Roles inversés | Dhol&Astilbe
Astilbe Sæter
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Jeu 6 Fév - 0:11

23 Reinten 350

La semaine se terminait, et avec sa fin, allaient toutes les mises au point, les constations, les comptes et les réapprovisionnements. Le Fantasmagloria avait fait son chiffre habituel en silence et sans émois, machine bien huilée dans un monde bien pourris. Les grandes portes de bois ouvragé c’étaient ouvertes pour accueillir les clients, qui étaient venus y dégueuler leurs frics pour repartir avec un sourire satisfait, porte-monnaie et corps détendus sous les caresses lucratifs. Tout en ignorant qu’ils avaient délivré leur réel payement dans les dernières minutes de leur entrevue avec une poupée. Astilbe prit un carnet dans l’armoire derrière son bureau, revenant s’asseoir dans son fauteuil en le feuilletant, pas une émotion ne furetant à la surface de son visage. Inexpressivité de contemplateur, qui avait d’abord regardé le monde pour l’apprendre, et qui maintenant le surveiller pour y survivre et s’affliger de sa bêtise. Ses yeux glissaient de phrase en phrase,  un tremblement au coin de ses lèvres en guise de sourire, son index passa doucement sur l’une d’elle, avant qu’il ne relève rapidement la tête en entendant la porte de son bureau s’ouvrir. La Langue Noire en corset qui entra vint rapidement vers lui, venant chuchoter à son oreille en posant une main sur son épaule.

« Le petit-fils Vokonov est en bas. »

L’Edei tourna la tête vers elle, ses sourcils froncés, la surprise l’agaçant. Des informations sur des membres du Cyvir passaient et étaient récoltés, évidemment. Mais s’il y en avait qu’il prenait soin de ne pas laisser ce propager, c’était celles-là. La Langue Noire hausse les épaules avec un sourire désolé esquissé du bout de ses lèvres peintes en rouge.

« Je sais pas ce qu’il veut, sûrement te parler. Il a dit qu’il n’était pas là au nom du Cyvir.
- Evidemment, le Cyvir ne s’amusera pas à tenter de nous atteindre. »

Siffla-t-il, en prenant rapidement la main sur son épaule, embrassant la trace des os métacarpiens avant de s’éloigner pour quitter son bureau. Il descendit sur le balcon intérieur faisant le tour du rez-de-chaussée,  son regard le balayant rapide, prêt à se concentrer sur les lumières et les paillettes plus bas avant de se figer sur la silhouette plus loin. Grande, élancée, accoudée à la balustrade dans une fausse nonchalance. Un chapeau dissimulait la plus grande partie de son visage dans l’ombre, mais la cicatrice sur son nez ressortait toujours, révélatrice.  Astilbe retint son soupire, et après avoir attendu que la langue noire l’accompagnant ne soit descendu, il s’approcha de l’homme, assez pour pouvoir murmurer d’une voix ferme, mettant entre eux toute la distance qu’il y avait entre leurs milieux.

« Parler dans mon bureau sera moins compromettant pour vous. »

Ses yeux dorés dévisagèrent un instant Dhol, avant qu’il ne tourne les talons, retournant à son bureau sans attendre de réponse. Le rôle de patron lumineux et serviable venait de tomber, à la faveur de celui de raclure des bas-fonds aux exploits gardés secrets, mais n’en restant pas moins plus que discutables. Il ouvrit la porte de son bureau, la tenant froidement pour Vokonov, avant de mettre  deux tours de clés et un cache-serrure entre les affaires du Fanstamagloria et les indiscrets. Sans un mot ou un regard pour Dhol, il traversa calmement la pièce, allant à la grande fenêtre derrière son bureau pour tirant lentement les rideaux avec une œillade à la rue pavée derrière la maison. Boueuse et toujours pleine de monde. Le bruit des anneaux de bois glissant le long de la tringle les isola définitivement, et il tourna enfin son attention entièrement sur Dhol, son regard ne le lâchant pas alors qu’il venait s’asseoir derrière son bureau, tendant un bras pour lui désigner le grand fauteuil de cuir rouge face au bureau. Ses grands doigts osseux se croisèrent sur le bois sombre du bureaux, et sa voix claqua, sans animosité mais avec une fermeté qu’il entretenait.

« Inutile de se présenter, nous savons qui nous avons face à nous, et votre nom ne doit pas être entendu ici. Je ne sais pas ce que vous venez chercher, mais pour que vous ayez prit la peine de vous déplacer en personne ici, ce doit être quelque chose d’extrêmement important. »

Des femmes, il devait y en avoir des dizaines prêtes à se jeter volontairement dans ses bras. Des affaires, il aurait envoyé un homme de main, ne prenant pas le risque d’être vu dans un endroit aussi déshonorant pour un Vokonov. Et même s’il avait dit ne pas venir pour le Cyvir, Astilbe analysa cette possibilité, qui tombait à son tour à l’eau. Il n’aurait pas eu à venir à visage couvert si sa présence était désirée par son grand-père. Dhol Vokonov était ici pour lui, à des fins lui faisant hontes ou étant hautement réprouvés par le Cyvir, d’où le chapeau et la discrétion. Et s’il se trouvait dans un bordel, l’affaire se passait en dessous de la ceinture. L’Edei plissa légèrement les yeux, ses iris dorés se transformant en un rayon d’ambre extérieurement inexpressif, cherchant à disséquer le visage du Woran.

« Que venez-vous chercher ? »
Dhol Vokonov
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Dhol VokonovVithang

Jeu 6 Fév - 17:10


PREMIER PAS


« […] Que venez-vous chercher ? »

Qu’ai-je fait ?

Depuis le départ du lâche, je me remets sans cesse en question. Des interrogations qui ne devraient pas existé. Des doutes qui méritent de se glisser dans une corde. Je débloque. Azur, mon amour, emporte moi. D’autant que j’ai rencontré sa moitié. Enfin, ce qui semblait l’être. Je me rappelle encore avoir ravalé ma bile, quand il me l’avait annoncé. Mais je suis resté en retrait de leur relation.

Il était mon ami.

C’est ce que je me martelais, chaque fois qu’il osait me faire état de l’être aimé. Leur quotidien, leur dispute. Et moi, gros con que je suis. Je souriais. Débile. J'avais juste envie de hurler ma haine, lui cracher à la figure. J'EN AI RIEN A FOUTRE DE TA DONZELLE. Mais non, je commentais ses états d’âme la concernant.

L’âme, le corps et le cœur, devraient marcher de concert plutôt que de n’en faire qu’à leur tête. Mon âme semblait être coulé dans de l’Azur. Merci d'être ma béquille. En clair, perdu. Mon corps, juste un moyen de voyager, à la minute où mon visage fut scarifié. Et enfin, et non des moindres, ce damné cœur qui m’oblige à ressentir. D’extérieur, je parais froid, inatteignable, hautain. Ce n’est pas totalement faux.

Mais sort ta pelle et vient creuser, tu pourrais entrevoir, un second mur.
Oui, il est verrouillé.
Juste un organe.

Pour autant, il a vibré.
Une fois.
Trop fort,
Trop peu.


Gout d’inachevé qui torture mon être chaque matin. Même le Cyvir n’y pouvait rien. C’était mon fardeau. C’est lorsqu’il est parti, que j’ai compris que je ne tournais pas rond. Devenu mélancolique, je passais mes nuits à vomir son absence – littéralement. Je tournais en cage dans notre bibliothèque. Il devenait obsédant. Lui devenu Ennemi quand il m’a abandonné.

Le déni,
La colère,
La tristesse.
Sentiment méconnu jusqu’à présent qui me torpille le cœur.


Qu’est-ce donc ?

Confusion distillée dans la moiteur féminine mais ce n’était jamais suffisant. Non, ce n’était pas une drogue suffisante pour réduire au silence ce mal qui me ronge, me dévore et me rappelle l'humain merdique qui .. Je refuse de nommer ce monstre maudit qui détruit ce qui pulse dans ma cage thoracique. Nuit après nuit, Azur et Rondeurs étaient mes alliés. Mes échappatoires. Ce n’est qu’en provoquant la crinière de feu, réalisant que nous étions dans le même état.

Ce fantôme nous avait écorché.
Et le mot est faible.


Je me complais dans ma cartharsis. Donne le change en public. Plus froid, plus antipathique. A la bonne humeur, haissez -moi ! Vous n’aviez jamais compté. Seulement lui. Uniquement lui. Homme faible que je suis, je m’avoue vaincu.

Ce fut Lui.


Témoin d’un lien qui me rongeait, qui n’était pas avec moi. Pas comme je l’avais fomenté dans mon esprit. Idéale qui se dessiné quand mon subconscient hasardé dans les méandres de la drogue. Je n’ai jamais rien montré. Non, j’acceptais de devenir fantôme de moi-même.

Puis, un jour, j’ai compris.

Ce soir où, partenaire n’avait pas obtenu de faveur. Je l’ai repoussé par trois fois. « Les femmes ne te plaisent plus Chaton ? Tu me brises le cœur » Elle l’avait dit tendrement mais ses perles au coin de l’œil m’avaient bouleversé. « Si tu te cherches, le Fantasmagloria t’accueillera » Je l’avais étranglé de parler devant de cette infamie.

Pourtant..

Deux jours plus tard, je suis face, à ce qui ressemble, en être le propriétaire. Élancé, plus petit que moi, de peu. Port de tête des plus hautain, un concurrent ma foi. Le temps qu’il vienne à moi. Je réalise que les lieux sont bien plus classieux que dans mon imaginaire. Mais pas question, d’avouer que cela affichait un certain standing. Des pairs d’yeux surpris de ma venue. Mais je n’en doutais guère, la discrétion sera de mise. L’ancien, ne serait guère heureux d’apprendre que j’allais me perdre dans les méandres d’un plaisir. Tour d’horizon de ce sombre bureau. Je réfléchis à mes prochains mots, qui courront à ma perte. Je relève la tête, plonge mon regard dans celui de mon interlocuteur. Sévère et confiance. Plus d’hésitation possible.

J’entre dans l’arène.



« Apprenez-moi »


Tahn Celhán

Astilbe Sæter
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Lun 9 Mar - 13:43

Forget the poems of saints and ghosts

« Apprenez-moi »

A peine la réplique donnée, un frisson passa sous ses boucles rousses, le long de sa nuque, imperceptible et réprimé. Il s’était douté que le petit-fils Vokonov n’était pas venu ici avec des idées chastes plein la tête, mais il avait plus pressenti une demande aux fantasmes immoraux, que ce « apprenez-moi », qui derrière ces airs, portait toute la détresse de l’homme face à lui. Sur le visage impassible, il cherchait un pli, un cerne attestant de l’état de fatigue de l’héritier Vokonov, n’importe quoi ayant pu justifier et expliquer que ce fut maintenant qu’il venait au Gloria, dompter certaines choses en lui. Mais ses yeux n’étaient obombré de rien, du moins pas à cette distance. Le gérant balaya dans son crâne ces instincts d'investigation, devenu une routine de fond dans son cerveau qui l’obligeait à toujours chercher, comprendre, disséquer mots et visages, pour en tirer l’information qui faisait la réelle paye du Gloria. Quatrième Parques naquit des millénaires après ses aînés, il tenait pour la soirée, le fil du petit-fils Vokonov entre ses doigts osseux, pouvant à loisir en décortiquer les fibres.

Prenant le temps qu’il fallait pour ménager son effet, lent et théâtrale comme lui demandait son métier, Astilbe se leva de son fauteils, faisant le tour du bureau de bois sombre en fixant du coin de l’oeil son client. Sa main vint se poser en première sur le haut du dossier, et en pivotant d’un demi-tour, il s’assit sur l’accoudoire, délogeant le bras de Dhol en prenant précautionneusement son poignet entre ses doigts, sans chercher à y appliquer une caresse. Son corps s’appuya contre le fauteils, légèrement déhanché, en même temps qu’il croisait ses jambes, l’une d’elle venant toucher le genou de l’héritier Vokonov. Si le balafré venait ici pour apprendre, Astilbe devait de son côté évaluer le chemin qu’il leur faudrait parcourire, et les contacts naturels et en apparences accidentels étaient un excellent moyen de se rendre compte du niveau de refoulement de l’homme à côté de lui. Car là était le problème, Vokonov savait, mais Vokonvo ne voulait pas dire, les crocs serraient sur des mots - sûrement des insultes - synonyme de perversion dans bien trop de tête.
Ses iris dorés détaillèrent de plus près le petit-fils Vokonov, ses traits tirés lui apparaissant plus clairement. Avec douceur, l’Edei prit son menton entre ses doigts, lui relevant lentement la tête pour confronter leurs regards, iris polaires au bord de la fonte contre coulé d’or en fusion, en résultant forcément une évaporation soudaine et assourdissante, entre deux milieux entretenant le mépris et la haine mutuelle. Les  uns  tolérant les autres, car il était toujours pratique et agréable, quoi qu’ils en disent, de savoir qu’au coin d’une rue, vous attendez un corps disponible pour quelques agrils. Les autres acceptant d’être écrasés sous le poids des uns, à cause de cet organe prosaïque et source de tant de problème qu’était un estomac, nécessiteuse entité se faisant un devoir de rappeler à coup de douleur et de vertige lorsqu’il se sentait trop vide.
Ses lèvres pâles prirent une courbe suffisante, toisant Vokonov des quelques centimètres de leurs positions lui donnait sur le  balafré.

« Qu’est-ce qui vous a fait basculer ? »

Penchée un peu plus vers lui, à quelques centimètres, la friction légère de leurs joues accompagnant ses mots, l’Edei souffla tout doucement, cajoleur et rassurant:

« Pourquoi vous êtes-vous décidé aujourd’hui, et pas il y a deux ans ? Et pas dans une décennie ? »

Rares étaient les gens à se rendre compte que certains de leurs penchants sortaient de la bienséante norme, et plus rares encore ceux prêts à prendre le risque d’y céder ou de les dompter. Il était souvent nécessaire qu’un événement serve d'électrochoc, rendant impossible de se voiler la face plus longtemps. Et c’était ce choc, qu’il voulait connaître, et entendre de Vokonov. Pour avoir un point de pression sur lequel appuyer, et obtenir sa réelle paye. Le balafré était loin d’être une exception, c’était même un gibier exceptionnel, en lien avec une sphère de la société intéressant particulièrement son géniteur, mais sur laquelle collecter des informations se révélait plus compliqué. Le tempo était parfait, les informations que lui amenait l’héritier Vokonov sans le savoir lui permettant de monter dans les faveurs d’Absolom, et de gagner en autonomie.

En même temps que d’une oreille, il écoutait les réponses du balafré, les rouages organiques de son cerveau tourner pour lister tout ce qu’il savait déjà sur son client.
Naquit sans parent, apprenant à marcher sur le parquet tordu de l’orphelinat, plus tard à jurer en frappant le cuir de la tannerie où il travaillait. Le pouce de l’Edei passa au bord des lèvres balafrées de Vokonov, évitant précautionneusement la muqueuse rosée pour ce contenter d’effleurer l’endroit où la peau se fendait en cicatrice. Les cicatrices du balafré faisaient parler. Surtout la plus impressionnante. Les rumeurs n’étaient grandiloquentes. Mais dans un cercle restreints, elles étaient néanmoins là.

Tant par les informations qu’il pouvait délivrer, que par la position de faiblesse dans laquelle il se mettait ainsi, l’héritier Vokonov était un cas à part, qu’il fallait satisfaire, aussi désagréables soient l’idée comme la pratique. La relation qui se profilait donnait l’avantage à l’Edei, qui pouvait jouer de la détresse dans laquelle semblait patauger le balafré. Autant pour se protéger de ce qu’il savait pouvoir trouver de plus barbare chez ses clients, que pour délier la langue de Vokonov.

Il en avait déjà dit trop en deux mots, pour pouvoir faire un jour marche arrière.




Dhol Vokonov
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Dhol VokonovVithang

Dim 15 Mar - 21:06


véracité


Je me fais violence pour ne pas regretter mes paroles. Surtout quand mon interlocuteur me déshabille du regard. Il est doit être sous le choc. Moi, l’illustre Vokonov, qui vient quémander des leçons .. De .. ? De quoi au juste ? Je soupire, j’étais bel et bien face à lui, mais tout aussi bouleversé. J’intériorisais un mal-être, qui brûlait mes entrailles. Azur ma douce, son absence m’obligeait à être lucide. Je serre la poche contenant la fiole. C’est elle qui m’avait donné ce courage de me pointer face à l’inconnu. Pourtant, je me sentais ancré dans cette sombre pièce. Comme si les murs allaient se resserrer sur moi et m’étrangler. Me fouetter de la bêtise que j’étais entrain de commettre. J’avais envie de fuir. Le menacer d’oublier ce moment. Mais non, mes jambes refusent de bouger. Mon regard ne s’abaisse pas, je le toise, attendant un ordre. Était-je devenu un soldat, un élève ? Qu’étais-je entrain de faire concrètement ? Ses doigts me frôlent et emprisonnent ma main. Je le regarde en coin, et mon corps se raidit. Air apeuré et défiant.

Que cherchait-il ?  
Va-t-il me dire la bonne aventure ?
La mort, à coup sûr.
Une véritable délivrance.
Espoir formulé dans un murmure de mon esprit.


Je détourne le visage, l’angoisse qu’il puisse lire cette sinistre intention. Mâchoire crispée quand ses doigts s’aventurent sur mon épiderme. Je prends soin de respirer. De me canaliser. Me contrôler. Animal effrayé se murant dans une fragile armure de dédain et de mépris que je prends l’habitude de façonner. Alors qu’il n’en est rien. Depuis Lui, je ne vois plus les gens.

Je suis automate.
J’ai mal.

Et je façonne cet être tant attendu par la société. Celui qui rappelle la condition des Hommes. Ceux qu'il écrase d’une crasseuse indifférence les nuisibles. Qui peut le savoir que je ne dors plus ? Que j’ai des hallucinations ? Que la position fœtale me calme qu’une fois avoir hurlé cet abandon que je refuse d’accepter. Rien que d’y repenser, je ferme les yeux afin de conserver un semblant de dignité. Pourquoi, m’as-tu martelé de ton âme pour me laisser pourrir dans cet Enfer ? Eclairant mes songes, tu as fui ? Suis-je si dégoûtant pour ne plus demeurer à mes côtés ?

« Qu’est-ce qui vous a fait basculer ? » Je ris doucement, haussant un sourcil, incrédule. Le mot était parfaitement choisi. J’ai basculé dans la torpeur d’un fantôme. En quête de ce spectre lâche. Et j’erre tel un orphelin.

Que m’a-t-il pris à m’attacher autant ?


Je prends le temps de réfléchir à sa question. Il enchaine et cela m’ennuie de me justifier. « Pourquoi vous êtes-vous décidé aujourd’hui, et pas il y a deux ans ? Et pas dans une décennie ? » Est-ce que moi-même, je le savais concrètement ? Encore des Pourquoi .. Toujours des questions .. Ne pouvait-on pas, ne pas parler et faire .. Quoi donc d’ailleurs ? Frisson qui parcourt mon échine.

Que fais-je ici ?


« Je ne sais pas. Perdre un être cher, remet les pendules à l’heure. Mais je suis bien trop lucide pour répondre par un mensonge. C’est paradoxal, n’est-ce pas ? Je ne sais pas. Au fond de moi, je veux des réponses. Je dois savoir. Trouver une once de mon identité, qui sait. Si j’avais su, j’aurais rempli un questionnaire. » Je tente un triste humour pour masquer que je ne suis plus dans ma zone de confort puis je baisse la tête, sans pour autant retirer ses doigts, qui pourtant me brûler. Etre touché .. Par un homme. Enfin, ce n'était pas lui. Je m'y étais préparer maintes fois. Moult scénario crever dans un sanglot. Affolante et perfide imagination qui m'offraient une accalmie et une écorchante descente à la réalité.

Azur mon amour, sauve-moi.

« Je veux me retrouver et .. Peut-être être vrai, dans cet antre. Dangereux, je vous le concède. »

Geste de trop, qui frôle mes lippes et me sort de ma torpeur. Je retiens son poignet dans ma main et le regarde férocement, avant de relâcher platement sa main. Non, je n’étais pas venu pour exprimer une once de colère. Je voulais rentrer à présent et me faire souffrir d’avoir pu y penser.

J’étais mon Poison.
Il fut le déclencheur.
Je dois expier mes péchés.


Il n’y a pas assez de preuves sur mon douloureux dos. Trouver un mot de travers pour rendre le vieux en rage et m’assener son Cyvir. Putain de vitrine familiale.

« Etes-vous prêt ? »
Tahn Celhán

Astilbe Sæter
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Lun 4 Mai - 23:43

Let's spend an evil night together
Who's gonna make you a hero
Who's gonna blow you away

Brusquement il se crispa, les muscles de son bras maigre se tendant sous la main refermée autour de son poignet. Son regard doré plongeant sur celui de Dhol, le regardant de toute la hauteur de son mépris, il feula d’entre ses lèvres émincées par le mélange d’urgence et de colère, un « lâchez tout de suite » maîtrisé et régulé de justesse. Pauvre merde. Si aussitôt que le Woran relâcha son bras, tout le corps d’Astilbe se détendit, chaque pigment de ses iris bouillonnait toujours de colère et de mépris. Il avait accepté très vite que son corps, comme celui des autres poupées, n’avait plus comme utilité première que de nourrir l’appétit libidineux de Nodotheim. A cela il n’y avait rien à redire, c’était le prix pour manger, et au fond pas le pire, si quelques instants étaient prit à regarder ceux en train de crever sur les pavés de la ville. Mais il y avait une chose sur laquelle jamais, au grand jamais, il ne ferait l’impasse.
Les poupées du Fantasmagloria n’étaient pas là enfin de subir la violence des clients.
Les morsures, les liens, les humiliations, c’était tout un pan du bélinage humain qui avait cours ici. Mais la violence pour la violence, n’aurait jamais de place dans son bordel, et les instructions qu’il avait donnait à tous les pensionnaires, langues noires en premières, étaient là-dessus clairs : Mordez, griffez, frappez, tuez s’il faut, mais défendez-vous. Et si certains incidents se reproduisaient au Fantasmagloria, certaines mains seraient à nouveau salies, et certains corps largués au fond du fleuve. Être le petit fils du grand gourou du Cyvir ne protégerait pas Dhol Vokonov, et le regard qu’Astilbe dardait sur lui l’explicitait clairement.


« Prêt ? »

Appuya-t-il, le ton hautain, avec presque un début de rire moqueur pour ponctuer ce simple mot. L’Edei vint se pencher sur le Woran, alerte et prêt à reculer à la première main levé vers son visage. Le corps légèrement cambré, pour laisser les pans de sa veste bordée s’écartés sur son torse pâle et marqué par le relief de ses côtes, il susurra, proche de son oreille sans pour autant oser venir y murmurer :

« Je le suis. Cependant, il ne semble pas que cela soit votre cas, si un doigt contre votre bouche suffit à vous faire perdre votre sang-froid. »

Il caressa son menton du bout des doigts pour accompagner ses paroles, le mettant implicitement au défit de retenter une stupidité contre lui.

Sans attendre de réponse, il se leva de l’accoudoir du fauteuil, et prenant la main de l’héritier Vokonov avec douceur, l’emmena de l’autre côté de la pièce, sur le divan soulignant la grande fenêtre arquée qui faisait presque tout le mur au fond de son bureau. Astilbe s’assit en premier, venant prendre la deuxième main de Vokonov en levant la tête vers lui – sorte de signe de soumission risiblement efficace sur la classe dominante –, pour lentement le faire asseoir à côté de lui. Pendant plus d’une minute, il le fixa, attendant de voir quand il serait complètement redescendu, et l’habituant à son regard comme à son touché, les mains du Woran toujours entre les siennes, qui traçaient des petits cercles légers sur les dos, en guise de massage.

En continuant de le regarde, l’Edei leva sa main aux ongles longs, venant doucement la poser sur la nuque rasée de Vokonov. De la pulpe des doigts, il éprouva doucement les petits cheveux longs qu’à peine quelques centimètres sous sa poigne, mimant du pouce une caresse sur les muscles de son cou. Seul défaut au tableau : la fossette au coin de sa bouche, donnant sous certains angles une note mauvaise ou moqueuse à son sourire. La gentillesse était ce à quoi les clients avaient le droit par défaut. Mais elle n’avait rien d’irrévocable, et pouvait être retirée à ceux ne s’en montrant plus dignes, comme un signe avant coureur du possible bannissement hors du Fantasmagloria.

« Faîtes le premier pas : Embrassez-moi. »

Ronronna cruellement l’Edei, sans qu’à un instant, ses orbes dorées ne quittent le balafré, prenant soin de l’épingler sur place. Vokonov avait réussit l’exploit de creuser un peu plus dans le mépris qu’un Woran élevé dans la religion comme lui pouvait inspirer à Astilbe, et ce dernier se sentait soudainement capable de bien moins de concession pour lui.
Dhol Vokonov
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Dhol VokonovVithang

Mar 5 Mai - 11:09


Pleurnicharde

« Faîtes le premier pas : Embrassez-moi. »

Ses mots raisonnent dans mon esprit. Si j’avais tant perdu mon sang-froid comme il dit, Le propriétaire aurait probablement rameuter tous ses chiens pour me faire déguerpir et à la vue de son méprisant regard, un combat se serait engagé dans de plus hautes sphères.

Mais je ne suis là que pour comprendre et apprendre.


Me démarquer du comportement bestial de mes congénères. J’ai entendu moult débauches effectuées à l’orée des ténèbres dans ce lieu. Evoquer de la violence, de la contrainte mais les entendre dire, je paie, je peux. Se rendre compte d’être choqué. Et se demander si j’étais mieux.

J’ai fait appel une poupée nommée Pleurnicharde. J’en fus étonné aux premiers abords du surnom infligé à la petite demoiselle mais elle est d’une douceur. Un peu niaise et compatit bien trop facile. Je crois que j’ai dû lui faire avaler de grosses couleuvres et m’étouffer qu’elle puisse y croire. Mais en dehors, elle fait bien son travail. Vu le prix que je paie, c’est préférable. C’est aussi pour ça que je n’avais jamais mis les pieds au Gloria jusqu’à maintenant. La louer me rassurait. Pas de lien éternel, juste une durée, une sécurité. Pas d’attaches. L’illusion parfaite.

Les mains de mon instructeur sur moi, semblant me rassurer ?


Avec le fiel qui git dans son âme, ses caresses – si je peux dire – dénotent avec son attitude. Je pense que si on le met dans une arène, il achève tous ses adversaires. Je mets ma bourse – et non mes – sur sa personne étrangement. On dirait un Taryx à Quatre Yeux, prêt à dévorer toutes les proies même les plus grosses et y prendre plaisir. Frisson éprouvé et non pour le plaisir mais d’effroi, je crois.

Consigne donnée. Je ne m’attendais pas à celle-là. Je ne sais quoi en penser. J’aurais plutôt cru qu’il allait mener la barque plus franchement. Quoi que, déposer ses lèvres sans consentement, oui j’aurais perdu mon sang-froid. Chaque parcelle de mon être m’appartient, et une violation y est exclu. C’est assez hypocrite, sachant que je fais appelle à une catin pour avoir un peu de chaleur au prix de ses performances. Le consentement, Dhol, tu le frappe avec tes Agrils.

Je ne suis guère mieux : t'es une bête comme les autres, risible créature
.


Il va falloir que j’ai une discussion avec Pleurnicharde à ce sujet. En espérant qu’elle n’acquiesce pas pour repartir avec ses pièces sonnantes. Je soupire. Il y a des choses que je vais devoir changer. Alors concentre-toi. Après tant de tergiversions, je me décide à appliquer l’ordre. Je me penche, fais une pression appuyée et longue de mes pulpeuses sur sa joue.

« Vous avez l’habitude de dispenser des cours de la sorte ? »

Tahn Celhán

Astilbe Sæter
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Informations généralesGroupe : HaarvarnAge : 26 ansSexe : Classe sociale : SheigMonnaie : 0 agrilsInventaire : - Porte-cigarette
- Couteau à cran d'arrêt
- Filtre contre la nigra sanie
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Mer 15 Juil - 20:17

Je suis l’Art et le Savoir
Je suis le Jour et le Noir
Protecteur et tentateur
Celui qui fait battre votre cœur

Veillant à contenir son agacement, l'Edei ferma les yeux en sentant les lèvres du balafré se presser contre sa joue. La légère humidité entre ses pulpeuses se déposa sur sa pommette, un souffle moite se heurtant à sa joue. Pourquoi, si on l'avait il y a de cela longtemps, « dressé » à coup de bâton, n'y avait-il aucun moyen qu'il fasse de même avec l'héritier Vokonov ? Il détestait les insubordinations du genre, ce petit écart dans un déroulement tout tracé, cet infime rien qu'il ne pouvait maîtriser. Le balafré l'ignorait, mais il venait d'éviter de tout juste une expulsion hors du Fantasmagloria des plus humiliantes. Au lieu de cela, Astilbe fît frissonner ses épaules d'une anticipation feinte, sa main sur la nuque du petit-fils Vokonov se faisait plus pressante contre la peau hérissée d'infime petits poils de sa nuque. Ses lèvres se tordaient en sourire apaisé, et il expira même un petit souffle, calculé pour être tout juste entendu par son client. Quand les lèvres du balafré s'éloignèrent de sa joue, il pressa doucement son visage contre le sien, sentant contre sa mâchoire le début un peu irritant d'une repousse de barbe.
Empêchant ses iris de rouler d'agacement, l'Edei tourna la tête, pour à son tour embrasser la joue de Vokonov, du milieu de la mâchoire jusqu'à son angle, remontant ensuite en dessous de l'oreille pour y poser un baiser, et chuchoter contre l’hélix de son oreille. Sa voix prit des accents amusés et joueurs, pourtant rien ne riait dans sa tête. 

« Non, encore moins avec des élèves aussi cancre que vous… »

Roucoula-t-il, embrassant du bout des lèvres son oreille, faisant attention aux petits morceaux de métal incrustés dans son cartilage. Il sentait sous ses lèvres la chaire fendu par la cicatrice coupant le visage du petit-fils Vokonov , et hésita un instant à venir sur la pommette du tanneur, goûté du bout de la langue sa blessure cicatrisée. Mais non. Le balafré l'aurait sûrement gratifié d'une claque dont il aurait fallu camoufler la trace rouge à coup de poudre. L'Edei devait prendre soin de ne pas brûler les étapes. Comment avait fait son fileur ? Comment aurait-il  voulu être touché ? Comment aurait-il aimé voir Nigelle s'y prendre avec lui ?
Le problème était que lui n'avait jamais voulu être touché, pas même effleuré. Il n'en ressentait pas le besoin. Pas l'envie non plus.
Astilbe revient à sa place initiale, incitant silencieusement le balafré à de faire de même, pour retrouver quelques centimètres entre eux.


A sa place, qu'airait fait un fileur ? Il riait intérieurement en imaginant la face décomposé de Vokonov s'il savait qu'il s’apprêtait à suivre les mêmes instructions de nombres de poupées à Nodotheim. Une version  bien plus adoucis que les méthodes habituelles, évidemment. Le balafré restait client, et Woran. Les rôles étaient inversés, ici et ce soir, mais dans une mesure qu'il ne fallait pas dépasser. A deux mains, il vint doucement prendre la poigne gauche de l'homme face à lui, la soulevant pour la poser sur ses propres genoux, chaque geste calculé pour ne pas effrayer la bête apeurée. Mais il se permit tout de même une attaque en traître.

« Il va falloir revoir les bases. »

Il releva les yeux vers le balafré, un léger sourire sur ses lèvres pour camoufler l'attention multipliée qu'il portait sur l'homme face à lui. Les mains  étaient une des premières zones à « apprivoiser » chez quelqu'un, par un tas de gestes conventionnellement ou non, et Astilbe aurait mieux fait de commencer pas-là. Il n'était plus habitué à amener naturellement un rapport ou un contact: ceux avec les clients étaient faussement sensuel, plus frontal qu'autre chose, avec les langues noires il n'y avait jamais rien d’ambiguë, tout enveloppé d'une fausse fraternité. Et il puis les autres, ceux avec qui il se contentait de commercer, ou a qui il ne devait qu'une politesse pour la forme. Eux, il s'en moquait, ils n'avaient aucune importance dans sa tête, alors encore moins dans son corps : une poignée de main ou une embrassade ne représentait rien.
Vokonov était un cas nouveau, un client qu'il fallait séduire. Astilbe n'y était plus habitué. Depuis la Galerie, on venait à lui plus que l'inverse : les clients étaient déjà acquis lorsqu'ils posaient un pied au sein du Fantasmagloria. Le petit-fils de l'Ecclésiaste de Nodotheim lui, était dans son bureau, pourtant l'Edei savait, aux légères crispations qui passaient dans ses muscles comme un courant, et à sa désobéissance servant à cacher son malaise, qu'il fuirait au moindre geste de travers.
Astilbe détacha ses yeux des siens, pour les poser sur la main gauche du balafré qu'il tenait entre les siennes. Du bout des doigts, il caressa les renflement de ses os métacarpiens, glissant le long de ses phalanges jusqu'à ses ongles.

« Est-ce que ce contact vous dérange ? »
Dhol Vokonov
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• Sirop de Draën
Dhol VokonovVithang

Jeu 16 Juil - 12:56


Audace

« Non, encore moins avec des élèves aussi cancre que vous… »

Avec une autre personne, j’aurais pu rire. Il est vrai que la consigne ne fut pas totalement appliquée. Mais n’est-ce pas le but de trouver les failles dans les propos ? Ce n’est pas ainsi que le Cyvir fonctionne ? A celui qui peut me répondre, prêche à la prochaine messe, il aura tout compris.

Mais je ne réponds rien. Funambule risquant peau et réputation, il était préférable de ne pas me montrer trop taquin. J’étais dans des griffes parfaitement manucurées et je ne doutais à aucun moment, que ces griffes avaient fait couler du sang, ou compter bien faire couler le mien. Je savais que j’avais offert mon cou à un prédateur. Pas sexuelle mais avide de m’utiliser telle une poupée – sans jeu de mots – de chiffon.

Savait-il qu’un mon créateur manipulait avec brio mes ficelles ? J’en coupe une mais les suivantes sont bien plus fermes. Je sais que je signe mon arrêt de Vie en foulant son bureau. Quand cela se saura ? Jamais, tant que mon bourreau que j’ai choisi le décide. Mais bon, deux marionnettistes sur un même pantin, qui se montrera plus possessif ?

Je le laisse me découvrir de sa bouche. Celle que j’aurais dû gouter. J’aurais dû déposer mon cerveau en entrant dans l’Enfer. Mais agir sans réfléchir, c’est se pendre le cœur. Je serre mes maxillaires quand il s’active sur mon point faible.

Je ne saurais l’expliquer mais l’oreille me mettait à genoux. Je l’avais découvert à une nuit d’ébauche. Le besoin d’oublier. La viscérale nécessité de m’abandonner dans des bras qui ne seront jamais celles qui ont disparu. Non pas un homme, jamais, je ne me serais lancé ainsi. Non une femme, le double de mon âge, l’expérience. Tel un nouveau-né, j’ai remis mon existence dans ses mains. Des nuits à fuir un fantôme, apprécié l’effet de l’illicite. Puis à son tour, elle s’en est allée. Je ne saurais jamais où. Et l’Energie de la retrouver me manquait. Je m’égare dans d’insipides souvenirs. C’est l’Histoire qui veut ça.

Désespéré.
On s’adonne.
On s’attache.
Et on s’empoisonne.
On ne m’aura pas trois fois.


J’observe l’Enfer déposer une trace de son passage et serre de plus belle ma mâchoire, bien qu’un frisson me parcoure. Faible. Je m’oblige à conserver les yeux ouverts. Lutter. Alors que je devrais lui faire confiance. J’ai franchement envie de Rire. Ne sois pas aussi Naif Dhol. On parle d’une prostituée. D’un patron. D’un être qui peut tout ruiner. Mirage et mensonges, seraient plus appropriés. Mais je me mure dans le silence et le suit, docilement. Maintenant, j’allais écouter et m’appliquer. Comme un écolier. Aurais-je un bon point ? J’en doute. Une dénonciation repoussée, peut-être ?

« Il va falloir revoir les bases. » Enième contact physique. Devrais-je remonter ma main jusqu’à son … Je détourne le regard. C’était improbable ou de longues leçons. Terriblement longues. « Est-ce que ce contact vous dérange ? »

J’observe ses mains, ses griffes. J’avais presque envie de les mettre autour de mon cou et de lui dire de se noyer dans mon sang. Et imaginer tous ses sous-fifres nettoyer ensuite. Mais je me concentre. L’espoir d’être libéré de mes ficelles. Ce que je désire ardemment. Fuir me chuchote ma conscience.

« Il aurait fallu y en avoir avant, des bases, je veux dire. Dans un tel domaine, je ne suis qu’un simple individu, voulant comprendre et maîtriser. Mes bases ont éclaté. Revoir une destruction ne vous fera perdre votre temps. »

Je me fais étonnement honnête, tentant un simulacre de lien avec lui. « Vous savez, on ne demande rarement ce qui peut déranger. Pas mal de choses m’hérissent la conscience mais on m’a appris à me taire. » Je ne voulais pas de pitié, c'était un fait. On me pense libre mais la majorité des cas, j'execute des ordres. Ce personnage que je trimballe dans les rues de notre baronnie, ne s'est pas fait seul. Je lui fais face, me noyant dans la lueur de ses iris. « Je suppose que non cela ne me dérange pas »

Et pour confirmer mes dires, je relève ma main droite pour poser mon index délicatement sur sa joue et lentement le reste de ma main. La pulpe de mes doigts partant à la découverte d'une peau de bebe. Comme si cette parcelle d'épiderme revetait un voile d'inaccessibilité que j'outrageais de ma présence. Elan d’audace. J’aurais pu cette fois l’embrasser. Qui sait une nouvelle cicatrice pour continuer à éloigner la plèbe de moi. A réfléchir.  

« Est-ce que je vous dérange ? »
Tahn Celhán

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