entre ses dents, de la mordre pour le faire taire, pour le blesser aussi profondément qu'il le fait. Arkhane se sent humiliée, fragile, prévisible, elle déteste ça, d'autant plus lorsque tout son être crie aux calomnies, parce qu'il a tort. Et c'est ça qui, au final, est le plus comique. Cette domination, palpable mais injustifiée, car le marchand se méprend tout à fait sur ses sentiments, n'en soupèse pas la complexité. Mais de voir qu'il pense la connaître, qu'il est persuadé de l'avoir cerné et qu'il soit assez odieux pour en jouer, tout en, malgré tout, effleurant une part de vérité ... Ca la met hors d'elle.

D'un geste vif, elle dégage cette main qui lui tient le menton, qui veut emprisonner son visage. Elle le repousse aussi fort qu'elle le peut en arrière, ne souhaite plus de cette proximité qu'elle a pourtant elle-même recherché. Elle le repousse, pour le contraindre à reculer jusque la table, elle le repousse jusqu'à ce qu'il percute le bois solide et abîmé, jusqu'à ce qu'il soit déséquilibré. L'acrobate se fout bien qu'il tombe, qu'il se fasse mal. Elle reste debout là, implacable, une mèche rousse qui barre son visage.

- Voilà bien longtemps que j'ai arrêté de l'attendre. Voilà bien longtemps que j'ai arrêté de le chercher. Il est parti, ça fait deux ans et tu le sais. Toi non plus, tu n'as pas eu d'informations, sinon tu ne serais pas là, à provoquer un tête à tête particulièrement vicieux, tu ne serais pas là, à jouer les moralisateurs. Mais c'est là que tu fais erreur. Ce ne sont pas ses caresses que j'attends, pas plus que quelques escapades nocturnes, la promesses d'explorations exaltantes, contrairement à toi.

Et c'est la vérité. Le manque persiste, brûlant dans sa poitrine, mais absence et mutisme ont fini par alimenter d'autres sentiments en elle. Une rancune virulente, pour ce manque de considération pour ses propres sentiments, pour ce comportement infâme, pour l'avoir laissé seule faire face à un cadavre, pour avoir fait comme si elle n'existait pas. Arkhane lui en veut, à lui peut-être encore plus qu'à Dhol qui pourtant, à l'instant, arrive à nourrir des ressentiments d'une vivacité incommensurable. Elle lui en veut si fort qu'elle est certaine de le haïr plus que de l'aimer désormais.

- Lequel de nous deux se complaît à se souvenir du passé ? Qu'y a-t-il de beau à se remémorer des projets qu'il a détruit, des rêves qu'il a piétiné ? Pour se souvenir de son absence, aux pires moments, et espérer son retour, comme si de rien n'était ? Me penses-tu misérable à ce point ?  




Tahn Celhán


Dhol Vokonov
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Dhol VokonovVithang

Dim 15 Sep - 16:35

PROPOSITION


Il aurait voulu lui répondre mais c'était autorisé plus de douleur que necessaire alors il éluda ses propos. Mais le balafré avait une plaie béante depuis la disparition de son ami. Catharsis passé, Dhol repris ses esprits. Il était temps de lui montrer ceux pourquoi il l’avait fait venir ici. Il avait détecté certaines compétences en elle. Il voulait les mettre à profit. A son profit. A leur profit.

- Depuis des mois, des amis et moi fomentons une excursion. Nous sommes un certain nombre, placé à divers étages de la société. Tu as été choisi.

Dhol marqua une pause, pour que sa dernière phrase s’insinue dans la pièce désuète et dans l’esprit de la rousse.

- Ne me demande pas de détails, c’est ainsi. Je suis chargé de te transmettre cette information. Et de te demander si tu voudrais en être de la partie.

Dhol avait repris son ton sévère et le visage qui allait avec, le temps pressait et la nuit laisserait place à l’astre solaire et la vie remuante de la ville.

- Je sais que ta bouche grouille de questions. Mais tu sauras tout en temps et en heure. Je ne peux t’en dire davantage dans l’hypothèse où tu refuses.

Le balafré s’avança vers un pan de bibliothèque et de ses doigts gantés qui commençaient à tressaillir dû au manque, il extirpa un livre fin, à la couverture doré et l’habillage pourpre. Celui ci était considérablement plus récent que le reste de ses congénères. Il souffla tout de même dessus puis le posa sur une table non loin de l’aubergiste. De sa main, il l’invita à le découvrir. Il se recula pour lui laisser un relative libre arbitre.

- Ne savons de sources sûres, que nos tréfonds regorgent de trésors et je ne te parle pas, de pièces sonnantes et trébuchantes mais de savoirs, de technologies, qui sait d’autres civilisations. Ce que nous voulons, c’est de faire de ton auberge notre quartier général, en plus d’ici. Car on le sait tous, c’est à la vu de tous que nous sommes les mieux protégés. Dans l’hypothèse où tu acceptes notre accord, tu seras rémunéré en conséquence de la façon dont tu le souhaites.

Les mains dans le dos, la proposition fut posée. La balle était dans les mains d’Arkhane. Il l’observa à loisir décelant un charme certain. Il pouvait bien comprendre son ami. Une tête bien rempli, un caractère aussi tempétueux que la couleur de sa chevelure et ... Dhol secoua la tête, ce n’était guère le moment de s’amaroucher de « l’ennemi ».

Tahn Celhán

Arkhane Lohengrim
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Lun 16 Sep - 13:49


Enchères

Avait-elle fait mouche une seconde fois ? Car il esquive, encore, et elle est immobile, à le fixer alors qu'il garde contenance. C'est tout son corps qui tremble d'une colère sourde, palpable et incontrôlable tandis que c'est lui qui s'évade, élégant et maître de lui même. Il y a sa lippe qui frémit, ses doigts qu'elle doit contenir, fermés en un poing rageur, pour ne pas qu'ils la trahissent. Les muscles de ses épaules et de son dos qui se contractent sans qu'elle ne parvienne à les contrôler, à les détendre. Ce mutisme l'insupporte, dans la crypte c'est le silence qui résonne et le calme l'oppresse. Puis des mots qui s'élèvent, de prime abord incompréhensibles. L'objet de la discussion a changé, sans raison ni avertissement aucuns, elle est fébrile tandis que lui aborde d'autres sujets, toujours maître de lui même. Elle prend conscience de son état, pitoyable, ainsi que de celui de Dhol en tous points distincts, et elle le hait pour ça. Pour avoir passé ses boucliers comme l'on passerait une porte ouverte, avec aisance et facilité. Pour l'avoir mise hors d'elle, pour lui avoir fait lever la voix, manqué de lui tirer des larmes, pour désormais l'abandonner, fébrile et hargneuse, pathétique.
Elle se sent seule, elle se sent misérable. Manipulée, épuisée, une poupée torturée avec qui il a fini de jouer.
Elle se hait de s'être laissée faire.

Il esquive, il s'éloigne. Il est plus maigre que l'homme qu'elle a aimé, mais un peu plus grand, et cette manière de se saisir d'un ouvrage comme s'il tenait le plus précieux des trésors, ça lui fait grincer des dents. Il continue de parler, et elle a du mal à comprendre. L'Homme est censé disposer d'une capacité d'adaptation phénoménale, mais elle peine à passer du coq à l'âne. Ébranlée, elle apprend avoir été observée, choisie, de nouveau elle se sent manipulée, l'objet de jeux qui ne la concernent pas et qui, en l'occurrence, se feraient à ses dépends.

Elle a envie de lui cracher au visage que sa proposition ne l’intéresse en rien. Pour le plaisir de le contredire, de piétiner ses plans et faire obstacle à ses ambitions.
Elle se mord la joue et la douleur la fait réagir. Le silence perdure, la tension qui comprime ses muscles ne disparaît en rien, mais la souffrance soudaine lui permet d'en prendre conscience. Elle est raide, et lui la jauge, la poupée cassée. Il est trop sûr de lui, elle se fait la réflexion que d'être si virulente lui ferait trop plaisir, car elle soupçonne une satisfaction mesquine à lui annoncer pourquoi elle ferait erreur à refuser. Arkhane a la sagacité d'esprit de changer sa stratégie.  

- Et à part ça, qu'est ce que j'y gagne au juste ? " Ce que je veux ", c'est loin d'être suffisant.

La rousse endeuillée préférerait le voir échouer que de gagner de misérables pièces, l'argent ne fait le bonheur de personne, encore moins face aux risques encourus, et elle lui en veut trop pour lui faire la moindre faveur. Lui même doit être plus intelligent que ça, savoir qu'elle demanderait une contrepartie de taille pour accepter qu'on vienne mettre en danger l'entreprise familiale, pour ne serait-ce que le tolérer à l'auberge après la confirmation de leur mésentente. Elle s'en doute, il le sait, elle imagine alors qu'il a une offre à faire, plus concrète qu'un livre drapé de grenat, plus motivante qu'une simple promesse. Et alors le visage dur, les sourcils froncés et la haine qui toujours, brûle dissimilée dans l'impérial de ses iris, elle attend une offre plus alléchante, une raison de l'envoyer proprement sur les roses.


Tahn Celhán


Dhol Vokonov
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Dhol VokonovVithang

Lun 16 Sep - 14:59

Dernier choix


- Cesse de faire l’idiote Arkhane.

Premiere fois qu’il prononce son prénom pour lui montrer un peu d’intérêt. Il jubilait intérieurement, sa haine transpirait par ses pores. Il s’en délectait. Si lui avait réussi à remettre sa douleur dans les tréfonds de son âme, il en n’était rien la concernant. De toute sa puissance – parce que oui, il sentait qu’il avait la maitrise sur leur échange, pour le moment – il se permis la familiarité. Elle probablement vérocifier voire le frapper de nouveau ou même lui cracher à la figure. Mais bon, cela ne sera qu’une goutte d’eau parmi l’océan. Il avait déjà subi pire de part son grand-père mais également ses conquêtes qu’il éjectait derechef. A quoi bon, distiller de l’espoir, là où d’autres s’y étaient refusés. Le voila donc, fasse une lionne prête à bondir sur lui. Malgré la relative maitrise de ses émotions, tout le langage non verbal s’exprimait pour elle. Dhol pouvait y lire du dégout, du mépris, peut-être même de la tristesse mais surtout de la colère. Pourtant, il eut un mouvement de recul, par instinct. Il ne voulait pas un second contact entre eux. Il baissa ses opales sur le livre, cruellement deçu de ses mots. Certes, il aurait été étonnant qu’elle accepte immédiatement. Pourtant, l’auberge allait être le carrefour de bien des intrigues, s’il ne l’obtenait pas, cela handicaperait gravement leur plan.

- Tu as carte blanche et cela ne te suffit pas. Tu veux que je te fasse des choix multiples. Grandis un peu, ce n’est pas un jeu.

Sa voix se fit plus dure et plus sèche. Il se sentait dans sa zone de confort et comptait bien la manger jusqu’à la dernière miette. Elle ne ressortirait pas d’ici, indemne. Il posa ses deux mains sur la table où se trouvait le livre, pour donner plus de force aux propos qui allaient suivre.

- Faut-il qu’on fasse une leçon sur tes souhaits, tes désirs, tes espoirs ? Arkhane, le temps presse. Que veux-tu ? Tes volontes seront les notres.. Une protection pour toi et ta famille ? Un pourcentage sur des produits illicites ?

Puis il se redressa, se rendant compte qu’il pouvait être plus menacant que rassurant. Lui aussi, pouvait perdre la maitrise de lui-même surtout lorsqu’on parlait d’affaires. Cela l’agaçait de devoir inclure une autre personne dans le projet mais la majorité l’avait emporté à son grand désespoir. Cuisante défaite, il devait en prime l’enrôler dans leurs projets.

- Tu as le droit de refuser, tu le sais. Cela ne se fera pas sans conséquences toutefois, pas de morts mais de lourdes conséquences.

Il avait chuchoté la dernière phrase, à croire que la menace sera moins lourde dite de cette manière. Mais c’en était la vérité. A ceux qui disaient non, se retrouvaient dans la liste du camp adverse.

- Je ne te le cache pas, cela m’embêterait que ne fasse pas parti de l’équipe. Tu as l’esprit vif et tu sais manier les mots avec ta langue finement ciselée.

Tahn Celhán

Arkhane Lohengrim
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Mar 17 Sep - 11:20


Souvenirs

A-t-il sélectionné ses propos au hasard, ou parlait-il en connaissance de cause ? L'accident qui s'est déroulé deux ans plus tôt, peu de temps après la disparition d'Ascalon, n'est un secret pour personne. Les habitants de la Rocheuse se taisent, encore maintenant, aucune palabre ne fait le poids face à la force d'une noble logorrhée, et si un juge décide que les plus pauvres n'auront pas gain de cause, alors ainsi soit-il. Mais Arkhane était là, de même qu'une poignée d'autres Haarvarns, sheig et esoèd. Le décès de sa mère n'était pas un accident mais un meurtre, même si la rouquine est la seule à oser l'affirmer haut et fort. Le criminel, trop bien connu de la famille, s'en est sorti du fait d'une opulence avérée, d'un influence égale sinon supérieure à sa richesse, mais rien ne devrait pouvoir racheter la justice.
Les Lohengrim sont passés pour des menteurs les mois qui suivirent, pour toute une caste il était plus facile d'accuser de petits commerçants que se tourner vers l'un des leurs. Et bien que rares furent ceux de leur propre classe sociale à remettre en question leurs propos, ils durent accuser le coup seuls, ravaler leur rancune, sans jamais réussir à s'empêcher d'alimenter leur colère. Arkhane dépréciait déjà les worans qui, presque sans exceptions, s'autorisaient nombre de bassesses sous couvert d'un titre qu'aucun ne remettrait en question. Vol, escroquerie, dégradations, insultes, dépravations, ils se cachaient derrière l'or et l'argent, la soie et les pierreries, mais ils étaient, finalement, pire que chacun des hères qu'ils méprisaient. Elle les haïssait d'autant plus maintenant qu'ils lui avaient volé sa mère, la seule femme certainement qui, en ce monde, ne savait faire preuve que de bonté, et ce sans raison aucune.

Que Dhol la menace lui tire un sourire. Nerveux, mauvais, tellement que ses tremblements, déjà ralentis par l'évolution de leur discussion, s'arrêtent bientôt.
Il existe bien des moyens de pousser l'acrobate à céder à une proposition, quelle qu'elle soit. Arkhane, sous ses airs de fille dévouée, dissimule un fauve qui prend plaisir à chasser la nuit. Créature curieuse, attirée par le danger sans jamais trop oser y céder, taquine, parfois mesquine, pour autant d'une générosité intarissable envers ceux qui en ont besoin, elle n'est pas méchante bien qu'une part d'elle se débatte encore pour le devenir. Elle aime satisfaire autrui, et la curiosité seule aurait pu la pousser à accorder une oreille attentive à sa proposition, au contraire, elle ne supporte pas d'être contrainte à quoi que ce soit, ni par la force, ni par la peur.

Sa langue se fait vicieuse, perfide, elle a recouvert un semblant de sang froid grace à une douche, une seconde, qu'elle ne s'attendait pas à prendre.

- Très bien. Montres moi que tu es exactement comme tous les autres. Sans courage, sans dignité, un noble sans noblesse, comme c'est comique.

Ses doigts s'étaient attardés, quelques instants plus tôt, sur la couverture de l'ouvrage, du lourd ouvrage posé sur la table, mais toute son attention est tournée vers l'enfant du Cyvir, sur sa gueule balafrée, lui qui après s'être penchée vers elle s'est redressée, plus grand, plus menaçant, pour prononcer de funestes propos.

- C'est facile de menacer, promettre une sorte de vengeance à un refus, comme si d'écarter ta proposition je te faisais outrage. C'est facile d'y céder, à cette vengeance, de faire payer sans être accusé. Après tout, tu ne serais pas le premier à le faire, j'imagine que tu le sais ?

Ce souvenir lui fait serrer les dents. Elle a mal à la mâchoire tant, durant ces quelques minutes passées, elle a contracté les muscles de son visage. Elle finit par approcher. Virulence a cédé le pas à la colère froide, sourde, plus calme et maîtrisée, pourtant palpable.

- C'est ça que ta famille t'a appris, toi, l'engeance du Cyvir, à user de ta position pour faire céder les plus faibles ? Droiture, générosité, bienveillance, n'est-ce pas les qualités qu'on t'a appris à respecter, plutôt que l'orgueil, la méchanceté, l'égoïsme ?

Elle finit par grogner ses derniers mots, derniers mots qui toutefois, pourraient lui donner une ouverture.

- Si de me menacer est ta dernière carte, ou bien une carte que tu comptes garder, autant en rester là.


Tahn Celhán

Dhol Vokonov
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Dhol VokonovVithang

Dim 22 Sep - 12:55

DEFAITE


A la seconde où Dhol n'avait pas obtenu l'approbation de l'aubergiste, il avait cessé de l'écouter piailler. Elle avait bel et bien une langue aiguisée mais quand est-ce qu'elle l'utiliserait à bon escient? Des palabres, des verbes bien maniés et du vent. Oui, c'est un moulin à vent. Blablater, tenter de déclencher une émotion mais c'est creux. Ses mots sonnent creux. L'avaient-ils sous-estimer? Non, le groupe ne se trompe jamais. Dhol avait-il commis un faux pas? C'est probable mais il ne l'avouera jamais. Il se concentra sur son souffle, afin de calmer les tremblements de ses mains. Il s’était lancé dans l’idée de ralentir sa consommation d’Azur. Ses gants ne le protégeront pas indéfiniment. Mais comment demeurait serein, face à une mule. Même l’animal aurait été plus clairvoyant que l’interlocutrice qui conservait toujours son air farouche. S’il avait encore plus peur qu’elle remette en cause son éducation comme elle était entrain de le faire, Dhol l’aurait secoué, peut-être même mis la tête dans une eau fraiche pour lui faire retrouver la raison.  Le balafré s’esclaffa sans rire avant de reprendre un visage des plus froids. Les autres ? Pourquoi donc, lui parle-t-elle des autres ? Encore un constat erroné. Il soupire une énième fois. La rousse avait un vrai don : se rendre davantage détestable. Mais il conserva la politesse et ne l’interrompit pas dans son laius à dormir debout. C’était un amoncellement d’inepties. Pourtant, encore une fois, elle avait réussi à lui arracher une expression. Parler de sa famille, c’était un terrain des plus dangereux. Dhol contourna la table et posa un doigt accusateur sur le torse de la jeune femme.

- Mentionne encore une fois, ma famille, et là, je vais te menacer Arkhane Lohengrim. Tu m’as peut-être vu grandir dans ma prison dorée mais tu ne sais rien. Tu crois savoir mais tu es tout aussi ignorante que notre peuple. Cesse de parler de principes alors que tu les execre par tous les pores. Tu oses me parler des autres ? C’est donc ce que tu fais, vivre le quotidien d'autrui ? Quand vas-tu commencer à vivre ? Je te suggère de prendre du temps devant une glace afin de savoir vraiment qui tu es.

Il se recula, ne cachant pas sa déception. On ne pouvait guère s'y méprendre, les femmes, toujours ce besoin de réfléchir, de sous-peser le pour et le contre. Pardi! On parle d'explorations, pas d'aller cueillir des Sculpetra. Non, découvrir de nouveaux savoirs, apporter de la Lumières aux incultes, qui sait même, détrôner le Cyvir. Elle ne voulait pas les rejoindre, pour le moment, il allait devoir battre en retraite. Il serra ses mains gantées, une défaite mais pas la guerre.

- Tu t’es perdu Arkhane mais je refuse d’admettre qu’on se soit trompé sur toi.

Il appuya sur une statuette et une porte dissimulée trembla. Sans un autre regard vers la demoiselle, il quitta le souterrain pour remonter à la surface.

- Alors ? Qu’a-t-elle dit ? questionna un membre du groupe.

Dhol offrit un grognement en guise de réponse. Il se sentait exténué par cet échange avec la jeune femme. Cette défaite cuisante l’avait achevé. Il n’avait qu’une hâte, s’avachir dans son lit.

Tahn Celhán

Arkhane Lohengrim
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Informations généralesGroupe : HaarvarnAge : 22Sexe : FemmeClasse sociale : EsoèdMonnaie : 90Inventaire : - Tenue Commune
- 2 bons de réduction 30%
- Une broche à cheveux offerte par Ascalon
- Un collier en forme d'encre
- Sirop de Draën
Bandeau : https://zupimages.net/up/20/18/znf6.jpg

Lun 23 Sep - 17:51


Point mort
Et on se demande encore pourquoi l'acrobate a en horreur les nobles de la Rocheuse, finalement les nobles de tout Verheim. N'est-ce pas évident ? Hautains, corruptibles, profiteurs, mesquins, aussi méprisants qu'ils sont méprisables.
Elle l'a vu, cet éclair de dégoût qui a traversé l'azur de ses opales, traîtres de ressentiments dont il ne se cache même pas. Elle n'en a que faire, il l’écœure plus encore qu'elle même doit le répugner, et elle se fiche bien de monter dans son estime. Le seul woran qu'elle souhaitait séduire n'est plus qu'un souvenir intangible, de la vapeur qu'elle n'essaie même plus de saisir, les autres riches peuvent bien crever elle s'en réjouirait plutôt.
Mais encore une fois, Dhol ne se contente pas d'une gestuelle, celle-ci est trop retenue pour être insultante. Ses propos sont plus acérés, vicieux, une arme qu'il a su aiguiser mieux qu'elle même. Après tout .. elle soupçonne, non sans une pointe de jalousie, qu'il a apprit auprès du meilleur.

La rouquine a restauré ses boucliers. Une couche de roche pour protéger son coeur, et l'indifférence pour épargner son âme. C'est plus facile de faire l'autruche, et ça fait moins mal. Qu'il parle, après tout, elle lui a déjà donné trop d'opportunités de l'atteindre, recommencer relève du masochisme. Et si la petite esoèd aime se mettre en danger, elle est cependant peu friande de jeux à ses dépends.
Ses paroles, si elle s'efforce de s'en prémunir, lui restent malgré tout en tête. Elle a sur les lèvres encore une flopée de propos qu'elle meurt d'envie de prononcer en réponse. Sa langue la démange, mais parler ce serait le retenir, et elle veut qu'il parte, elle ne veut même plus jamais le revoir.

La dernière vision qu'elle a de l'insoupçonné drogué, c'est un mouvement rageur, le port noble mais le pas pressé, le mouvement brusque. Son long manteau fouette l'air lorsqu'il passe le pas de la porte dérobée, et elle reste là, immobile, idiote dans un crypte vide. Ça sent comme à son arrivée, le vieux papier et la cire de bougie, la poussière, mais ça ne lui chatouille plus le nez, ses narines se sont habituées. La solitude lui fait prendre conscience de son état. La raideur qui, dans son dos, s'est installée, le nœud qui contracte sa nuque et, contre la prison osseuse, son cœur qui palpite. Il bat si fort qu'elle le ressent, contre son sein, dans le creux de sa gorge.
Arkhane fini par glisser une main sur son visage, inspirer profondément. Elle prend conscience qu'elle est gelée, le feu qui a été allumé dans l'âtre ne brûle plus que de quelques flammes anorexiques et ses émotions l'ont vidées. Elle a envie de partir, quitter ce lieu maudit, repaire d'araignées et de fantômes, de monstres à visage humain. Mais il y a les livres qui la retiennent, le spectre d'un homme qu'elle n'a aucun mal à imaginer, entre deux rayons, penché sur un ouvrage ou encore assit au coin de l'âtre, sur le fauteuil drapé d'ébène et d'indigo. Il lui vint l'ardant désir de tout détruire, de tout brûler. Faire tomber une bougie par accident et consumer le monde, détruire son univers. Mais elle a conscience de la richesse que recèle l'immense et austère bibliothèque, ce respect du savoir comme du matériel domine sur ses ressentiments, aussi violents soient-ils.

La rouquine fait quelques pas. Elle souffle ses ambitions destructrices, se plonge dans une quasi obscurité. Elle ne garde que la torche empruntée allumée, pour pouvoir traverser la galerie sans heurt, et puis le livre que le châtain lui a laissé. En vérité, il n'a jamais précisé qu'elle avait l'autorisation de l'emprunter, mais elle s'en fiche bien. Une part d'elle, minuscule instinct étouffé, lui a soufflé de s'en saisir. Et elle l'a pris, sans encore trop savoir pourquoi. Au cas où.
Juste au cas où..


Tahn Celhán

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