HENTEN 489 S | Le Lys Inuris – ft. Howahkan
Greer
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GreerRuvaak

Mar 8 Oct - 23:16

LE LYS INURIS


La roche s’effrite en squames coupants sous la main de Greer. Elle s’appuie derechef contre la paroi glacée, creusée de veinures irrégulières. De loin, la montagne a l’air solide. Mais ses flancs escarpés ont été taillés par le sillage des rivières, les pas des humains, la course folle des bêtes. Le souffle de la ruvaak accompagne sa marche dans la pente de plus en plus abrupte. Un chemin étroit, filet terreux dans une gorge de pierre. À mesure qu’elle le gravit, elle sent le froid lui caresser l’échine. Mais elle s’attend à la morsure, une fois au sommet.

Le bout de ses bottes cogne la terre, creusent des trous pour que sa partenaire s’y appuie. La ruvaak grimace. Partenaire. Ainsi le clan l’a nommée. Depuis qu’elle et Howahkan ont quitté le camp, jamais ses dents ne se sont desserrées. Aucun mot n’est sorti de sa bouche. Seulement un grognement, ici ou là, pour accompagner ses efforts. Et la compagnie d’une autre en est un. Les Skaldes n’ont eu de cesse d’essayer de la réintroduire dans le clan, quelle que soit la manière. Chaque fois, Greer a accepté. Chaque fois, elle a rendu caduques leurs espoirs de la voir comme une sœur parmi d’autres. Elle ne veut plus être autre chose qu’un satellite, gravitant autour du clan sans le toucher.

Et pourtant, la voilà. Avec cette werarn, Howahkan. De temps à autre, Greer lui jette une œillade, ou deux – plus ou moins appuyées. Elle tente de capter sa façon de déambuler dans la nature hostile, sa façon de se comporter. D’effacer le mur entre elles, sans passer par l’habituelle logorrhée. Le choix de ses comparses la questionne. Elles ne se connaissent pas. Pourquoi les envoyer si loin, à la recherche d’une fleur dont seules les légendes dessinent les pétales ? Pourquoi une piste si hasardeuse, pour un enfant à l’agonie ? Elle ne doute pas des talents de la guerrière au trident : ils n’enverraient pas des débutantes dans les gueules des Sui Inuris. Et pourtant, il est toujours bien là, ce petit pincement au ventre ; cette morsure au myocarde.

Elle déglutit. Et manque de se heurter au mur qui l’attend au bout de la corniche. Visage fermé, elle se hisse, avant de se retourner pour tendre la main à Howahkan. Son regard d’acier trébuche sur celui de la guerrière, avant de se perdre dans le paysage, quelque part derrière son épaule. Elle cligne des yeux devant l’inconnue. Pour que la mission réussisse, il lui faudra scinder le masque. Derrière les mâchoires d’hitoïde, les lèvres de Greer s’ouvrent :

« As-tu déjà gravi la montagne ? Jusqu’où ? »

Elle plisse un peu les yeux. Et se retourne, pour continuer sa marche, attentive à la réponse de la werarn. Ses incisives viennent mordre sa lèvre inférieure. Elle n’aurait peut-être pas dû commencer ainsi, aussi abrupte. En même temps, tenir une conversation ordinaire lui semble impossible, après tant d’heures de marche et de silence. Ses yeux se ferment un instant ; elle n’écoute plus que leurs pas faire crisser la pierre.
Tahn Celhán

Howahkan
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HowahkanWerarn

Dim 13 Oct - 13:17


Givre

La maîtrise de soi ne lui sied guère. C'est comme un taryx docile : improbable.
Howahkan est de celles qui s'expriment trop. Une créature rendue exubérante de par son enthousiasme inaltérable, de par son énergie vraisemblablement intarissable. Elle n'est pas nécessairement loquace. En vérité, il en existe d'autres ( pour ne pas citer directement Mange-Morts ) qui savent se montrer bien plus agaçants qu'elle ( enfin ... selon l'avis général bien sûr, il ne s'agit pas de ressentiments qu'elle alimente elle-même ). Mais elle a toujours besoin de toucher à tout. Sa curiosité n'a d'égale que son goût du risque, et la moindre étrangeté justifie, selon elle, qu'elle y accorde une attention certaine. Une fleurs aux pétales d'un éclat intriguant, une machine au comportement méconnu, un reflet perçu dans les profondeurs d'un cours d'eau. Tout ce qui sort de l'ordinaire, tout l'ordinaire qui, finalement, pourrait attirer son attention, y passe. Et, que les Atmâs en soient témoins, qu'il y en a beaucoup.

Ce n'est pas comme si la werarn n'a jamais essayé de corriger ce défaut, ne serait-ce que de l'atténuer. Mais il n'a eu de cesse que de se rappeler à elle, comme un ancien amant qu'elle brûlerait d'envie de retrouver.

Pour autant, et aussi surprenant que cela puisse paraître, la brune n'a pas cédé au moindre écart depuis leur départ, la veille au matin. Elle n'a même pas eu envie d'y céder. Son œil s'est attardé, à plusieurs reprises durant leur progression, sur quelques éléments du décors qui n'avaient rien d'intriguant au premiers abords, mais elle n'a pas approfondi une seule fois. Pas plus qu'elle n'a cherché à forcer le mutisme obstiné de sa coéquipière solitaire.
Greer. Membre d'une terre plus que d'un clan. Âme vagabonde, esprit nébuleux.
Howahkan a la sensation d'avancer derrière une ombre, intangible, fragile mais paradoxalement puissante, des volutes de fumée qui glisseraient entre ses doigts à la moindre approche, qui s'évaporeraient au moindre faux pas. Impossible à saisir, difficile à appréhender.
Greer à toujours été là sans être là. Plus souvent absente que présente finalement, Howahkan ne l'a toujours vu que de loin, quand elle pouvait l'apercevoir, entre deux escapades. Un animal sauvage qui, jamais, ne se laisserait apprivoiser. Une bête qui grogne lorsqu'on lui adresse un mot, si on réduit un peu trop la distance. Oui. Animale plus que Skalde, c'est certain. Et instinctivement, la werarn se bride, comme par crainte de la faire fuir. Elle adopte un comportement qui, involontairement, se veut consciencieux, presque méfiant. Il y a sa nuque qui commence à la tirailler. Elle est alerte, un peu raide.

Son pied glisse sur la roche lisse. Durant une seconde, il y a le vide qui veut l'avaler, et son cœur qui palpite pour lui crier son refus. La brune se reprend, souffle. Une buée semi-opaque s'échappe de ses lèvres. Elle détourne les yeux des profondeurs, se confond en précautions. L'eau, elle la préfère liquide que solide.
Arrive une paroi. La montagne s'effrite sous ses doigts, contre ses bottes. Ici, le givre fragilise la surface des monts. L'entre deux bâtard, avant le troisième mille. Elle tire sur son bras, attrape la main tendue de l'Hitoïde penchée vers elle, se hisse jusque la plateforme. En guise de remerciement, la plus jeune se contente d'un signe de tête. Elle a compris qu'avec Greer, les mots sonnent faux. Ils brisent le silence, tranchent sa pudeur. Et pourtant c'est la fille peinte en bleu qui s'exprime en premier.

« As-tu déjà gravi la montagne ? Jusqu’où ? »

- Sakaar. Mais pas par ce chemin.

La plus jeune se permet une seconde de silence. Elle tourne la tête, regarde l'étendue chatoyante qui s'offre à elles. Même d'ici, la vue est imprenable. Un horizon fait de vert, de blanc, de marron, à mesure que l'on s'attarde tantôt sur les Marches, tantôt sur les bois, tantôt sur les monts, plus à l'est, qui grignotent un ciel d'un azur délavé. Plus elles grimpent, plus il s'éclaircit, comme si la neige se diluait dans le ciel.

- Nous étions passées par le réseau de grottes, pour éviter cette escalade. Encore faut-il en trouver l'entrée de ce côté-ci.

Elle se détourne. Une minute de repos, c'est déjà de trop. Son regard s'accroche à celui de de sa partenaire. L'acier frôle le saphir, s'y accroche. Howahkan n'est pas du genre à détourner les yeux. Elle s'y attarde, fouille et farfouille, observe, analyse, déduit. Beaucoup n'aiment pas ce genre de mise à nue. D'autres s'y perdent. C'est parfois plus facile de communiquer ainsi.
La guerrière sait que leur duo n'a rien de normal. La logique cachée derrière la décision prise par les augures lui échappe toujours. D'autres Skaldes auraient pu mener cette quête, des botanistes expérimentés, des combattants aguerris. La voilà elle, à peine capable de différencier deux variétés d’un même plant, à gravir une montagne pour sauver un enfant aux côtés d'une quasi inconnue, réputée plus efficace seule qu'accompagnée.
C'est du suicide.
Elle aime ça.

- On pourrait essayer de les trouver. Ca nous éviterait de grimper encore toute la journée. Deux jours, si on tombe sur un oiseau coriace.



Tahn Celhán


Greer
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GreerRuvaak

Mer 13 Nov - 1:40

LE LYS INURIS


Les mots de la Werarn tranchent comme pourrait le faire ses lames. Ils corrodent l’air. Greer hoche la tête. Sakaar, oui, pourquoi pas. Son regard accompagne le sien dans l’infime contemplation. Elle connaît bien cette vue. Comprend l’attardement, même succinct, de sa comparse. Paysage millénaire, enraciné, l’écorce à peine visible sous le feuillage sylvestre. Le feuillage rongeant la roche. Elle y voit une dureté millénaire, solide. Figée, paraît-elle, alors qu’en son sein griffes et crocs déchirent l’écorce.

Figée, paraît Greer, quand le regard de Howahkan accroche le sien. Son souffle se coupe, un instant, devant les iris perle. Elle se sent y sombrer, seule la tête sortie de l’eau. Sa gorge se noue. Et dans le blanc de ses yeux, ses prunelles coulent, fuyant le magnétisme. Les yeux des autres sont les pires. Ils voient, ils captent, ils impriment. Ils la voient. Même ceux des animaux finissent par la gêner. D’instinct, elle croise les bras dans une étreinte solitaire. Manque de sursauter quand son timbre résonne à nouveau. Un grognement sourd fait vrombir sa poitrine. Elle pince les lèvres. Oui, elle y a pensé. Suivre les autres. Leur piste n’est pas si loin. Ou bien…

« On pourrait aussi partir seules. Peut-être que les rejoindre nous fera perdre du temps, car ils n’auront rien trouvé. »


Greer se détourne, évitant enfin la silhouette de sa comparse. Elle se gratte la nuque, son regard suivant le contour aiguisé des crêtes.

« De toute façon, nous les suivons depuis notre départ. », lâche-t-elle.

À la trace. Leur piste est la corde à laquelle la ruvaak se raccroche. Le fil d’incertitude étroit et effilé sur lequel le tandem marche. Pour l’instant, elle n’a pas vu leurs traces dévier, ou faire un écart inattendu. Mais rien ne dit qu’ils seront bien en vie, là-haut, entre la roche et le ciel. Sans un mot de plus, elle poursuit sa route, laissant la cadette marcher sur ses pas. Quoi qu’il advienne, il leur faudra s’élever jusqu’à sentir le givre leur mordre la moelle. Greer table déjà sur la Rotalith, plutôt que sur ce Lys Inuris qu’elle n’a jamais vu. Tant pis pour les grandes découvertes. L’urgence l’amène aux pétales carmin, plutôt qu’au fantôme d’une rumeur. Que les Atmâ les gardent de ce chemin brumeux où les augures les ont menées. Elle ne saurait dire ce que Howahkan aux yeux d’acier pense.

« Tu y crois toi, au Lys ? »


Les mots sont lancés. Elle n’irait jamais confronter les augures sur leurs décisions, ou leurs visions. L’enfant indocile qu’elle a été en aura assez fait pour toute une vie. Et la pisteuse espère, quelque part, que cette jeune femme partage ses doutes.
Tahn Celhán

Howahkan
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HowahkanWerarn

Jeu 14 Nov - 15:31


Ascension

Elle la sent, cette gêne possessive qui l'enlace. Elle la voit, cette détresse inavouable, l'ardent désir d'échapper à une situation dérangeante. L'acier qui fixe la roche plutôt que de s'attarder sur son visage. Ces deux bras dans lesquels elle se réfugie pour se protéger d'une mise à nue indésirable. Howahkan le sait, elle a cette intensité troublante dans le regard qui vous donne la sensation d'être dépouillé d'un coup d’œil, possédé. Cette mauvaise habitude à fouiller pour dénicher des trésors, à prêter attention au moindre détail. Etudier pour comprendre, analyser pour vaincre. Impossible de le résorber, au contraire de ses pulsions curieuses. Il faudrait qu'elle même détourne le regard, observe ses pieds pour parler, ou bien le décor. Qu'elle fixe la lippe de son interlocuteur pour lire ce qu'elle entend, plutôt que de chercher à piéger son âme, mais elle en est incapable.

Son coeur se serre, coupable. Elle a la sensation de l'avoir effrayé, cet animal craintif qui, malgré tout, cherche à communiquer, en dépit de tous ses efforts inconscients pour ne pas le faire fuir. C'est comme de faire craquer une brindille à l'instant crucial où, quelques secondes avant d'attaquer, le traqueur s'assure de sa position. Une bêtise qui peut coûter un gibier.
La brune n'a jamais été très douée pour ces sessions de chasse. Peut-être parce que, chaque fois, c'est elle qui marche sur le branche, choute dans un caillou, fait fuir la proie. Elle s'est toujours mieux débrouillée à défendre sa tribu, à s'attaquer aux prédateurs, quels qu'ils soient. Une maladresse auditive les fait rarement détaler en directions des territoires les plus inhospitaliers, au contraire. Ça abrège un suspens qu'elle abhorre, provoque une action dont elle se délecte plutôt.

Peut-être est-ce pour cette raison que les augures l'ont poussée à effectuer cette mission avec la skalde la plus sauvage du clan. Une façon de s'améliorer dans un des domaines qui semblait, jusqu'alors, relever d'une cause perdue.
Ont-ils conscience que le risque d'engendrer un immense fiasco est plus important que la chance de la former efficacement, que cette erreur se ferait aux détriments d'un gosse malade, de ses proches ?

La marche reprend, avant qu'elle n'ai eu le temps de répondre quoi que ce soit. Devant elle, le même panorama que plus tôt. Silhouette brune sur fond gris, la démarche monotone d'un cheminement tout tracé, il n'y a bientôt plus que le ciel qui évolue. Fermer la marche, sur une route à peine plus large qu'épaules d'homme, c'est ennuyant. À droite une paroi qui s'étiole, à gauche une paroi qui s'effrite, et devant elle 1m72 qui en font à peine '68, des tresses strictes qui débordent d'une fourrure sale et le cuir élimé de vêtements trop souvent malmenés. Peut-être encore dix minutes à avancer sur la roche glissante, et puis le plus drôle débutera.

- Tu y crois toi, au Lys ?

Pourquoi pas ?

- Il y a tellement de choses qu'on ne soupçonne pas.

Une botte après l'autre, sur les pas de son aîné. L'affaire de toute une vie.

- On passe notre temps à suivre des routes déjà tracées. Les migrations suivent toujours le même schéma, une fois établis, les zones de chasse, de cueillette, de pêche et d'exploration sont définies. On évite les territoires trop exposés, trop sombres, les Acereïdes, le nord des Marches, les souterrains, même d'atteindre le sommet des montagnes est déconseillé. Il y a des milliers d'endroits qu'on a jamais visité, il doit bien y avoir des milliers de plante qu'on ne connait pas.

Pragmatique. Mais quant à déterminer si elle seront capable de trouver, parmi ce millier d'inconnues, le lys souhaité, ça elle ne parierai pas là dessus. Elle serait bien capable de ramener au gosse le plus mortel des poisons plutôt qu'un pétale salvateur, elle ne s'en rendrait même pas compte. Et, selon la werarn, le principal problème est surtout là. Elles n'ont qu'un misérable dessin pour les guider, du charbon qui s'efface sur un ouvrage millénaire, esquissé par elle ne sait quel miracle par une apprenti augure borgne.

Avait-elle pensé dix minutes ? Bientôt, les voilà déjà confrontées à l'impasse redoutée, la seconde qu'elle gravissent depuis le début de leur voyage. Une paroi haute de plusieurs centaines de mètres, quelques rares chemins, beaucoup d'escalade. Menton levé, la guerrière détaille l'obstacle. Son regard s’abîme à chercher l'itinéraire le plus rapide, tout en repérant les prises qui, vues d'en bas, semblent les plus sécurisées. Aucun oiseau en vue, quelques bouquetins dotés d'une agilité qu'elle envie. Et pas une grotte qui se dessine dans les aspérités rugueuses. Quelle veine.
Un bref coup d'oeil au soleil, encore bien haut dans le ciel, et la voilà qui s'avance, échauffant rapidement ses bras et ses épaules pour le lourd effort à venir.

- C'est parti ...

Tahn Celhán

Greer
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GreerRuvaak

Dim 15 Déc - 22:39

LE LYS INURIS

La dureté de la roche se ressent jusque dans ses mollets. Chaque pas fait naître une douleur lancinante, de la paume des pieds au bas du dos, grignotant une vertèbre après l’autre. Le froid fait perler des larmes au coin de ses yeux. Elle les essuie d’un revers de main, effaçant au passage un peu de peinture bleue. Sa gorge est sèche, ses lèvres craquelées.  À quand remonte leur dernière pause ? Elle éloigne cette question de sa caboche. Il n’est pas question de laisser la fatigue gangrener leur temps. L’enjeu est trop important. Trop lourd peut-être, même pour des épaules aussi solides que les leurs. Mais une décision des augures ne saurait être contredite.

Greer écoute avec attention la réponse de sa comparse. Elle lui inspire un léger sourire. La carrure d’une werarn, les mots d’une aventurière. L’envie de lever les barrières construites par les anciens, les chefs et la superstition, pour pencher la tête et essayer d’y déceler des trésors enfouis. La ruvaak hoche la tête, à l’évocation des lieux interdits.

« Il y a le mur, aussi. »


Mots incontrôlables qu’elle regrette sitôt échappés. Son but secret. Gigantesque amas grisâtre, si haut qu’il semble atteindre le ciel. Réputé infranchissable. Et pourtant, les Atmâ lui soufflent de se lancer dans l’ascension, de l’enjamber, et de scruter l’inconnu qui s’étale derrière. D’autres terres ? D’autres tribus ? Ou peut-être le néant, et la muraille serait alors une protection pour qu’aucune vie n’y sombre. Mais le sujet semble tabou. L’aventure, inconcevable. Du moins, pas pour un Skalde raisonnable. Mais aucune des deux ne l’est.

En tout cas, aucune Skalde raisonnable n’échaufferait ses muscles face à la gigantesque paroi escarpée qui se dresse devant elles. Greer imite sa partenaire, levant les yeux pour tenter de percevoir le sommet. Mais ses prunelles ne croisent que le soleil, étincelant, imposant. Elle baisse le museau, perdue dans ses étirements. Inspire. Expire.

« C’est parti. Fais attention à toi. »


Lancer de dé : Intensité
1 – Ascension. Greer arrive à grimper sans encombre.
2 – Persévérance. Greer connaît quelques difficultés.
3 – Chute. Greer glisse, tombe et se blesse.



La chasseresse se frotte les mains et saisit la pierre. Ses doigts se crispent, ses biceps se tendent, alors qu’elle se hisse vers une première prise. Elle y plante le bout de sa botte, et s’y appuie avec force. Répète le geste, repérant au fur et à mesure les entailles de la nature dans la paroi glacée. Elle déglutit, poursuivant son ascension, la pulpe des doigts griffée par la caillasse. Elle inspire, le nez un peu bouché. Battement de cils. Greer suspend sa conquête de la falaise, et baisse la tête, cherchant Howahkan du regard. Se mord la lèvre inférieure. Le vide. Le sol est si loin. Il semble se rapprocher d’elle, avant de s’éloigner, puis bondir à nouveau. Greer arrache son regard de la vision, les jambes tremblantes, le corps tendu, les mains agrippées. Le myocarde affolé, elle souffle, salive. Inspire. Expire. Et grimpe à la hâte, se blessant la peau des mains au passage. Elle gémit, mais poursuit sa route vers le sommet. Manque à nouveau de perdre pied, quand une prise s’effrite soudain sous son poids et qu’elle se rattrape de justesse. Chaque poussée lui arrache un râle sourd, déterminé. Carcasse brûlante dont chaque mouvement amène une souffrance de plus. Sa respiration lui fait l’effet de verre pilé versé dans la poitrine.

Arrivée au sommet, Greer manque de s’effondrer, à bout de souffle. Elle se retourne, pour observer à nouveau le vide, à la recherche de sa camarade. Se met à plat ventre, main tendue. Regard inquiet derrière la gueule squelettique qui lui sert de masque, masquant le feu de la fatigue qui éclot sur ses joues.
Elle pourrait presque y retourner, après tout.

Tahn Celhán

Démiurge
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DémiurgeAdmin

Dim 15 Déc - 22:39
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'Intensité' :
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Howahkan
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HowahkanWerarn

Mar 24 Déc - 14:04


Menace


- Il y a le mur, aussi.

Le mur. Howahkan ne s'attendait pas à ce que sa coéquipière l'évoque. D'abord parce qu'elle ne soupçonnait pas un instant que Greer puisse juger pertinent de lui partager son avis. Puis parce que parler de Shor Weyn, sous entendre de vouloir le franchir, c'est comme de hurler au milieu du skalí qu'une expédition pour les tréfonds se prépare. Du suicide.
Mais ce n'est pas comme si elle allait la dénoncer. La werarn soutient les curieux plus qu'elle n'approuve les superstitieux, et plutôt que de s'en étonner, elle ne peut s'empêcher de laisser ses lèvres exprimer un bref sourire amusé. Le souhait de la ruvaak fait écho à ses propres vœux, ses mots raniment une braise aventurière étouffée ces derniers temps, la flamme qui jaillit brûle sa poitrine, comme prête à combattre le vent mordant. Oui, le mur. Si un jour, un skalde, ou plusieurs, se mettent en tête de l'affronter, elle en fera parti. Qu'importe sa taille, lui qui s'élève jusqu'au ciel pour narguer les étoiles, qu'importe son matériau, bien étrange, trop lisse, trop brillant, ni roc ni métal, qu'importe même la désapprobation du clan. Elle ira. Les richesses que pourraient receler les territoires au delà de l'immense paroi sont une tentation trop forte. Et puis si territoire il n'y a pas, si comme les récits le prétendent, le vide seul pourra les accueillir une fois au sommet, au moins en aura-t-elle le cœur net.

Cette pensée, la promesse d'une aventure exaltante, lui souffle une énergie nouvelle, chaleureuse et vivifiante. La falaise qui s'élève jusque l'infini brumeuse de lourds nuages gris la défie. De la vaincre sera un premier pas vers l’inébranlable Shor Weyn, le premier effort pour se hisser à son sommet.
Howahkan s'assure que son trident est bien fixé contre son dos, qu'il ne la gênera ou ne tombera pas durant l'ascension. Sa main droite s'accroche à un nœud rocheux, son biceps se contracte, elle tend le bras gauche pour glisser ses doigts dans une interstice, se hisse plus haut. Grimper est un exercice familier, un coup d’œil lui apprend quelles sont les prises les plus proches, les plus solides, mais si le travail est aisé les premiers mètres, il devient vite de plus en plus complexe au fur et à mesure de cette longue escalade. Le froid se fait plus mordant dans les hauteurs, le vent fouette son visage, la roche glacée lui déchire le bout des doigts. De ses lèvres s'échappe une buée opaque qui se cogne à la montagne impassible. Elle ralenti. Son coeur frappe dans sa cage thoracique pour propulser toujours plus d'oxygène dans ses muscles. Elle ne voit toujours pas le sommet ; à sa gauche, un affleurement rocher cède soudainement, le bruit semble assourdissant face aux seuls palpitations de son myocarde, elle se fige. Les jambes de Greer pendent dangereusement dans le vide, ses bras seuls soutiennent son poids. Howakhan retient son souffle. Elle n'entame un geste tant que son aînée ne s'est pas stabilisée. La chute aurait été mortelle.

Elle ne regarde pas en bas. Jamais. Mais elle avance lentement, se fige de nouveau. C'est comme d'escalader un glacier. La paroi devient lisse, au dessus d'elle elle ne décèle plus une seule cavité où elle peut enfouir ses doigts engourdis, aucun relief à saisir. La skalde se déporte sur la gauche pour atteindre une corniche égratignée. Elle la suit sur plusieurs mètres jusqu'à pouvoir reprendre vers le haut. Il fait tellement froid que l'air glacial assèche la transpiration qui perle à son front, mais il agresse son nez qui se défend. Elle renifle, bande ses muscles, bondit pour atteindre une prise trop lointaine. Son pied glisse une fois, deux fois. Son bras tout entier se met à trembler, menace de lâcher sans l'assistance de ses jambes. Un grognement plus tard, elle recouvre une position stable.

Il y a une ombre qui passe au dessus d'elle. Brève, soudaine, mortelle. Howahkan se fige instantanément, son regard tourné vers le sommet. L'oiseau mécanique surplombe la falaise, immense, royal. Il se dresse, majestueux, menaçant, à flanc de montagne, dix mètres au dessus d'elle.
La guerrière retient son souffle. Tout son corps est raide, elle n'ose plus faire un mouvement. La bête ne semble pas l'avoir remarquée. Greer a disparu de son champs de vision.



Tahn Celhán

Démiurge
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DémiurgeAdmin

Mar 24 Déc - 14:04
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GreerRuvaak

Ven 17 Jan - 18:50

LE LYS INURIS

Trop obsédée par l’absence de la comparse, Greer n’aura pas vu venir le sifflement dans l’air. Chant métallique des ailes déployées, tranchant le ciel en multitude de poignards. Un oiseau-tempête. Elle se précipite vers un arbre mort pour s’accroupir sous ses branches décharnées. Son regard cherche le monarque des cimes. La ruvaak en profite pour essuyer les plaies de ses mains sur ses vêtements. Sa mâchoire se crispe à chaque mouvement de paume : elle n’a rien pour bander ses blessures. Une chance que l’odeur du sang n’excite pas les machines.

Elle jette à nouveau une œillade vers la falaise : Howahkan n’est pas là. Sans doute immobile, accrochée à la falaise, à attendre que l’orage passe avant de fondre sur elle. C’est ce que Greer aurait fait. Mais malgré sa force, ses muscles lâcheront, et ses os se briseront sur la roche. Son palpitant se serre ; elle ne laissera pas cela arriver. Tapie sous l’écorce, elle observe la danse du prédateur aérien. Son instinct lui souffle qu’il ne s’en ira pas de sitôt. Il défend son territoire, déjà trop foulé ces jours derniers. A-t-il rencontré les autres Skaldes ? Peut-être sont-ils déjà perdus. Ou peut-être se sont-ils enfoncés dans les galeries, évitant de voyager à découvert.

Greer dégaine son arc, et extirpe une flèche de son carquois. Ses prunelles océan dissèquent les environs à la recherche d’une échappatoire. Devant elle s’étend le flanc de la montagne, aride immensité d’où s’élèvent des arbres endormis par l’hiver précoce. Carcasses immobiles au corps sec et aux bras noueux : une maigre protection contre la menace qui fend le ciel. Cela ne lui laisse guère le choix.

Toujours accroupie, la chasseresse se glisse vers le haut de la falaise, profitant d’un instant d’éloignement de l’oiseau mécanique. Elle penche la tête, les entrailles serrées devant le vide qui l’oppresse, à nouveau. Sa voix s’élève :

« Howahkan, tu m’entends ? Tu risques de lâcher avant qu’il parte. Je vais faire diversion. Grimpe aussi vite que tu le peux, et cours t’abriter. »

Au risque de l’attirer déjà. Mais elle ne peut laisser son binôme derrière elle, dans l’incertitude. Greer fond à nouveau vers sa cachette. Expire. La tâche sera difficile. Mais nécessaire. Flèche bleutée, elle sort en trombe de son abri, cavalant aussi vite qu’elle le peut, aussi loin que possible. La ruvaak s’arrête, semelle crissant dans la poussière, bandant son arc. Elle plisse les yeux vers le ciel cotonneux, où se découpe la silhouette artificielle. Et espère, en décochant sa flèche, lui toucher une aile.

Tahn Celhán

Howahkan
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Voir le profil de l'utilisateurhttps://tahncelhan.forumactif.com/t109-se-sentir-vivant-howahkan#294https://tahncelhan.forumactif.com/t108-howahkan-ou-l-absence-de-demie-mesure
Informations généralesGroupe : SkaldeAge : 23Sexe : FemmeAnimal totem : Borr d'ErisMonnaie : 130 izrilsInventaire : - Trident
- Armure Commune
Bandeau : https://zupimages.net/up/20/20/lslw.jpg
HowahkanWerarn

Mar 28 Jan - 19:49


secondes

Combien de temps s'est-il écoulé ? Des secondes ? Des minutes ? Le temps s'étire, il se délaye au rythme des battements de son cœur, plus il frappe, plus elle confond. Des heures semblent s'écouler entre deux battements d'ailes, d'attendre qu'ils s'effacent dans les nuages ne fait qu'exacerber sa confusion. Secondes ? Minutes ? Secondes ?
Inspirer.
Expirer.
Inspirer.
Ne pas effectuer le moindre geste, le temps importe peu face à la patience d'un prédateur, il ne fera que la troubler elle, qui ne doit pas trahir sa présence, sous aucun prétexte. Statue de chair à flanc de montagne, équilibre malhabile. Elle sent ses muscles fatigué par l'ascension effectuée commencer à trembler. Son biceps bandé d'abord, pris de tressautements que la volonté seule peut résorber, puis le deltoïde contracté. Dos, abdominaux, cuisses, mollets. Le temps passe, la fatigue déchire sa chair qui, à mesure que l'oiseau tourne sans disparaître, peine à tenir face à l'effort. Howahkan se mord la lèvre pour encaisser la douleur, elle fait basculer son poids d'une jambe à l'autre. Maigre confort.

« Howahkan, tu m’entends ? Tu risques de lâcher avant qu’il parte. Je vais faire diversion. Grimpe aussi vite que tu le peux, et cours t’abriter. »

Combien de mètres reste-il ? La skalde déplore l'absence de cette information. D'ici, elle ne voit rien. Le gris du givre se mêle au gris du ciel. Il lui faudrait tendre les bras, prendre quelques cinquante centimètres de recul pour espérer voir au delà du roc, en supposant que ce soit suffisant. Et puis, faire diversion ? Comment ? Ça reviendrait à ce que Greer attire l'attention sur elle, qui est à quelques mètres de sa position. Qu'il fonce sur la ruvaak ou la werarn, c'est du pareil au même.
Elle grimace, inspire profondément. Gonfle sa cage thoracique d'un courage glacial. Son animal totem ne lui a pas été accordé sans raison. Howahkan est le gros mammifère stupide qui fonce dans le tas, le prédateur qui nargue le vide pour le plaisir de danser avec la mort. Les missions suicides ne lui sont pas confiées pour rien.

Elle attend le signal. Prête à devancer l'oiseau, prête à devancer son ombre. Une flèche déchire le ciel. Elle ne la voit pas, elle ne l'entend pas. Mais elle entend l'automate pousser un cri perçant, suraigu.
Elle tire sur son bras, se hisse, main, interstice, pied, rebord, main, pied, main, pied. La précipitation manque de lui faire rater une corniche.

1: Elle rejoint Greer et elles se mettent à l'abri.
2: L'oiseau attaque Greer.
3: L'oiseau attaque Howahkan.


Elle la saisit de justesse. Bande les muscles, saute de nouveau.
L'ombre de l'oiseau artificiel la rattrape peu de temps avant que la serre d'acier de l'animal ne se referme sur son épaule. L'acéré de ses trois griffes affûtées fait gicler sur la glace un sang écarlate qu'elle accompagne d'une plainte de douleur. Ça la déséquilibre, ses doigts s'écorchent sur la roche saillante, la prise maladroite de l'animal se relâche alors que le vide la happe, elle dégringole d'un mètre, puis de deux avant de s'accrocher à un escarpement salvateur. Souffle coupé, douleur vrillante, myocarde qui s'emballe. Elle lève la tête vers son ennemi pour prévoir la prochaine attaque.

Tahn Celhán

Démiurge
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Informations généralesGroupe : VagabondAge : Sexe : ♀♂Monnaie : Inventaire : - La toute puissance ♥️Bandeau : https://zupimages.net/up/20/20/vbg5.jpg
DémiurgeAdmin

Mar 28 Jan - 19:49
Le membre 'Howahkan' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


'Intensité' :
HENTEN 489 S | Le Lys Inuris – ft. Howahkan Jll2
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