Le Fléau des Aghones | Dhol & Ark
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Arkhane Lohengrim
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Ven 27 Déc - 17:25


minou minou
19ème de WYRTEN 352

Le vent froid lui mord les joues. Ses minuscules dents laissent des traces rouges sur ses pommettes, sur le bout de son nez. La capuche qu'elle a basculé sur son crâne est à peine suffisante pour la protéger des éléments, elle retombe en arrière à la moindre bourrasque. Le tissu est vieux, élimé, la fourrure déchirée. Si à Nodotheim, les couturiers font un travail d'orfèvre avec la laine, le cuir et le coton, si même les plus communs des atours exhibent une qualité extraordinaire, signature de la région, aucun fil, aucun savoir faire toutefois ne peuvent supporter des décennies d'usage. Son manteau est vieux, l'héritage d'une femme qui n'a plus l'occasion de le porter. Il a fait face aux pires intempéries, aux plus intenses tempêtes, subit le courroux des rats et des norhmas, il a perdu force et souplesse, mais il tient encore chaud. Et Arkhane n'a ni le temps, ni l'argent, ni même que l'envie d'aller perdre des heures à parcourir les rues marchandes de la Rocheuse pour lui trouver un remplaçant.
Une nouvelle fois, elle tire sur la fourrure pour la réajuster. Il n'a pas encore commencé à neiger, une chance sinon le voyage aurait été impossible. Les chemins qui se tracent au travers de la Retraite sont difficiles à emprunter. Les rares qui existent relèvent parfois plus de coulées de terre que de véritables routes. Des sillons traîtres dans les aspérités rocailleuses balisés tous les kilomètres par des pierres d'un ocre singulier. Un semblant de sécurité pour se frayer un chemin entre deux villes dans un territoire qu'aucun homme ne contrôle. En dehors des villes, la faune est plus hostile que le vide, et si la poudreuse recouvre autant les jalons que les sentiers, c'est la mort assurée.

Arkhane n'a jamais beaucoup voyagé. Une fois elle a accompagné ses parents jusque Threlheim, baronnie marchande plus riche qu'aucune autre, davantage certainement du commerce d'êtres humains que de celui des marchandises qui transitent par son fleuve. Ce fut son unique expérience, un voyage long d'une dizaine de jours où elle se souvient davantage des plaintes de son cadet, impatient d'arriver, terrifié par l'idée d'une attaque de pilleurs que de la beauté du paysage. Il avait plut tout du long.
Ce voyage-ci ne l'inspirait pas beaucoup plus. Arkhane ne connaissait de la montagne que ce qu'on avait bien voulu lui raconter, mille et une histoires toutes plus rocambolesques les unes que les autres. Les rumeurs sur des loups qui attaqueraient une fois la nuit tombée, celles sur les ours, sur des félins dôtés de deux paires d'yeux et d'autres monstres à visage humain. Les contes sur les beautés nocturnes qui fendent le ciel de voiles colorés s'étaient, curieusement, fais beaucoup plus rares.
Voyager seule, avec un homme qu'elle exécrait, à destination d'une ville qu'elle ne connaissait que de réputation était stupide.

Cette idée tournait en boucle dans son esprit. Elle n'avait pas dormi de la nuit, ni celle avant de partir, ni la première de leur voyage, ni la seconde, alors qu'ils s'étaient arrêtés dans un petit village à flanc de roc. La fatigue ne lui pesait pas, pas encore, elle avait connue plus douloureuses insomnies, mais ça ne cessait de la tourmenter. Et tout ça pour quoi ? Que Dhol lui révèle quelques indices sur la disparition d'un homme qui méritait de pourrir au sommet de l'un des volcans de la Genèse ?
C'était stupide.
Son père pourrait-il tenir l'auberge sans son aide ? Et s'il y avait des conflits ? Il y a toujours du monde en fin de semaine, la pression se relâche, pourrait-il gérer la clientèle ? La cuisine ? Les chambres ? Belagdan a promis d'aider, mais le fera-t-il ? Elle n'a plus confiance en son frère, il ne sait pas assumer ses responsabilités. Et tout ça pour quoi ?

Arkhane inspire profondément. L'air gelé lui brûle la trachée. Encore quelques heures et ils auront en vue la cité immaculée. Pour attraper un chat. Juste un chat. Elle soupçonne quelques transactions illégales pour justifier pareil voyage, la récompense seule n'est pas un attrait suffisant, pas pour un noble.

- J'espère que ce chat n'aura pas été attrapé avant qu'on arrive.

Elle espère surtout qu'il a pu s'enfuir. Arkhane n'approuve pas la violence, quelle qu'elle soit, décapiter un félin gourmand, c'est rien de plus que de la barbarie. Elle n'a rien dit bien sur, mais s'ils trouvent ce matou elle compte bien l'emmener loin de la ville pyramidale pour lui épargner la violence d'une noblesse narcissique.
 


Tahn Celhán


Dhol Vokonov
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Dhol VokonovVithang

Dim 5 Jan - 1:53

UN POUR DEUX ~ Bienvenu en Enfers


« J'espère que ce chat n'aura pas été attrapé avant qu'on arrive. » Je suis encore étonné que l’aubergiste ait accepté de m’accompagner dans cette futile quête. Du moins, je ne lui avais pas tout précisé sur le but exact d’aller mettre un terme à la vie d’un félin. Chose que je ne ferais pas. Je ne suis pas partisan de tuer inutilement. Il m’est déjà arrivé de tuer pour me nourrir durant les excursions dans les plaines mais rien qui ne ressemble à un bipède. Et j’ose espérer que je n’aurais jamais cette occasion d’expérimenter cette funeste obligation. Pour cette mission, j’avais décidé d’adapter ma tenue à la spécificité de la ville voisine. Conservé mes habituels apparats sombres mais arborait une cape immaculée et or. C'est la tenue que j'avais prévu pour mon arrivée. J’avais tenue à être resplendissant afin de ne pas jurer parmi les hauts dignitaires de la ville. De même, mon grand-père avait profité à ce que j’envoie ses amitiés à la Baronne. Quel fayot, celui-là, je te jure ! Mais en bon fils et dévot, j’avais enveloppé son présent avec précaution et posé dans une soute, sous le siège de ma voiture. Pour cette fois, j’avais décidé de conduire. Habituellement, je me fais emmener mais pour cette fois, je tenais à m’imposer du début jusqu’à la fin. Il n’était pas question que je permette à un quelconque imprévu. Trois jours pour parcourir la distance entre les deux villes, heureusement que j’avais prévu tout l’attirail et les pièces afin de se sustenter et se reposer. « Je sais que nous ne sommes plus très loin mais la voiture a besoin de se reposer. On va passer la nuit dans ce village » Je gare la voiture prévue à cet effet et j’aide la demoiselle à descendre, nos sacs en main. Je ne suis pas qu’un acariâtre, je sais me montrer serviable – d’autant qu’elle ne sera pas déçue du voyage. Je sonne pour annoncer notre venue et une dame rondelette nous accueille, les aléas de la vie imprimées sur son visage. « Deux chambres les plus apprêtées. » Elle regarde dans ce qui semble être son cahier de route, puis retire ses lunettes en demi-lune. « Je crains de ne pouvoir répondre à votre demande, il ne reste plus qu’une grande chambre. » Je ferme les yeux, retenant un juron et arbore un adorable et hypocrite sourire. « Nous acceptons » Un regard froid à ma partenaire, intimant de retenir ses insupportables remontrances me concernant. Je sais qu'elle apprécie de me faire part de ses futiles avis et son dégout bien placé pour ma personne. Clé obtenue, l’aubergiste nous guide dans ce qui sera ma prison. Un grand lit – pour le commun des mortels – donc pas aussi grand que le mien, une chaise et une table, à côté une salle d’eau et les vespasiennes. Rien d’autres pour se cacher loin de la rousse.

Foutu voyage, il aura ma peau.


Tahn Celhán

Arkhane Lohengrim
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Dim 5 Jan - 11:15


Feu

« La voiture a besoin de se reposer. » N'est-ce pas plutôt le chauffeur, qui fatigue ? D'être conduit lors de chacune de ses excursions ne doit pas l'endurcir, pauvre petit nobliau.
Arkhane réprime la répartie qui lui mord la langue. Il y a tellement d'occasions de l'insulter, à croire qu'il le fait exprès. Mais ce n'est pas tant la justification de cet arrêt obligatoire qui la fait tiquer, mais l'arrêt en lui même. Selon ses calculs, et elle est certaine qu'ils sont justes, ils devraient arriver aux portes d'Agrildheim peu après la tombée de la nuit. Ils auraient pu loger dans l'enceinte de la cité blanche, plutôt que de gâcher encore une demi journée. N'a-t-il donc que ça a faire, voyager, profiter ? Se payer le luxe d'une auberge, d'un véhicule motorisé, de l'essence ? Les chemins qu'ils ont empruntés sont si sinueux qu'ils auraient le plus souvent gagné à y aller à cheval.
Au moins a-t-elle fait l'expérience de ce genre de véhicule, d'ordinaire réservé à l'élite Haarvarne. Noblesse, Hân. Mais pas le Cyvir, ça ferait mauvais genre, la richesse ostentatoire pour narguer les orphelins élevés au pain et à l'eau. Pas le Cyvir, hormis Dhol, qui se moque de tout.

Elle aurait préféré sortir sans son aide. Question de principe. Mais sa robe se coince entre le siège et la portière, et le temps qu'elle l'y déloge, l'artisan a déjà fait le tour de l'habitacle pour venir lui tendre une main galante. Main qu'elle saisit, après un regard lourd de tous ses ressentiments. Le gant se referme sur sa chair, il la soutient quand elle descend, puis il porte leurs bagages. Elle soupçonne une volonté d'impressionner plutôt qu'une véritable courtoisie. Arkhane n'est pas une belle et fragile woran qui n'aurait pas même les forces pour soulever son sac. Elle le fait tous les jours, car rares sont les voyageurs qui s'arrêtent dormir à l'auberge sans la moindre affaire. Elle peut se débrouiller seule.
Mais ils arrivent devant la tenancière avant qu'elle ne puisse émettre la moindre opposition. Elle doit faire tâche, à côté de lui, élégamment paré d'ébène et d'or. Sa robe est blanche, un miracle, mais terne, cintrée par un corset beige qui la rend plus fine encore qu'elle ne l'est déjà. Si elle avait su qu'ils n'iraient pas immédiatement en ville, elle aurait enfilé autre chose, pour éviter de la tâcher. Le manteau est brun, le seul dont elle dispose pour faire face au froid des montagnes. Tant pis pour les critères de la baronne. Des vêtements trop simples, trop délavés, qui trahissent son appartenance à un autre monde. Et il lui porte ses bagages. Ne craint-il donc pas pour sa réputation ?

Une seule chambre. Bien sûr. Pourquoi aurait-il fallu que ce périple tourne à son avantage. Et elle ne doit rien dire, évidemment, l'importance du paraître pour un homme qui n'assume même pas tout à fait qui il est. L'esoèd serre les dents, on voit sa mâchoire qui se contracte, elle s'obstine en un mutisme contraint.
Pourquoi a-t-elle accepté déjà ?

La pièce est plus grande que ce qu'elle imaginait. Mais il n'y a qu'un seul lit. Ou bien une chaise, pour l'inconfort. Elle préférerait presque dormir dessus.  

- Ça aurait été dommage de faire trois heures de route supplémentaires n'est-ce pas ?

Plus insolent encore je vous prie.

Arkhane n'attend aucune réponse. Elle se départi de son manteau, qu'elle pose sur le dos de la chaise. La fraîcheur de la chambre lui tire aussitôt un frisson. La cheminée qui fait face au lit semble fonctionnelle, et il y a du bois dans une cavité du mur. Elle s'en approche pour préparer un feu. Un client avait un jour dit qu'il s'agissait de l'affaire des hommes, de manipuler les flammes. Sa mère lui répétait que « ce qu'un homme sait faire, une femme doit savoir le faire. » Et puis elle n'aurait pas parié que Dhol sache provoquer la moindre étincelle, hormis celle, de haine, qu'il fait trop souvent flamboyer dans ses yeux.
Il lui faut quelques secondes pour qu'une légère fumée se dégage des brindilles. Le gris se mue en ocre quand une flamme naît du bois. D'ici quelques minutes, ce sera un feu brûlant qui s’élèvera dans l'âtre pour réchauffer la pièce.
La rouquine se relève. Elle manque d'effectuer un automatisme qui lui aurait valu des tâches incommodantes sur le presque immaculé de son vêtement. Elle n'a pas de tablier sur lequel s'essuyer les mains, alors elle les frotte entre elles pour faire tomber la poussière de bois qui macule ses paumes.
Puis direction la salle d'eau, pour inspecter les installations. Une grande baignoire, à croire que tout à vraiment été prévu pour deux, installée sur un sol fait de planches de bois, un lavabo surmonté d'un large miroir orné. L'idée d'un bain la tenterait bien, après deux jours de sommaire toilette. Il semble même qu'il y ai un raccordement en eau chaude et des boules de mousses. Mais la présence seule d'un indésirable derrière la porte refroidit ses ardeurs.
Le bain sera pour une autre fois.

Arkhane retourne dans la chambre. Quitte à devoir passer la soirée avec Dhol, autant rendre ça constructif.

- Qu'est ce qu'on fait, une fois à Agrildheim. " Bonjour madame la baronne " ? Ou il faut commencer par trouver l'animal ?

La question qui l'intérèsse le plus serait plutôt « pourquoi m'imposer un voyage jusque Agrildheim ? Est-ce que c'est lié au marché noir ? Pourquoi avoir besoin de moi ? », mais elle s'abstient. Arkhane a déjà pu constater que Dhol peut se montrer aussi buté qu'elle, une qualité qui la met néanmoins hors d'elle quand elle est responsable d'autant de secrets, puisqu'il s'obstine à garder le silence. Elle sait que la poser trop tôt risquerait surtout qu'il se taise jusque la mettre devant le fait accompli.


Tahn Celhán


Dhol Vokonov
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Dhol VokonovVithang

Lun 6 Jan - 11:25

Piou-piou, nous voilà !



« Ça aurait été dommage de faire trois heures de route supplémentaires n'est-ce pas ? » Je roule des yeux face à son impertinence. Elle ne savait jamais se taire, c’était plus fort qu’elle. A croire qu’elle était payée à se perdre en salive. « Ce qui aurait été dommage, c’est de se faire arrêter pour non-respect du couvre-feu mis récemment en place. » Celui de la ville voisine étant bien plutôt que le nôtre et surtout, sous conseil du gâteux, il était bon ton d’arriver en matinée qu’en fin de journée. Je ne voulais donc pas commettre d’impair et faire mettre sous geôle l’insupportable accompagnatrice. J’avais déjà hâte d’observer à loisir sa réaction dans ce moment précis. J’en frisonne d’avance. Je dépose nos valises près de la porte, si elle continue, je la mets dehors et là, elle aura tout l’oisiveté de s’épancher sur ses ressentiments négatifs à mon encontre. Je détache méticuleusement ma cape sur le portant et en fait autant avec le manteau de la demoiselle. Je détache deux boutons de ma tunique, pour mieux respirer. Je sors un grimoire que je pose sur l’unique bureau et prends place afin d’étudier sur les animaux en question qui ont perdu vie. Si on peut tenter d’en attraper d’autres et les offrir à la Baronne, obtenir ce que je veux de sa part, je ne vais pas me faire prier. Ca me donnera l’occasion de tester ce qu’on appelle catapulte. Un regard en coin, Arkhane se lance dans le feu. Ma foi ! Plus utile que je ne le pensais. Mais je me garde bien de lui dire que cette initiative est fort appréciable. Bien plus que de l’entendre ouvrir le bec. La chaleur se fait ressentir, je suis tenté de la remercier mais je retiens également. « Qu'est ce qu'on fait, une fois à Agrildheim. " Bonjour madame la baronne " ? Ou il faut commencer par trouver l'animal ? » Roulade d’yeux encore une fois. Je pivote vers sa personne, la regardant durement. « Tu suis et t’arrête de poser des questions futiles. » J’aurais pu lui parler du plan mais le son de sa voix est telle une torture à vivre d’autant quand elle fait dans le sarcasme. « Mais je pense que je vais te laisser avec elle, si tu prends cela à la légère. Je ne doute pas qu’elle sera ravie d’échanger avec le commun des mortels. » Je lui intime de se rapprocher afin de lui présenter les plumés à attraper. « Non seulement, on va aller chercher le félin et lui offrir des nouveaux Aghones. » Je l'observe, cueillant sa réaction, voyant son cerveau fumer.
Tahn Celhán

Arkhane Lohengrim
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Lun 6 Jan - 20:18


Plume

- Ce qui aurait été dommage, c’est de se faire arrêter pour non-respect du couvre-feu mis récemment en place.

Un couvre-feu. Et il le savait. Et il n'a rien dit, préférant prétexter une nécessité technique qu'un respect culturel.
Elle ne le maudit même pas. Elle se maudit elle même, l'idiote, qui l'a cru. L'idiote qui n'a même pas cherché à comprendre, qui sauté sur l'occasion d'exprimer son mépris, plutôt que sur celle de se taire.
Elle aurait du. Elle le fait bien, d'habitude. Sourire aimable et mutisme volontaire, pour taire ses acérées pensées. Elle est passée où, l'esoèd prudente, trop sévère, trop responsable ? Qui prend le temps de peser le pour et le contre de chaque palabre pour s'éviter le moindre risque d'une défaite cuisante, qui tourne sept fois sa langue dans sa bouche avant de cracher son venin, seulement une fois certaine qu'elle aura le dernier mot ?

Sa colère l'aveugle. Elle la rend négligente, impulsive, d'attaquer la démuni, tellement qu'elle en vient même à donner les armes qui viendront la frapper.
Elle ne se reconnait plus. Inspirer, marcher, allumer à un feu, penser à un bain, revenir, ça n'y change rien. Elle ressaute à deux pieds joints dedans, elle en redemande. Son propre comportement la déçoit. C'est comme si sa raison revenait après un petit somme, constatait des dégâts causés par ses émotions. Arkhane se souvient qu'elle les préfère enfouies, elles aussi. À côté du coffre aux souvenirs. Mais quand l'un émerge, le second aussi, et Dhol a remué tout ce à quoi il ne fallait pas toucher.
Elle se déteste de l'avoir laissé y mettre la main, farfouiller dans la malle à la recherche d'un trésor brisé, ne faire que dégueuler la douleur et la rage. Elle se débecte, de le laisser la voir dans cet état. Lui, plus qu'aucun autre.

Arkhane n'a plus rien envie d'ajouter. Elle aimerait aller prendre l'air, histoire de faire du ménage dans son subconscient troublé. Elle aurait préféré qu'il n'ajoute finalement rien, ça lui aurait donné une raison de s'éloigner. Mais elle ne peut pas rester muette face à cette ambition. Après la chasse au chat, une chasse aux poulets. Parfait.
Son regard s'attarde sur l'ouvrage qu'il a ouvert sur le bureau. Un vert de jade terni par une culpabilité qu'elle n'évoquera pas. Il s'arrête sur les plumes de l'aghone, son port noble, ses deux paires d'ailes. Elle aimerait en avoir, pour s'envoler, disparaître. Ce n'est plus suffisant de sauter d'un cerceau à un autre à dix mètres du sol. Parfois, elle préférerait tomber, ressentir cette peur, cette exaltation, même si ça ne dure qu'une seconde.

Après un long moment de silence, à fixer l'oiseau, son ton se fait plus bas. À croire qu'il l'a vexée.
Qu'il ne se méprenne pas.

- Où est-ce qu'on les trouve ?



Tahn Celhán


Dhol Vokonov
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Dhol VokonovVithang

Lun 27 Jan - 12:56
1 : Il les laisse passer
2 : Ils sont séparés
3 : Bagarre remportée par Dhol.
Démiurge
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Lun 27 Jan - 12:56
Le membre 'Dhol Vokonov' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


'Intensité' :
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Dhol Vokonov
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Dhol VokonovVithang

Lun 27 Jan - 13:17


Sa faute


Elle ne réplique pas, conserve même le silence. Ce qui me surprend grandement, sachant qu’elle m’avait fait part de son talent à être sarcastique et d’être une pénible compagnie. Mais non, rien que le froissement des pages brise la quiétude de la pièce. Je jubile intérieurement.

Lui clouer le bec est une passion.
Mais l’avoir fait dans les règles de l’Art, c’est d’autant plus jouissif. Tu moufte plus là hein ?

D’extérieur, je me contente juste de la fixer, de me délecter de l’expression de son visage. Si j’avais une de ces boites à souvenirs, je l’aurais prise sans ménagement. Plaisir coupable qui s’évapore quand elle reprend ses esprits. « Où est-ce qu'on les trouve ? »

Je prends le temps de la réflexion. Je ne pouvais pas lui dire que je n’avais pas de plan. Je gagne du temps en nous servant deux verres d’eau. Je vide le mien d’une traite. « Allons nous sustenter. Et je t’expliquerais tout au moment voulu. » Qui sait, j’aurais peut-être confectionné notre attaque. Je ne lui laisse guère le temps d’objecter.

A dire vrai, je ne lui laisse plus aucun champ libre. Elle possède cette acuité à s’insérer dans les failles et les renvoyer faisant des dégâts insoupçonnés. L’empêcher de réfléchir, de détecter les défauts. Pour le moment, je la muselle. Ensuite, je distillerais juste une phrase et elle s’emballera et j’aurais qu’à être spectateur de cet intelligent cerveau. Ca me fait mal de l'avouer, mais c'était la réalité.

Nous quittons notre chambrée et je la laisse passer, pour refermer derrière nous. Nous prenons les escaliers et arrivons dans l’arrière de l’auberge. L’ambiance se fait plus joviale. Les baladins s’évertuent à dépeindre les nobliaux. Je me surprends à apprécier de ne pas avoir mis ma cape. De toute manière, il n’est guère prudent d’afficher sa richesse avant d’avoir mis les pieds à destination.

Je laisse ma partenaire nous frayer un chemin quand sans le comprendre, mon avancée s’entrechoque sur son corps. Etant bien plus grande qu’elle, je dévisage l’homme qui nous fait face. « Ma jolie, tu n’es guère d’ici. Un peu de bon temps en ma compagnie. » Je ferme les yeux, et soupire. Comme si nous avions besoin de cela. J’aurais pu me décaler, la laisser se débrouiller avec ce nuisible.

Ne faut pas croire qu’elle soit douce. Il n’y a que son enveloppe charnelle qui l’est. Pour le reste, c’est un couperet. On peut vite y perdre sa main. Mais réputation oblige, je viens coller son corps contre le mien afin de pivoter et lui faire face au gentil bênet.

« Elle est mienne »
Dit à haute voix, cela viole mes oreilles. [color:c951=#66cc66« C’est à la demoiselle que je parlais. » Il est persévérant. J’aurais peut-être dû laisser l’arme ambulante faire.

« Ose poser tes mains sales sur mon épouse et je te fais manger le gras de ton bide. » Yeux dilatés, je me prépare mentalement à devoir me battre. Tout cela pour une femme qui ne compte même pas pour moi. Et dont, je ne risque pas de gouter à son entrecuisses. Dhol, que t’arrive-t-il ? Il me jauge. J’arque un sourcil, signe d’impatience. Ma mâchoire se contracte, prête, poing qui s’arme. Et il s’écarte. J’expire de soulagement.

Je prends brutalement le poignet d’Arkhane et nous nous installons enfin à une table libre. « Tu ne pouvais pas naître disgracieuse aussi » Je le crache ce demi compliment.
Tahn Celhán

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Sam 8 Fév - 19:31


Ocre

Il commence à se faire tard. Dehors, l'astre diurne a disparu, masqué par les plus hauts pics de la Rocheuse. À une époque, safre, prune, ocre, indigo et aniline auraient éveillé le ciel de couleurs éclatantes, le temps de quelques minutes c'aurait été des traits de peinture qui auraient fendu l'étendue céleste alors que la nuit n'avait pas encore tout à fait pris ses droits sur Verheim. Mais Wyrten s'impose, le froid s'immisce, c'est un monstre avide qui grignote la montagne et qui s'instille, toujours plus vif, au sein de chaque foyer, au creux des draps, sous la laine et dans la soie.
Le gris terne règne sur le continent, il alourdit le monde de nuages opaques qui étouffent la lumière. Il fait nuit déjà, et dans l'auberge ce ne sont que des bougies qui dispensent un peu de lumière.

Arkhane se fraie un chemin dans la salle, plus remplie qu'à leur arrivée. Son petit gabarit lui permet de se faufiler sans mal, elle se stoppe néanmoins quand une masse s'impose sur sa route et la fixe sans faire le moindre geste pour s'éloigner. Elle s'apprête à le contourner alors, il se meut pour l'empêcher de passer.

« Ma jolie, tu n’es guère d’ici. Un peu de bon temps en ma compagnie. »

La rouquine entrouvre les lèvres pour lui rétorquer son refus. La répartie ne lui manque pas, mais une caresse la stoppe avant qu'elle n'émette le moindre son. Sur son ventre, c'est la possessivité d'une main gantée qui s'impose comme symbole d'un mensonge éhonté, et d'une pression, c'est son être tout entier que Dhol revendique comme étant sien.
D'un geste, il réveille tout le mépris qu'elle a à son encontre. La colère qui se tapit, qu'elle voulait étouffer, il la fait danser d'un effleurement, ses ressentiments lui sautent à la gueule et elle doit serrer les dents pour n'en trahir aucun.
Elle recule contre son gré quand Dhol la tire contre lui, sa maladresse la pousse à lui écraser le pied, mais si la violence commise fut initialement tout à fait involontaire, elle prend soin d'y appuyer tout son poids dès lors qu'elle en prend conscience.
Oups.

« Elle est mienne. »

Elle aimerait grincer des dents.
C'est donc ainsi qu'il séduit les femmes ? En confiant, une octave plus bas, une possessivité illégitime ? Comme si sa voix pouvaient la faire vibrer.
Elle
n'est
pas
un
objet.


Pas plus qu'elle n'est son épouse.
Quelle idée répugnante.
Elle se retient de le contredire. Elle en meurt d'envie, mais ça n'aurait arrangé personne, elle n'est pas assez idiote pour les trahir. Leur opposant tourne les talons, convaincu. Alors elle lui envoie, d'un coup bref mais percutant, son coude dans les côtes, pour qu'il relâche sa poigne sur son ventre. Un coup de coude pour reprendre la souveraineté de son propre corps, c'est peu payé alors qu'il lui saisit le poignet une seconde plus tard.


« Tu ne pouvais pas naître disgracieuse aussi »

Face à la table, elle esquisse un sourire. Lui cracher qu'elle aurait pu se débrouiller seule serait trop prévisible. Celui qu'elle ne lui appartient pas aussi, il n'attendrait que ça finalement, la voir fulminer, s'insurger de ce comportement malotru. Un noble comme un autre qui prend ce qu'il veut quand il veut.
Non. Elle va jouer à un autre jeu. Colère ravalée, elle se penche sur la table pour lui faire profiter de sa répartie.

«C'aurait été dommage de se passer de ce contact. »

Ton mielleux, mauvais. À lui de trancher.
Elle s'assoit. Ne revient ni sur les gestes qu'il eu le culot d'effectuer à son encontre, ni sur ses paroles.
Une serveuse déjà approche. Son embonpoint trahit la qualité de la cuisine. Elle ne quitte pas le woran des yeux alors qu'elle énonce les mets du menu, l'homme après tout est seul décisionnaire. Arkhane prend toutefois la parole avant lui. Serveuse, elle sait le coût de chacun des plats, des vins et des desserts. Et elle sait ce qu'elle veut. Elle commande ce qu'il y a de plus cher. Et quand la dame s'étonne, après tout ni l'un ni l'autre ne semblent trahir d'ostensible signes de richesse, la saltimbanque pose sa main sur celle du scarifié, puis elle esquisse un sourire.

« Mon époux a quelque chose à se faire pardonner. »

Vengeance facile. Mais s'il veut jouer au couple parfait, ils vont jouer.


Tahn Celhán


Dhol Vokonov
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Dhol VokonovVithang

Dim 9 Fév - 13:18

Viens jouer avec moi ?



«C'aurait été dommage de se passer de ce contact. »

Sourire en coin. Mademoiselle a envie de s’amuser. Je soupire longuement. Je triture mon menton, guère l’envie de la regarder, d’affronter encore une fois, ce regard qui se montrer, assez menaçant par moment. Quoi que, j’ai imprimé en mon être, celui que j’ai pu apercevoir dans la bibliothèque. Rien de plus jouissif d’avoir entre aperçu, une faille de ce petit corps. Etranglée par d'accablants souvenirs. J'ai compris, à triste titre, qu'on vivait le même déplorable état. Mais j'ai choisi de la torturer avec, plus encore. Et je ne louperais rien de cela. Cela me permet au moins de ne pas perdre totalement la raison, face à ce colérique minois.

On est peut-être hors de nos terres mais je n’avais aucune intention de tisser une once de lien avec elle. Enfin, pas plus que ce qui m’a été demandé. Une serveuse prend nos commandes et je sirote le breuvage, douce amertume qui dévale en mon être. Griser mes cellules, bâtir un plan, cela pourra m’aider. Gobelet qui tremble. Le manque surgit. Je cache mes doigts gantés. Ce n’était pas le moment. Et je m’étais fait le pari de ne pas emmener de réserve.

Cesser abruptement.
Croire que je peux le faire.
Du moins, après la dernière qui fut avant de partir.
Mon corps n’aurait pas dû réclamer avant un laps de temps.

« Mon époux a quelque chose à se faire pardonner. »

Le contact physique me sort de ma torpeur. Je foudroie cette violation de mon être, d'un acéré regard sur cette union forcée.. Réveiller un animal écorché, c’est jamais judicieux quand on n’a pas les armes pour le calmer. Mais à ce que cela ne tienne. Je porte sa main à mes lèvres. Et je reporte mon attention sur la serveuse, à nouveau.

« Tout ce qui lui plaira.. Savez-vous qu’à mesure où je m’incline face à ses envies, plus j’obtiens de retour des plus délicieux. Il va de soi, que je ne lésine pas sur les moyens. »


Clin d’œil à la tierce personne, rougissant de plus belle. Caméléon qui se mue, s'arme dans l'unique but de porter le coup fatal.

« Chance inouie d’avoir une tendre et unique personne partageant ma couche, merci d’être toi ma sublime épouse. »

Je crache des mots qui m’écorche la gueule. J’aurais préféré l’étrangler sur la place publique mais il ne fallait pas jouer avec moi. J’aimais trop endosser un costume, et détruire détail par détail. Et je comptais bien l’anéantir.

En guise de témoin de cet infâme et hypocrite amour, je prends appui sur la table, emprisonne le menton d’Arkhane entre mon pouce et mon index, et j’appose mes lèvres sur les siennes.

Un fugace baiser qui me torpille.
Sang qui bouillonne.
Haine montant d'un cran.
Arrêt de mort signé.

D’extérieur, dix secondes. Dans mon être, un éternelle enfer. Un homme faisant du zèle en glorifiant sa moitié. Je reprends ma place, sourire victorieux pour parfaire mon rôle.

«  Je vous en prie, ne nous faites pas attendre, j’aimerais bien poursuivre .. Vous avez saisi » Elle se montre, hésitante, désabusée, un brin envieuse et repart enfin en cuisine.

Toute jovialité disparait de mon être. Je vide d’une traite mon verre. Regard noir, dégoûté et sali par une piètre joueuse.

« Conserve donc ton fiel et ta salive pour ton grand amour, tu nous feras gagner du temps, mon épouse. »

Je la zyeute de haut en bas. As-tu compris, à qui tu avais à faire, à présent ? Je ne suis pas Ascalon, je n'ai que faire de ta personne. Tu es insignifiante. Et de le même état que moi, alors n'oublie pas. J'ai mal et tu seras la priviligiée pour en connaître l'étendu.

« Je n’ai plus d’âme, tâche de t’en souvenir à présent »

Tahn Celhán

Arkhane Lohengrim
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Mar 11 Fév - 21:50


Orage

L'ambre s'assombrit. Dans les yeux du woran, ce sont des nuages d'orage qui s'accumulent, le fracas d'une tempête soudaine qui la menace. Des éclairs qui jaillissent du ciel pour la transpercer d'un regard.
Mais ils ne sont que ça. Des éclairs, de belles lumières qui déchirent la nuit, indolores, lourds d'une promesse qui ne se concrétisera peut-être jamais.

Le déluge s'apaise dès lors que le jeune homme se tourne vers l'aubergiste. La colère soudaine, trahie certainement par la surprise de l'initiative de son 'épouse', s'éteint, du moins elle le prétexte, pour laisser la scène à un amour feint. Respect, passion et dévotion font chavirer le cœur de la spectatrice sans néanmoins pouvoir convaincre la principale concernée.

« Chance inouïe d’avoir une tendre et unique personne partageant ma couche, merci d’être toi ma sublime épouse. »

Merci d'être toi, ma sublime épouse.

Elle ne t'a pas trop arraché la gorge celle-là ?

Jusqu'où est-il prêt à aller pour avoir le dernier mot ? À quelles horreurs concédera-t-il pour le plaisir de la faire taire ? Dhol est un adversaire redoutable, prêt à tout ou presque pour la vaincre. Elle soupçonne qu'il cède à franchir des frontières que d'aucun n'auraient pas eu le scrupule d'outrepasser pour le plaisir de la battre à son propre jeu.

Et il le fait. Quelle enflure.

Il emprisonne son visage entre ses doigts. Ses lèvres frôlent les siennes dans un baiser volé. Un mensonge au goût sucré. Elle y ferait bien jouer ses crocs, remplacer la saveur du vin par celle du sang donnerait à cet échange une dimension plus honnête. Mais elle n'en fait rien, et contre sa lippe, elle s'autorise même un sourire, celui que leur spectatrice prendra pour une marque de tendresse.
Craignait-il qu'elle se recule ? Inutile de la contraindre, quand il s'agit de se donner en spectacle, la saltimbanque ne lésine pas sur les moyens.
Elle lui a promis un jeu. S'il n'a que ça comme atout, il ne va pas faire long feu.

Vient le plus amusant. Ce sourire victorieux qui trône sur sa gueule cassée, traître d'une certitude erronée.

Oh Dhol ... Tu as vraiment cru me troubler ?

Surprise. Ce ne sont ni haine ni mépris qui se disputent la souveraineté de ses émotions.

« Conserve donc ton fiel et ta salive pour ton grand amour, tu nous feras gagner du temps, mon épouse. Je n’ai plus d’âme, tâche de t’en souvenir à présent »

Alors il croit dominer. Vraiment. Elle hésite cette fois. Jouer la comédie, celle de la femme vaincue par un culot dont elle aurait été incapable, ou assumer pleinement ?
Tellement tentant. Juste pour pouvoir se délecter de sa surprise, de son désabusement, elle aimerait répondre.

Ce baiser qui t’écœure, ces caresses et ces compliments que tu t'es forcé d'énoncer, pour du vent.

Rien qu'un instant, elle aimerait savourer cette victoire.

Un combat gagné, rien de plus Arkhane. Ne baisses pas ta garde.

Un sourire alors. C'est tout ce qu'elle trahi.
Ses doigts jouent avec son verre, le vin tourne dans le godet lascivement tandis qu'elle le jauge du regard, lui qui se désinfecte les lèvres à grandes gorgées d'alcool.
Amusant.

Tu n'as plus d'âme ? Laisses moi rire.

« Ton âme est toujours là. Un peu trop d'ailleurs il semblerait. »

Elle lui accorde un clin d'oeil avant de boire une gorgée, unique, pour le plaisir de savourer une boisson étrangère. Elle n'a pas besoin de s'anesthésier la bouche pour oublier leur échange, contrairement à lui, Arkhane n'a pas ressenti le moindre dégoût.

Mes lèvres, mon cou, si tu savais le nombre de baisers reçus pour transporter une foule ravie. Un de plus, un de moins ...

Réfléchir. Prévoir le prochain coup. Ne pas le laisser reprendre du terrain.
Cette victoire n'a été que le résultat d'une erreur, qu'il a commise. Parce qu'il l'a sous estimée. Parce qu'il a pris pour acquis des idées sans preuves, car il a accordé de l'importance à des gestes qui n'ont plus aucune valeur pour elle. Lui, néanmoins, semble leur accorder assez de crédit pour juger ce contact important. Assez pour trahir son dégoût.

Il faudra plus que ça pour me battre à ce jeu là. Je dispose de cartes dont tu ne soupçonnes pas l'existence.

Et la soif de vaincre, le besoin de blesser. Lui, particulièrement. De le détruire.

« Et cet oiseau alors ?  »

Sourire innocent, femme d'affaire qui s'est souvenue comment enterrer ses émotions pour atteindre son objectif.


Tahn Celhán


Dhol Vokonov
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Dhol VokonovVithang

Dim 8 Mar - 9:51

Mauvais calcul


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Tahn Celhán

Arkhane Lohengrim
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Jeu 19 Mar - 17:43


Fard et miel

Elle ne refera pas cette erreur deux fois. Celle de se laisser transporter par une victoire, celle de confondre éphémère et définitive. Pas avec lui, plus avec quiconque.
Elle avait de quoi le faire pourtant, avant. Ses adversaires manquaient tous de fougue, leur propre fierté les achevait avant même qu'elle puisse avoir le dernier mot, car la peur du ridicule les faisait détaler. C'étaient des victoire par abandon, plutôt que des victoires par KO, du moins ça l'était dès lors qu'elle se confrontait à cette noblesse opulente. Shaigs et esoèds n'ont pas peur de se rouler dans la boue, le sang et la poussière ne les arrêtent pas. Les worans tiennent trop aux apparences, leur réputation se doit d'être aussi immaculée que les pics de la Retraite, ils préfèrent alors aux confrontations frontales la fourberies de meurtres inavoués. C'est la triste épitaphe de Dyone Lohengrim, morte sous les coups cruels portés par un orgueil lésé. Que sa fille a lésé.
Ce jour là, elle avait vaincu, verbalement, mais elle avait tant perdu.
Devant Dhol, elle avait perdu. Il avait plus de répondant que n'importe lequel de ses autres adversaire, était plus vicieux.
Elle ne referait pas cette erreur.

Arkhane apprend vite. C'est une chance. Cette fois-ci, tout alors est contrôlé, maîtrisé. C'est un spectacle mesuré, un masque qu'elle doit porter, c'est un jeu, une pièce de théâtre, et soudainement ainsi, tout est plus simple. Ce n'est pas son rôle qu'elle doit jouer.
Ses émotions, elle ne le laissera plus les posséder, les manipuler. Cette fois-ci, elles sont enterrées profondément. Elle a creusé la tombe elle même, sur une île perdue aux confins du monde. Aucun explorateur ne pourra jamais les trouver, aucun qui ne l'y ai jamais accompagné. Par chance, les morts ne ressuscitent pas, une fois leur corps inerte, leur conscience s'évanouie. Les spectres de son passé, ils ne sévissent plus que dans ses rêves désormais, les changent en cauchemar sans jamais prendre le pas sur la réalité.
Elle ne le laissera pas mettre la main sur le coffre, pas plus qu'elle ne le laissera jouer les artistes, sculpteur cruel qui dessinait sur son visage la douleur de souvenirs remués. Cette fois-ci, la rousse est maîtresse de son corps, de ses traits. Larmes ravalées, plaisir et colère bridée, tout est dissimulé. Même les insultes qu'il lui envoie, brodées, emballées de jolis mots, elle s'en détache, qu'importe la pertinence de ses propos, des doutes qui lui remuent les tripes, elle ne lui donnera plus la satisfaction de le savoir.

Il la laisse seule, elle s'en satisfait. Il la laisse seule toute la soirée, puis toute la nuit. Galanterie stupide qui lui fait gagner un matelas immense, le confort de couvertures épaisses qu'elle ne partage même pas.
Elle aurait pu. Arkhane n'est pas assez mauvaise pour le laisser souffrir du froid alors que, durant la nuit, le feu se serait éteint, transformant en cendre les dernières bribes chaleureuses. S'il l'avait voulu, elle lui en aurait laissé une supplémentaire. Mais il n'en demande pas, n'en prend pas une sur le lit.

Tant pis pour lui.

Elle ne dort pas de suite. Habituée à peu de sommeil, son cerveau travaille jusqu'au nadir, et puisque son compagnon de route s'obstine à lui taire les détails de leur mission, elle fouille. Dans le livre qu'il a abandonné sur la table et dans lequel il y a des informations sur l'oiseau qu'ils doivent rechercher, puis ailleurs. Dans la valise, dans ses poches. Arkhane a les doigts habiles, et peu de scrupules quand il s'agit de dépouiller les nobles. C'était un jeu auquel elle s'adonnait quand elle était enfant. Avec son frère, c'était à qui aurait le montant le plus précieux à la fin d'un service à l'auberge. Il se débrouillait bien, mais elle gagnait toujours.
Quand son père l'eut appris, elle eu droit à la plus douloureuse correction de sa vie. Son seul regret fut de voir la déception dans les yeux de sa mère, ça l'avait retourné, freiné aussitôt, bien plus que l’opinion de son père dont elle n’avait cure. Son cadet lui, avait continué par la suite sans s'en culpabiliser davantage. À y réfléchir, elle fut peut-être la raison de son indiscipline. Sans elle, il serait resté un garçon sage et bienveillant.

Le réveil, puis le trajet du lendemain se passent en silence. Le ronronnement du moteur est une mélodie plus douce que la voix du conducteur qui, dès lors qu'il lui adressera la parole, ne pourra qu'ordonner. Les miaulements et les niaiseries sont réservées aux femmes qu'il a séduit, ou veut séduire. Faut croire qu'Arkhane ne doit faire partir ni de l'une, ni de l'autre. Quel dommage.
Dix minutes. Elle est prête, bien sûr. Toujours fiable, toujours à l'heure. Elle a attaché ses longs cheveux roux en une coiffe simple, à l'apparence élaborée, la délicatesse des plus pressés. Sa robe est d'un blanc terme, opalescent délavé qui, jusqu'à ce qu'elle cède à un voyage de l'autre côté de la chaîne de montagne, ne s'était jamais montré insuffisant.
Une part d'elle regrette enfin le manque d'investissements. Le blanc ne lui va pas, elle a le teint trop clair et ses cheveux flamboyants la font ressembler à une bougie. Dhol est plus élégant, chose qu'elle n'avouera bien sûr jamais. Elle ne se méprend pas, l'immaculé ne compensera jamais pas la noirceur de son âme.

Les rencontres se succèdent. Elle découvre une noblesse arrogante et superficielle, plus encore que ce qu'elle avait pu observer à la Rocheuse. Fausse et fardé, fallacieuse. Le ton mielleux et les affections feintes, ça la débecte. Elle peine à sourire, pour la première fois, rester dans l'ombre de l'enfant Vokonov lui convient parfaitement. Sourire, parler, mentir, ça lui donne la sensation de cautionner, il en est hors de question. La baronne ou sa fille, les deux sont exécrables. Par chance, les entrevues sont brèves avant que leurs pas ne les mènent plus loin, à la bibliothèque réputée de la grande dame blanche.


« J’aimerais connaitre davantage sur le piaf et savoir si mes pièges sont adaptées pour en attraper de nouveau. »

Grand bien lui fasse. Il a l'air absorbé. Sur sa langue persiste cette saveur amère de mascarade, de ne pas comprendre ce qui se cache derrière les décors en cartons et les comédies ratées la frustre. Décidée à chercher davantage, et autre chose que les particularités d'un oiseau qu'on s'amuse à rendre captif pour le simple plaisir des yeux, la rousse s'éloigne du balafré. La bibliothèque est immense, les rayonnages se suivent jusqu'à l'infini. Elle a la sensation d'être au coeur de milles et un secrets, de les avoir tous à porter de mains, pour autant de ne pouvoir pas s'attarder sur un seul. Pas si elle veut mettre le doigt sur ce que lui cache le vithang.
Peut-être cherche-t-il une information ici ? Un ouvrage en particulier qui puisse lancer ses affaires ? Ou alors travaille-t-il sur un autre projet que le commerce illégal ? Doit-il rencontrer quelqu'un pour la prospérité de son business ? Sert-elle de potiche ? De faire valoir ? A-t-elle vraiment un rôle à jouer ?



Tahn Celhán


Ascalon Elcide
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Ascalon ElcidePrecepteur

Dim 12 Avr - 22:25

Autumn Romance

Oh! Je voudrais tant que tu te souviennes
Des jours heureux où nous étions amis
En ce temps-là, la vie était plus belle
Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui

Refermant pour la dixième fois le livre devant eux, l’index coincé entre les pages de l’ouvrage, Ascalon tourna la tête vers Tobias, un sourire s’efforçant de rester franc est enthousiaste sur les lèvres, malgré les cernes, qui sous ses yeux, semblaient avoir trouvé une place définitive. Le cadet Hedelsen le regardait du coin de l’œil avec son habituelle réserve, attendant un signe de main de son précepteur pour commencer à lentement réexpliquer son cours, soit les différentes lois et législations mise en place dans les mines de l’enclave de la Méduse. Ennuyeux au possible. S’il avait pu, il aurait fait l’impasse sur toutes les notions à apprendre parcours. Malheureusement, elles étaient réellement utiles à la future carrière de Tobias, et le paternel Hedelsen n’aurait pas laissé faire. Alors voilà où ils en étaient, Tobias débitant un cours ennuyeux et Ascalon écoutant un cours ennuyeux, qu’il avait tenté de rendre un minimum plus actif, en poussant le cadet Hedelsen à chercher l’origine de chaque loi de façon logique, à partir de la vie des mineurs. En plus de rendre ses cours plus dynamiques, il s’avérait que la mémoire de Tobias fonctionnait mieux ainsi. Et c’était un excellent moyen de repérer les faiblesses de l’adolescent, ou les parties restant obscures pour lui, lorsque sa voix se faisait plus faible, et ses propos plus tortueux, comme à l’instant.

En rouvrant le livre sur la table devant eux, Ascalon se fendit d’un sourire rassurant et d’un « Bon ! » déterminant, se levant en silence, chuchotant pour ne déranger personne :

« C’est sans importance Tobias. Nous allons aller chercher quelques livres pour éclaircir quelques points, et tout ira mieux. »

Tout en hochant la tête sans une parole, l’adolescent se leva, le suivant parmi les rayons, les  yeux d’un visage inexpressif braqués devant lui. Les bruits des pages tournées par des doigts attentionnés et leurs pas rythmant les légers murmures, ils passèrent dans les allées parfois labyrinthiques de la bibliothèque, croisant des visages austères ou concentrés, cintrés dans des tenus plus fastes les unes que les autres. Des crânes pleins, à la tête de coffres pleins, avec un néant absolu entre leurs côtes.
Ils se chargèrent de deux ouvrages, Tobias tenant à en prend un lui-même, et repartirent dans l’autre sens, chacun un peu plus occupé à ses pensées, dans un silence qui n’avait rien de tendu ou de gênant. Il était devenu naturel, pour eux qui savaient que certaines plaies se pensaient dans le silence.

Rien ne l’atteignait depuis plusieurs minutes, et pourtant quelques instructions données d’un ton autoritaire dans un rayon adjacent le firent froncés les sourcils. Il lui fallut quelques secondes, comme des témoins des années passées, pour qu’il puisse remettre un nom, et surtout un visage sur cette voix, sans aucun doute, aucune hésitation possible.
Et à ce moment le livre entre ses bras lui échappa.

Obsidiennes fixées au sol, tétanisées, ses yeux ne quittaient pas la forme du livre s’étant ouvert dans sa chute, ses pages pliés contre le sol marbré de la bibliothèque. Dans son dos, il sentait Tobias, dans le silence, il entendait le claquement de la couverture de cuir contre le sol, sur les visages, il devinait la désapprobation ou l’agacement, et surtout, dans le rayon devant lequel il venait de se stopper, il savait deux silhouettes entrain de le regarder. Mais rien sur son corps, aucune information ou signaux somatique, si bien qu’il lui fallut ce qui semblaient lui être des secondes pour saisir que sa respiration venant de drastiquement ralentir, ou s’être presque stoppée. Dans une inspiration presque bruyante, il redressa la tête et regarda dans le rayon, finissant de perdre tout lien avec le réel en voyant les émeraudes. Ces émeraudes. Ceux qu’il aimait depuis trois ans, et qui, devenus inatteignables, en avaient finit éternels.

Un instant, il raccrochât avec la réalité, entendant la logique implacable d’un monde tout aussi implacable lui hurler de partir, loin, de les protéger à nouveau. Le Woran tendit à l’aveuglette un bras vers Tobias, posant une main sur son épaule sans arrêter de darder un regard perdu sur les deux revenants, et murmurant à l’adolescent :

« On y va Tobias… C’est… »

Venimeuse, Ascalon sentait déjà la tentation dangereuse de les approcher se frayer un chemin dans ses veines, remontant dans ses organes, investissant ses poumons, ses tripes, son foi, son cœurs, ses artères, et remontant enfin frapper sa tête. De plein fouet. Impacte violente, demande imminente. Ils lui manquaient depuis trois années, lui bouffaient le crâne toutes les minutes, se glissaient dans la moindre phrase d’un livre, le moindre vers d’un poème, dans les accords du piano familiale des Hedelsen, l’observaient dans ses nuits avec Phymeria, devenaient des élèves auprès de Tobias lorsqu’il écrivait ses cours. Trois sales, foutues, maudites années, pendant lesquelles il s’était reconstruit une vie qui n’avait été qu’un mémorial pour eux, à peine construit et déjà en ruine. Et maintenant qu’ils étaient là, à quelques mètres, il fallait à nouveau partir ?
Ascalon dégluti, tapotant doucement l’épaule de Tobias, et baissa légèrement le regard, dans un chuchotement pour l’adolescent :

« J’en ai pour un instant… »

Eternellement muet, le cadet Hedelsen posa sa main sur celle de son précepteur, et se contenta d’un hochement de menton, avant de repartir vers la table qu’ils avaient investis, ne posant pas un instant ses yeux clairs sur le duo de fantômes.
Le Woran le suivit du regard, tentant de garder la maîtrise d’une respiration devenue chaotique jusqu’à ce que l’adolescent disparaisse derrière une étagère. Il reposa ses yeux sur le duo, le cheminement de l’air jusqu’à ses poumons finissant de se faire bordélique. Arkhane et Dhol. La cicatrice et les émeraudes.
Sans réfléchir, Ascalon marcha vers eux, pas de plus en plus pressant après pas de plus en plus pressé, jusqu’à ce qu’il soit sur eux, déployant ses bras, et dans le même mouvement, les pans de son manteau long de précepteur, pour les saisir tous deux et les serrer contre lui, franchement, brusquement. Une de ses mains se perdait à l’arrière du crâne de Dhol, alors que d’un bras autour des épaules d’Arkhane, il la gardait le plus possible contre son flanc, presque caché par son vêtement long. Et si son front trouvait appuie contre l’épaule de son ancien ami, c’était sur son amante perdue que ses yeux au bord de l’orage s’ancraient désespérément

«  Bon sang… Bon sang ... »

Rauque, il n’arrivait pas à dire quoi que ce soit de plus. Parce qu’il n’y avait rien à dire. Pour l’instant. Il pouvait juste s’excuser, implorer et pleurer le pardon d’Arkhane, alors que doucement, l’ocre laissait une larme couler.

Arkhane Lohengrim
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Dim 19 Avr - 9:54


Livre

Il y a ce bruit.
C'est un livre qui tombe.
Le cuir qui percute le plancher, s'ouvre, et les pages qui s'effeuillent le temps de trouver leur point d'équilibre.
C'est juste un livre.
Elle le sait.
Mais elle tourne malgré tout la tête.

Ce réflexe stupide qui cherche à identifier le fauteur de trouble. Juste un automatisme.
Elle aurait préféré ne pas savoir.
Ou savoir ?
Non.
Oui.
Merde.
Merde.
Merde.

Elle s'est stoppée. En plein mouvement amorcé. Tout son corps est d'une raideur presque cadavérique. Un cadavre qui ne sait même plus respirer. Elle ne saurait même pas dire si son palpitant a battu, durant cette seconde, et puis celles qui ont suivi.

Tout semble figé.

C'est un instant qui s'étire, sans respiration ni métronome pour le mesurer. Infini.
Il est là. Bête. Et ses grands yeux métalliques écarquillés, comme s'il avait vu un fantôme. Aussi grand que dans son souvenir. Aussi noble. Aussi beau. Tout surpris, tout cerné, debout, vivant.
Vivant.
Il est là. Il va bien.
Bien.
Pourquoi ?
Il ne devrait pas.

Son immense manteau obsidienne fouette l'air alors qu'il approche. C'est le seul son qui la frappe, le reste, ce n'est que du coton qui lui anesthésie les sens. Un instant plus tard, il referme ses bras autour d'eux. D'elle. La chaleur familière de sa main brûle son épaule, comme un tisonnier au travers de sa robe d'opale terne. Puissante. Présente.
Arkhane inspire. Parce que sans prendre son souffle, elle aurait étouffé.
Son parfum a changé.
L'odeur l'étrangle. L'air ne passe pas sa trachée, il bloque dans sa gorge. Douloureux, presque écœurant.
Changé.
Pourquoi ?

Immobile dans une étreinte obligée, sa mâchoire tremble. Tremblerait. Elle serre les dents si fort pour l'en empêcher qu'elle en a mal.
Elle oublie Dhol, prisonnier lui aussi de la poigne d'un mort. Elle se fout de Dhol.
Il n'y a que sa douleur.

Elle pose sa paume sur le torse d'Ascalon. Le contact aussi n'est plus comme avant. Comme s'il y avait moins de matière à palper. Elle sent son sternum.
Elle a envie de serrer dans son poing sa chemise. Au lieu de ça elle appuie, encore, pour qu'il s'écarte. Sous ses doigts, elle perçoit son myocarde qui palpite, en coeur avec le sien, précipité, sous le choc.
Elle appuie encore.
Sa main qui la presse la ronge, et son l'odeur l'étouffe. Ses yeux la brûlent, et elle doit serrer les dents encore plus fort. Et encore. Ses viscères se tordent, et dans sa gorge, c'est une pierre qui lui broie les cordes vocales.
Elle ouvre la bouche pour parler. La referme. La rouvre. Incapable de prononcer un mot.
Alors elle aimerait le frapper.
Cogner son torse.
Cogner son ventre.
Cogner ses épaules.
Et sa gueule d'ange.
Lui faire mal.
Elle se sait que le fixer. Et il y a sa lippe qui tremble, qu'elle mord à son tour. Fort.
Ravaler les larmes dans une déglutition qui lui donne la gerbe. Ne pas détourner les yeux.
La peine, la rancune, la colère, la rancune, la peine. Ils passent tous dans ses prunelles vertes, ça change la teinte, l’émeraude devient impérial. Plus sombre que les sapins. Ça soulève sa poitrine, autant d'émotions qui semblent lui remplir les poumons, les lui pourir.
Elle ne sait pas quoi dire, ni quoi faire.
Elle aimerait disparaître. Pour ne pas faire une connerie. Là dans la bibliothèque, ne pas faire un scandale.

Elle finit par lâcher, d'une voix que seule la fierté ne rend pas tout à fait brisée :

« C'était trop compliqué de laisser un mot ? »

Elle lui en veut. Ô ce qu'elle lui en veut.

Tahn Celhán


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