[WYRTEN 352] Pour une bouchée de pain [Libre]
Elys
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Informations généralesGroupe : HaarvarnAge : Vers 20 ansSexe : FilleClasse sociale : SheigMonnaie : 0 agrilsInventaire : Une vieille tenue en beau tissu mais déchirées et recousue un peu partout avec des carrés nettement moins riches.
Des sandales en cuir vieilli, certaines sangles très usées
Un vieux sac pourri contenant une couverture simple qui gratte
Deux aiguilles à couture et du fil solide
Un couteau
Du pain rassit
une outre sans eau

Lun 9 Mar - 14:59
Du monde. Elle n’avait pas vu autant de gens depuis, depuis…depuis. Il y en avait des comme elle, des bien habillés, des jolis bijoux, des étals gorgés de choses, des enfants, des mains dans des poches, pas forcément les bonnes. Il y avait du bruit, des cris, de la vie. C’était…beaucoup. C’était amusant aussi et la jeune femme avait un grand sourire aux lèvres tandis qu’elle marchait, au hasard, portée par la foule.

C’était un endroit en pierres entouré de maisons. Il y avait comme des roulottes en bois mais ouvertes partout avec des planches et des tas d’objet. Les gens dans les roulottes semblaient heureux. Les autres s’arrêtaient devant les planches, parlaient et puis partaient avec un objet. C’était comme un échange, elle ne voyait pas de quoi. Les voix se mélangeaient un peu dans sa tête, avec des mots les uns sur les autres qui rendait les discussions difficiles à comprendre, et ce, d’autant plus qu’elle n’arrivait pas à s’attarder dessus. Il y avait tant à voir.

Inconsciente de la poussière qui la recouvrait de la tête aux pieds, celle mêlée de sueur qui assombrissait ses fossettes et faisait des traces brunes sur sa peau blanche, de ses cheveux raidis de crasse, de ses vêtements en lambeaux et de ses sandales plus qu’usées, Elys se gorgeait d’activité. Attirée par un étal de beaux tissus, elle voulut passer ses mains sur la soie et le satin, pour en sentir la qualité, comme un réflexe venu d’une autre vie.

« Tu vas semer tes puces ailleurs, pouilleuse ! »

La voix la fit sursauter comme une enfant prise en faute. Elle fronça un peu les sourcils puis sourit. La dame ne devait pas savoir qu’elle n’avait pas de puce, c’était pas grave. Elle recula, rentrant à nouveau dans le ruisseau mouvant des curieux et des habitués.  Quelque chose buta contre ses pieds. Un chien aussi maigre qu’elle. Elle lui proposa ses mains qu’il lécha avec enthousiasme. Elle rit à nouveau, oubliant déjà l’altercation. Lui il en avait des puces mais il était mignon comme tout. Elle se releva. Il renifla son sac avec espoir puis, sentant qu’il n’y avait rien à manger dedans – elle avait fini son dernier morceau de pain, euh, avant, reparti vers d’autres aventures. Entre les pieds des passants, la vagabonde le perdit vite de vue. Un étal plein de pierres brillantes avait attiré son attention. C’était joli sous le soleil, plein de couleurs et de lumières. Magique. Elle voulu s’approcher pour regarder. Peine perdue, trop de monde se pressait devant elle. Elle se mit sur la pointe des pieds. Elle n’était pas assez grande pour dépasser ces gens. Pas assez petite pour se faufiler au premier rang.

Oh. Du pain.

Une planche pleine de pains blonds qui sentaient merveilleusement bon. Son ventre gargouilla. Elle avait faim. Et soif aussi. Mais plus faim que soif. Elle avait foi en sa capacité à trouver un ruisseau pour se désaltérer. C’était toujours plus facile que de trouver à manger. En plus il n’y avait personne, ou presque. Elle se posta devant l’étal. C’était un homme, des bras comme des troncs, de la barbe, l’air pas gentil. Elle n’avait pas peur, elle lui fit un grand sourire.

« Bonjour Monsieur, pourrais-je avoir un morceau de pain, s’il vous plait ? »

Elle avait pensé à se servir. Ils étaient là pour ça, non ? Mais tous les autres parlaient avant de prendre. Elle ne voulait pas faire d’impairs. Il la regarda de bas en haut, de haut en bas. Elle pencha la tête en réponse, amusée.

« T’as de quoi payer ? »

« Non, Monsieur », répondit-elle avec la diction travaillée qui était la sienne et qui détonnait tellement avec ses guenilles et son état général. L’homme frappa la planche du plat de ses deux mains et se pencha en avant. Surprise, Elys sursauta, avec un petit cri, rentrant bien malencontreusement dans quelqu’un…


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Arkhane Lohengrim
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Informations généralesGroupe : HaarvarnAge : 22Sexe : FemmeClasse sociale : EsoèdMonnaie : 90Inventaire : - Tenue Commune
- 2 bons de réduction 30%
- Une broche à cheveux offerte par Ascalon
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Lun 9 Mar - 18:45


pour une miche de pain

Ils lui sont devenus familiers. Tous ces visages qui se succèdent, qui se confondent, dans le même ordre toujours, ou presque.  Une mécanique bien huilée, spectacle millimétré d'une chronique quotidienne qui prend place, chaque milieu de semaine, de l'aurore au zénith, sur une grande partie de l'ancien quartier commerçant de la Rocheuse.
Les vithangs sont toujours les premiers sur place. Les plus chanceux ont leur échoppe à même la rue, ils n'ont pas besoin de subir le froid hivernal pour attirer les clients, ces derniers s'y pressent et s'y presseront encore davantage au fur et à mesure que Wyrten s'installera, pour profiter d'une chaleur plus vendeuse que le meilleur des adages. Les commerçants moins aisés - car tout est une question d'argent bien sûr - se font souverain d'une miette de rue le temps d'une matinée. Leurs roulottes s'alignent, dans un ordre que les affinités ont fini par définir, jusqu'aux extrémités où la richesse d'une construction en bois est remplacée par le rustique de bêtes, solides mais mal-voyantes, que le poids d'une conséquente marchandise rend dociles.
Peu après, les premiers clients se pressent. Les journées sont trop courtes pour lambiner, si-tôt qu'un vendeur est installé, il se fait happer par les clients.

Arkhane n'aime pas venir trop tard. Après 10h, la clientèle se transforme. Les robes ternes et rapiécées disparaissent derrière l’opulence de tissus qu'elle ne pourrait jamais s'offrir même si elle économisait toute une vie. Les sheigs disparaissent, les esoèds s'effacent pour laisser le champ libre aux worannes. Celles-ci évitent les stands de viandes, de fruits ou de légumes, que feraient-elle de cette matière première que leurs domestiques peuvent aller acheter à leur compte ? Une poignée d'entre elles s'attarde à ceux de traiteurs, par gourmandise plus que par nécessité, car en vérité, toutes ne viennent que pour une chose. Les trésors superficiels dont recèlent les échoppes des couturiers et orfèvres, et leurs offres ridicules des jours de marché où, néanmoins, leur chiffre d'affaire monte en flèche.
Arkhane évite ces heures là. Elle évite ces femmes sommaires et frivoles qui l'agacent à ne rien toucher par crainte d'une tache, qui l'excèdent de paroles creuses et de messes basses sournoises. Elle les évite, elles qu'elle déteste pour tout ce qu'elles sont, tout ce qu'elles font, tout ce qu'elles approuvent. La déchéance de l'humanité, elle se pare d'or et de grenat, elle n'est pas couverte ni de boue, ni de sang, ni de poussière. La saleté n'est pas le reflet de l'âme, porter des cailloux comme talismans ne les protégera pas de la crasse, pas plus que ça ne nettoiera leur âme. Bien que les worannes en semblent persuadées.

Arkhane évite de venir après 10 heures, oui. Elle évite également de venir à l'aube, car c'est l'heure où les plus pressés se bousculent. Si la vie l'émerveille, le matin, la rousse à besoin de tranquillité. C'est certainement le seul moment de la journée où elle peut en profiter.
C'est entre ces deux instants qu'elle défie le froid. Et alors, elle croise toujours les mêmes haarvarns, qui privilégient son créneau, eux aussi.
Les visages se ressemblent, les visages se confondent. Des traits devenus familiers auxquels elle ne peut donner aucun nom, et d'autres qui l'accueillent chaque semaine pour lui fournir les produits dont son père à besoin pour cuisiner. Tous l'accueillent toujours avec un large sourire, celui qu'on accorde à une enfant qu'on a vu grandir, qui en dix ans, semble prête à faire tourner l'affaire familiale sans tutelle. C'est le sourire de la confiance devant une cliente régulière, qui promet de l'être jusqu'à ce que ses propres enfants - qu'elle ne veut toujours pas, sacrilège - la remplacent.
Les roulottes défilent. Son panier s'alourdit. De la viande, des légumes de saison, des épices venues des quatre coins de Verheim et qui ne poussent plus dans leur jardin, puis du pain, pour terminer. Elle le prend toujours en dernier, car il est encore chaud, et qu'elle aime le manger ainsi. Ça réchauffe ses doigts glacés, sur sa langue c'est une gourmandise qu'elle ne peut s'autoriser les autres jours. Car les autres jours, c'est son paternel qui le fait, et il n'aime pas quand elle picore avant les clients.

Elle arrive à peine quand on la percute. Un pas gauche, un mouvement brusque, et son panier trop lourd qui manque de déborder, déborde peut-être. Elle ne s'en soucie pas. Son premier réflexe est d'assurer l'équilibre du maladroit qui l'a percutée. Sa main libre trouve son épaule dans l'instant, la presse sans l'emprisonner. Ses yeux s'attardent par automatisme sur ses cheveux sales dans l'idée d'y croiser ses yeux, mais le sheig est encore tourné vers l'instigateur de sa frayeur. Le boulanger qui le regarde comme s'il venait de confesser avoir dépucelé sa fille.

« Tu n'auras rien si t'as pas de quoi payer, fout le camp vermine, avant que j'aille avertir le Han. »

Sa langue siffle, ses yeux exhorbités et ses muscles bandés semblent prêts à le faire déguerpir eux-même s'il ne fait pas un geste.
Arkhane ne réfléchit pas.

« C'était pour moi. »

Elle attire sur elle la foudre d'un homme qui aurait certainement préféré faire son devoir auprès de la baronnie. Mais l'homme la reconnait, il se crispe, parce qu'il ne faudrait pas manquer de respect aux clients. Elle enchaîne.

« Je veux cinq miches. »

C'est une de plus que d'habitude. Quand l'échange se fait, une poignée d'agril contre la marchandise, elle en tend une au sheig.


Tahn Celhán

Elys
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Du pain rassit
une outre sans eau

Mer 11 Mar - 16:52
Elle sent le déséquilibre, le point où tout risque de basculer. Par chance, elle est jeune, mince et fortifiée par son long voyage. Elle est déjà en train de reprendre pied sur le sol lorsque l’autre la rattrape.

La main sur son épaule la fait sursauter et la calme en même temps. Elle se retourne pour voir qui c’est et là… là plus rien n’existe. Elle entend bien que le méchant parle mais pfeu, ça n’a plus aucune importance. La dame, elle, elle est jolie. Elle a les cheveux couleur de feu au fond qui couve avec des relents de braise que le charbon n’aurait pas ternis. Elle a des yeux de pierres qui scintillent comme sur les planches bondées un peu plus loin, comme si elle avait capturé un peu de soleil dans une feuille mouillée de rosée. Elle a des étoiles sur le visage et le grain de sa peau est plus fin que tous les métaux du monde. La dame, c’est une poupée de soie, de satin et de coton. Peut-être même qu’elle est aussi douce sous la fermeté de son emprise.

Par réflexe, la jeune femme sourit, ignorant que ce simple geste l’illumine, allumant dans son regard à elle des dizaines de paillettes dorées. Elle aime ce qui est beau, ça lui gonfle le cœur d’une joie réelle, pure, sans la moindre once de jalousie. Et la dame ne lui crie pas dessus. Elle l’ignore. C’est bien. Elys n’a pas de souci à être ignorée, elle préfère ça aux cris. Son regard noisette ne quitte pas la femme-écureuil tandis qu’elle s’avance vers le méchant-aux-pains, parle et…tend quelque chose. C’était donc ça qu’elle n’avait pas. C’est donc ça, l’argent. Elle penche la tête, tentant de voir ce qui va d’une main à l’autre. Ca a l’air lourd et rond comme des cailloux. Elle n’en voit pas plus, rien que les cinq pains qui changent de main. La chance. Le pain a l’air vraiment bon. Elle aurait peut-être du ramasser des cailloux sur la route. Dans les ruisseaux, il y en avait de vraiment jolis qui brillaient.

Elle allait reprendre sa route – n’ayant plus rien à faire ici puisqu’elle n’avait pas le truc secret à donner – lorsqu’une vision dorée la surprit. Il y avait une miche devant elle. Tendue par la jolie dame. Surprise, toujours souriante, elle alla du pain à la main, au visage de l’inconnue, puis sa main, le pain, le visage, le pain, la main, le pain, le pain… elle l’attrapa, le serrant contre sa tunique sale.

« Pour moi ? C’est gentil, Madame, mais je n’ai pas d’argent. Pas plus que je n’ai de puces. » Tout se mélangeait déjà dans sa tête. A peine si elle se rappelait qu’on ne payait pas en puces. Et pourtant, ses phrases étaient correctes, la négation bien prononcée, la grammaire respectée et la diction normale. Elle hésita, soupira, et tendit à nouveau l’aliment, inconsciente de toute la crasse qui était passée de son vêtement à la croûte. « Vous devriez le reprendre. Vous aurez faim, après avoir mangé les autres. » Son ventre à elle gargouilla à cette idée. Elle savait ce qu’était la faim. Elle n’avait pas envie que quelqu’un d’autre en souffre. Elle sourit à nouveau.


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Arkhane Lohengrim
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Jeu 12 Mar - 20:34


pour une miche de pain

Elle voit son visage cette fois.
Et ce n'est pas un visage de garçon.
C'est un visage joli, ovale, doux. Il est sale, tout couvert de terre et de poussière, mais il est intact. Il n'y a pas de vilaine cicatrice pour déchirer sa joue, son nez, son oeil, ni les traces d'une maladie difficilement soignée qui persisteront une vie durant. Il n'y a pas la peur, il n'y a pas la douleur, ni le deuil. C'est un joli visage qui s'illumine quand elle sourit, et ses yeux noisette se parent de pigments d'or, comme pour dévoiler la richesse d'un trésor dissimulé sous la crasse.
C'est un joli visage de fille, et c'est une jolie voix de fille.
Une fille. Sheig. Au joli visage.

Tu ne vas pas faire long feu.

Cette idée la raidit. Toute engoncée dans sa robe serrée, déjà tendue pour supporter le poids de ses achats, ce ne doit pas être perceptible, mais elle le sent. Sa nuque la tire, elle a envie de faire lentement basculer son crane, le faire rouler pour détendre ses muscles. Elle déteste ce genre de situations.
Ici, les filles ne font jamais long feu.
C'est pour cette raison que Arkhane l'a d'abord prise pour un homme, de dos. Les chapardeurs sont souvent des gosses, ceux à peine trop grands pour rester à l'orphelinat et qui n'ont pas un sous, ou ceux un peu plus vieux qui n'ont ni tuteurs, ni travail stable. Les filles trouvent toujours plus facilement de quoi remplir leurs journées, la Galerie ou le Gloria embauchent à tour de bras, il parait d'ailleurs que la situation n'y est finalement pas si mal, ou alors auprès de worans qui manquent toujours de domestiques. C'est toujours mieux que d'être à la rue.  

« Pour moi ? C’est gentil, Madame, mais je n’ai pas d’argent. Pas plus que je n’ai de puces. Vous devriez le reprendre. Vous aurez faim, après avoir mangé les autres. »

De puces ? Arkhane penche imperceptiblement la tête, décontenancée. C'est un visage de fille, mais avant tout un visage de femme. Mais c'est une réflexion d'enfant naïve. Naïve, et trop gentille.
Elle secoue la tête. Quelques mèches rousses libérées de sa coiffure lui caressent le visage. Elle sourit, d'un sourit attendri, d'un sourire un peu triste aussi. Elle lève légèrement son bras gauche, le bras passé à travers l'anse du panier, pour désigner toutes les victuailles.

« - J'ai de quoi faire pour encore un moment, je t'assures. Gardes le.  »

Tu en as plus besoin que moi.

Elle rebaisse le bras. Dans le creux de son coude, le panier lui pèse. Il pourrait être rempli de roc qu'elle n'y verrai pas la différence. Par chance, en dépit de son maigre gabarit, Arkhane est solide. Des sillons se tracent dans sa chair pour délimiter les frontières de muscles vaillants que l'acrobatie a davantage dessiné que son travail à l'auberge. Alors elle reste immobile, sans un tremblement quand d'autres ont le réflexe de prendre appui sur une jambe pour venir caler leur marchandise sur leur hanche. Panier de victuaille ou marmot, ça reste une marchandise.

Elle devrait partir. Elle le sait.
'On ne peut pas accueillir toute la misère du monde'. C'est ce que son père s'abîmait à répéter quand sa mère invitaient les plus pauvres à l'auberge pour les servir gratuitement en dépit de la désapprobation de son époux. Dyone avait un cœur immense, il débordait d'affection. Son frère et elle avaient baigné dedans toute leur enfance, ça comblait le vide que leur paternel creusait. Et ils n'étaient pas les seuls bénéficiaires de cette générosité excessive. Si elle pouvait aider, sa mère le faisait volontiers. Et Arkhane avait hérité de cette qualité. Défaut. Faiblesse. Ce trait de caractère qui la poussait à tendre la main malgré que, plutôt que de la saisir, on la lui ai déjà taillée au couteau.
Elle se méfie maintenant.
Visiblement, pas assez pour s'en tenir à ça.

« D'où est-ce que tu viens ? »

Elle ne vient pas de ce quartier, c'est certain. Elle l'aurait déjà croisée. Peut-être même pas de cette ville. son accent semble différent. Et elle n'est pas sûre que sous ses guenilles, ses cuisses et ses molets soient taillés pour affronter les pentes de Nodotheim.
Plusieurs passant la frôlent. Le monde afflue de nouveau. Elle s'écarte alors, d'un signe de tête elle invite la sheig à la suivre pour s'éloigner de la foule.


Tahn Celhán

Elys
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Lun 16 Mar - 16:34
Un cadeau ! Elys ne comprend pas bien pourquoi on lui montre le panier avec les herbes et les légumes dedans – ça se mange, elle le sait mais ça ne se voyage pas, ça doit se faire cuire et ce n’est pas du pain alors ça n’a pas grand-chose à voir, à ses yeux à elle – mais elle n’est pas du genre ingrate, bien au contraire. Elle sourit encore plus, ravie.

« Oh ! Merci Madame. Vous êtes aussi gentille que vous êtes jolie ! » Elle pense chacun de ses mots. Depuis le joli blond, elle n’a pas été assez proche de quelqu’un pour qu’il puisse être gentil. Et elle, elle n’a pas l’air de mettre ses mains partout. Surtout qu’elles sont occupées les mains. Ca a l’air lourd. Elys ne pense pas à proposer de l’aide, toute son attention est reportée sur la miche dorée qui lui est plus précieuse que le monde entier. Elle en prend un crouton. Ca se coupe tout seul, même pas besoin de sortir le couteau ou de le mettre à tremper dans de l’eau. Le reste, elle l’emballe dans sa couverture. C’est sale et les miettes grattent la nuit mais au moins ça se garde plus longtemps. Elle range le reste dans son sac, portant le crouton à ses lèvres. C’est même pas dur. C’est résistant puis ça fond et sur la langue y a le piquant du levain, la chaleur du four, la légèreté de la mie, le sucré de l’amidon à la fin quand on mâche vraiment beaucoup. Elle attrape sa gourde d’eau, boit une gorgée, rebouche.

« De dehors. » fait-elle, serviable, en montrant la Porte non loin du marché par où elle était arrivée un peu plus tôt. « Y avait des chariots. » Elle reprend une autre bouchée de son morceau de pain. C’est tellement bon. Mais, bientôt, elle allait devoir trouver un ruisseau pour reprendre de l’eau. Elle n’entendait pas de rivière dans les maisons. Rien que les gens. Tant pis, au pire elle ressortirait. Elle tendit sa gourde. « Vous avez soif ? Ca a l’air lourd. » Encore une fois, qu’on puisse la trouver répugnante ou avoir peur de partager ses germes ne lui vint pas à l’esprit. Elle avait envie de faire quelque chose pour la jolie dame. Peut-être que si elle trouvait quoi, elle pourrait être jolie elle-aussi. Pas que ça changerait quoi que ce soit à sa vie, mais c’était toujours agréable. « Avant, y avait pas de chariots, juste la nature, et de l’eau aussi. Et des cailloux brillants dans l’eau. » Les jours s’étaient mêlés aux nuits de sa longue marche et elle devait s’avouer qu’elle ne savait pas trop quoi faire maintenant qu’il n’y avait plus de chemin tout tracé devant elle. Les rues étaient un labyrinthe trop complexe pour qu’elle puisse les appréhender. Elle n’avait pas peur de s’y perdre. Elle n’était pas pressée non plus. « Vous habitez dans un chariot ? » Continue-t-elle en suivant la jeune femme sans vraiment y réfléchir.

Les maisons lui disaient bien quelque chose. Elle connaissait le mot, l’idée qui allait avec, qu’on pouvait dormir dedans et que ça ne bougeait pas. La dame était trop belle pour rester comme un arbre toujours au même endroit. Elle avait besoin de soleil et de vent, non ? Qui restait toujours au même endroit d’abord ? Et puis, pour quoi faire ?


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Arkhane Lohengrim
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Lun 23 Mar - 19:55


pour une miche de pain

Cette troublante sensation d'avoir affaire à une enfant ne la quitte pas un seul instant. La vagabonde en a la candeur et la bonté. Ses compliments sont touchants d'une franchise ingénue, ses gestes sont doux et méticuleux. Elle accorde à la miche de pain l'attention méritée par un fragile et précieux cadeau, comme si elle ne savait pas la véritable valeur de ce produit. Ce n'est rien de plus qu'un peu de farine, d'eau et de levain gonflé durant quelques dizaines de minute au four.
À cette pensée Arkhane se reprend, bêtise d'une privilégiée pas si mal lotie, finalement, en tant que fille d'aubergistes. Ce pain a certainement pour la petite - arrivera-t-elle à la voir autrement ? - plus de valeur que ces grosses pierres que les dames nobles s'obstinent à se sertir le cou. Elle-même préfère un repas chaud que des trésors rutilants. Mais malgré ça, elle n'a jamais vu aucun sheig se montrer si précautionneux, ils préfèrent consacrer leur énergie à d'autres offices.

« De dehors. Y avait des chariots. »

Même ses indications valent les propos d'une enfant. Ils sont tout aussi précis.
Mentalement, Arkhane parcourt les environs dans l'espoir de cerner davantage son point de départ, elle ne voit que des étendues de végétation, qui courent sur des kilomètres autour de la Rocheuse. La gamine pourrait bien venir de Sesheim qu'elle ne verrait pas la différence. Mais peut-elle lui reprocher son manque de précisions ? La question, prise au mot, ne demandait après tout pas davantage de renseignements. C'est un autre détail qui la fait tiquer, cette absence de compréhension des sous entendus, qui s'induit d'ordinaire une fois l'esprit humain et ses volontés appréhendés.
Elle n'arrive pas à la cerner. Pas vraiment. Arkhane voit et entend tout et son contraire, ses déductions s'opposent entre elle sans qu'elle ne puisse tirer la moindre conclusion.
Ça l'intrigue.

Avant qu'elle n'ai eu le temps de lui répondre, la vagabonde reprend. Ses idées papillonnent, c'est une abeille volatile qui butine là où le pollen est le plus sucré. À moins qu'elle ne danse là où les pétales sont les plus beaux. Les belles choses ont l'air de la séduire.
Ses propos tirent à la rousse une série de sourires, un rire même, à sa dernière question. Elle n'en a jamais été avare, sauf en la compagnie de Dhol, qui mérite rien de plus que le tranchant de ses crocs.

« Je n'ai pas soif merci. Et .. non, je ne vis pas dans un chariot. »

Ses pas l'éloignent de la foule. Les rues sont plus calmes à mesure qu'elles s'éloignent de la place, le brouhaha se fait distant, pour ne bientôt plus que devenir le bourdonnement d'une ruche éveillée.

« Je vis dans une auberge. » À jamais cliente. Cette idée la pousse à préciser, pour éviter des mauvaises interprétation. Si la fille prend tout au mot, mieux vaut prendre ses précautions. « Mes parents sont les gérants. » Elle se corrige. « Enfin mon père.  »

Sa mère peut-elle encore être propriétaire, enterrée six pieds sous terre, squelette bouffé par les vers ? Ou tout ne revient-il pas que à son époux ?
Elle chasse cette idée de son esprit, range les émotions qui s'éveillent rien qu'à songer à cette tombe encore trop fraîche, en dépit des deux années écoulées. Restons sur la candeur de la sheig, elle ne mérite pas d'être accablée par la mort tout de suite.
La rousse change finalement de bras pour son panier. Son poids commence à lui marquer la chair, elle la sent la tirer sous son manteau.

« Je dois y aller pour poser le panier, mon père a besoin de ces victuailles pour cuisiner. Tu m'accompagnes ? »

Arkhane est pressée par le temps, mais Arkhane est aussi curieuse. Cette gamine l'intrigue, c'est une énigme qui la tire de son quotidien ennuyant. Depuis la disparition d'Ascalon, les défis se font rares. Peut-être les a-t-elle volontairement repoussés, c'est un plaisir de la vie qu'elle ne s'autorisait simplement pas. Comme l'on craint de manquer de respect aux disparus en profitant de la vie sans eux, elle a rendu sa vie d'un ennui mortel. Même le cirque ne la stimule plus suffisamment, l'adrénaline est une drogue à laquelle il semblerait que son corps se soit habitué.



Tahn Celhán

Elys
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une outre sans eau

Lun 30 Mar - 18:11
Les mots prennent un sens lorsqu’elle les entend, comme s’ils s’associaient à des images qu’elle avait gardées dans un endroit de son esprit dont elle n’a pas la clef. L’auberge, elle comprend, c’est un endroit de bois, de feu, de chaleur et de sécurité mais aussi d’alcool et de gens qui font du bruit, ce qu’elle n’est pas certaine d’apprécier. C’est des chansons. C’est un lieu d’échange et de passage avec un goût d’interdit comme si elle n’était pas sensée s’y rendre ou du moins pas seule. Des mains qui se serrent et des échanges qui se font comme le pain et l’argil. Ce n’est pas une terre l’argile ? Une couleur ? Elle l’imagine comme des cailloux marrons, comme ces boules que poussent les bouseux. Pourquoi elle sait ça, comment, elle l’ignore, elle s’en fiche. C’est le genre de question qui lui font mal au crâne. Autant l’éviter si elle le peut.

Autre mot. Gérant. Au début elle voit des gens très grands. La belle dame ne l’est pas, si grande. Un peu oui mais pas tant que ça. Elle se le redit pour voir. Gérant. Cette fois elle voit un monsieur avec un gros ventre et un tablier, puis un torchon sur le bras. C’est la personne qui commande, donc, dans l’auberge. On dit aussi tavernier. Elle n’a pas d’explication pour « parents » ou « père », rien qu’un curieux manque qu’elle ne creuse pas. Elle a le concept inconsciemment. C’est quelqu’un d’important qui a besoin de légumes pour faire à manger.

« D’accord », fait-elle alors, simplement, sans poser davantage de questions. Que l’on puisse l’attirer dans un piège ne lui vient pas à l’esprit. La dame est gentille, elle lui a donné du pain, elle lui parle gentiment, elle sourit.

Elys a la démarche des voyageurs maintenant, régulière et légère qui avale les distances sans se fatiguer. Malgré sa maigreur et sa saleté, elle est en pleine forme physique, sculptée par les kilomètres parcourus. Elle démarre donc rapidement, avant de ralentir pour ne pas perdre celle qui doit la guider, plus gênée par ses jupes et son panier qui semble lourd. Elle ne sait déjà plus si elle a proposé son aide. Les victuailles c’est précieux. Elle ne voudrait pas qu’on l’accuse de vol. On l’avait fait une fois et elle n’avait pas aimé. Et puis, sur le passage, elle voit l’étal d’un marchand de tissu. Oubliant tout le reste, elle court devant les tissus brillants, ses yeux plein d’une lumière de joie profonde. Ses doigts courent sur une laine épaisse, de bonne qualité, teinte d’un brun profond. Elle a dédaigné le taffetas et les soies plus fines. Il ne fait pas très chaud en ce moment.

« C’est quoi ? » Elle palpe d’un geste pourtant professionnel, sentant la trame jouer derrière le tissage serré. Ce n’est pas très imperméable. Mais tout doux. Et tissé avec sérieux, pas le genre de choses qui fait un trou de la taille d’un poing dès qu’il y a un fil qui se défait. Il y a des nœuds dans l’écheveau juste pour ça. « Une sur-tunique ou une jupe de travail. » Pas un manteau, non, le feutre était meilleur. Pas de sous-vêtement, trop épais, trop rêche. La couleur était magnifique. Elle qui avait des souvenirs de blanc qui était noir et faisait mal aux yeux.


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Arkhane Lohengrim
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Informations généralesGroupe : HaarvarnAge : 22Sexe : FemmeClasse sociale : EsoèdMonnaie : 90Inventaire : - Tenue Commune
- 2 bons de réduction 30%
- Une broche à cheveux offerte par Ascalon
- Un collier en forme d'encre
- Sirop de Draën
Bandeau : https://zupimages.net/up/20/18/znf6.jpg

Sam 4 Avr - 18:09


pour une miche de pain

« D’accord. »

Sitôt accepté, la vagabonde s'éloigne. Ce sont de rapides foulées qui bientôt, instaurent plusieurs mètre de distance entre elles. Ça fait hausser un sourcil à la vithang, qui durant un instant, se demande si la plus jeune n'a pas mal compris sa proposition, si elle ne compte pas simplement partir sans plus de procès. À moins qu'elle ne veuille prendre de l'avance pour aller l'attendre la première taverne venue, n'ayant pas davantage d'informations concernant le bâtiment. Jusqu'à ce que celle-ci se fige enfin, la rousse est certaine que l'inconnue va disparaître au bout de la rue, aussi brusquement qu'elle n'est apparue d'ailleurs, demeurant un mystère de bout en bout.
Mais non.
La femme-enfant se fige, se tourne vers elle - pour surveiller son avancement ? peut-être. Alourdie par son panier, Arkhane n'accélère pas davantage, ce serait un coup à renverser ce qui manque de déborder. Elle a tout le loisir de réfléchir, sur ces quelques dix mètres. S'impatiente-t-elle déjà ? Ou bien est-ce autre chose ? Sa proposition, après tout, est un peu sortie de nulle part.
Après un instant à penser, elle se rend compte qu'elle ne connait toujours pas son prénom. Sur sa langue, la question pèse, elle espère la formuler dès lors qu'elle l'aura rejointe, mais voilà qu'elle repart encore.
La fille disparaît brièvement. Son maigre gabarit se fraie un chemin dans la foule diluée, sa silhouette se confond dans les étoffes. Cette fois-ci, Arkhane la suit, jusqu'à la voir de nouveau penchée sur l'artisanat d'un vithang qui a le dos tourné, des paillettes plein les yeux. C'est peut-être mieux que le marchand ne l'ai pas remarquée certainement, ou bien il lui taperait sur les doigts pour avoir osé déposer sur ses produits la crasse qui les macule.

« C'est quoi ? »

Elle baisse les yeux sur l'objet de son attention. Du tissu, par dessus l'épaule de la vagabonde, elle ne peut pas déduire quoi que ce soit de plus. À ses yeux, tous ces produits se ressemblent. Elle fait toutefois l'effort d'approcher davantage, la contournant pour pouvoir, à son tour, faire glisser ses phalanges sur l'article. C'est doux, épais. Plus épais que ses propres vêtements, c'est certain, plus chaud et plus beau aussi. Arkhane n'a jamais vraiment été intéressée par l'idée d'être belle. Elle présente bien parce que c'est ce que sa famille attend d'elle, toujours au contact des clients - et trop souvent à son goût des clients nobles - elle se doit d'être, au mieux élégante, au moins, propre. Mais si elle peut s'abstenir de renouveler sa toilette toutes les lunes, elle s'en satisfait plutôt.
À y réfléchir, elle ne se souvient pas la dernière fois qu'elle a acheté le moindre atour. Sa mère s'en chargeait pour elle, avant. Depuis, elle recycle sans cesse les mêmes vêtements, reprisant ceux qui s'abîment, jetant les autres. Les couleurs qu'elle arbore désormais sont délavés, les coutures maladroites. Elle n'a jamais été très douée pour ça, par chance sous le tablier, ça ne se voit pas.

La voix de la femme-enfant se fait entendre avant qu'elle n'ai eu l'occasion d'énoncer la moindre hypothèse. Elle n'en aurait peut-être pas été capable d'ailleurs. Sur-tunique, ou jupe ? Peuvent-elles conclure en lançant une pièce ? Arkhane pourrait guère trancher autrement qu'arbitrairement.

« Pourquoi nécessairement l'un ou l'autre ? »

Pourquoi oui ? La rousse relève ses yeux verts sur le visage tout souillé de poussière de sa cadette, le détaille brièvement. Pourquoi saurait-elle ?
En attendant la réponse, ses doigts découvrent les autres articles. Elle reconnait la laine de rhinocéros, dont son frère fait l'élevage depuis plusieurs années désormais, plus commun à Nodotheim que la laine de mouton ou le coton. Il y en a de toutes les couleurs. Des blancs, des noirs, des rouges, des bleus, des verts, teints au gré des ateliers pour barbouiller la triste humeur de la rocheuse d'éclats autrement qu'ainsi. Il n'y a que les étoffes qui illuminent cette cité morne et brumeuse.


Tahn Celhán

Elys
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Informations généralesGroupe : HaarvarnAge : Vers 20 ansSexe : FilleClasse sociale : SheigMonnaie : 0 agrilsInventaire : Une vieille tenue en beau tissu mais déchirées et recousue un peu partout avec des carrés nettement moins riches.
Des sandales en cuir vieilli, certaines sangles très usées
Un vieux sac pourri contenant une couverture simple qui gratte
Deux aiguilles à couture et du fil solide
Un couteau
Du pain rassit
une outre sans eau

Lun 4 Mai - 16:13
Oui, pourquoi, finalement ? Surprise qu'on lui réponde par une question - alors que l'absence de réponse concrète à ses questionnements précédents lui était passé totalement au-dessus de la tête, la jeune femme se frotta la nuque, ses yeux allant de sa camarade du jour au rouleau de tissu et inversement avec une perplexité qu'elle ne cherchait même pas à cacher. Elle pencha la tête.

"Peut-être. Avec plusieurs rouleaux."

L'image d'une femme tout de marron vêtu la fit grimacer cependant. Elle avait beau avoir surtout des souvenirs de blanc et de propreté, le monochrome n'était pas dans ses goûts. Au moins un camaieux de teintes, pour donner du volume, quoi ? Il y avait des nuances pour rendre le monde plus beau, et lui donner des reflets de merveilles. Ces choses qu'elle n'aurait jamais dites auparavant, bonne fille, sortaient maintenant de façon parfaitement naturelle.

"Mais même les arbres en hiver ont plusieurs couleurs. Des oiseaux, des nids, de la mousse."

Son regard concentré passa sur d'autres étoffes pour repérer une fabrique plus fine, un peu transparente peut-être, d'un crème qui lui fit se lécher les lèvres. C'était bon la crème. Elle n'en avait pas mangé depuis...elle ne se souvenait pas, simplement que c'était frais et gras et salé sur du pain, avec du poisson, et que ça tourne avec le citron. Une fois encore, elle fit jouer le tissu entre ses doigts. Un peu rêche. Pas de la bonne crème. Peut-être du beurre ? Ce serait trop jaune avec le bois de l'autre. Elle fit un pas en arrière, sans regarder si elle risquait ou non de bousculer quelqu'un.

"Si tu veux l'hiver, il te faut de la neige au milieu, pas forcément propre. Ah."

Un gris clair, avec des reflets argentés attira son attention. Ca par contre c'était du cher, c'était toujours plus onéreux quand il y avait du brillant. Méfie toi de ce qui brille, lui disait une voix grave dans sa tête. Elys regarda la jeune femme qui l'accompagnait. Elle ne brillait pas, elle brûlait, elle couvait. Et ses vêtements n'étaient pas très bien cousus. Elle secoua la tête avec réprobation et montra un accroc qui n'allait pas tarder à céder.

"Ce sera troué demain."

Puis, elle releva la tête, et là, elle aperçut l'objet de ses voeux. A un étal un peu plus loin qu'elle rejoignit en quelques bonds avec un petit cri de joie. Il s'agissait d'un tissu blanc cassé, couvrant cette fois, assez fin pour en faire une chemise et au tissage simple mais solide donc pas trop cher.

"Ca. Avec ça et trois rouleaux du marron, on peut faire les deux."

Il n'était pas certain que la belle dame ait suivi ou puisse l'entendre mais elle ne s'en souciait déjà plus. Cet endroit était bien meilleur que le dehors. Il y avait des merveilles partout pour ceux qui avaient de l'argile. Elle revint plus doucement vers sa compagne et leva sur elle des d'enfant perdue.

"Dit. J'en trouve où de ce que tu donnes en échange des choses ?"


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Arkhane Lohengrim
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Mer 13 Mai - 11:51


pour une miche de pain

Elle ne comprend rien. Et c'est assez troublant.
D'ordinaire, Arkhane comprend, et quand elle ne comprend pas, elle décèle, au moins. Une pensée, c'est comme un gros bout de bois brut. Coup de burin après coup de burin , ça prend forme, d'abord une silhouette grossière, puis avec un peu de patience, la beauté de détails dessinés à même le billot. Une pensée, ça se sculpte, ça s'affine, pour devenir abordable, compréhensible.
Mais là, ce n'est pas compréhensible.
Les mots se bousculent dans ses oreilles, comme si à se chahuter ainsi, ils pouvaient être plus vite traités par son cerveau. L'hiver. Il approche, doucement, il s'instille dans la rocheuse comme un venin dans une artère. Des oiseaux, il y en a. Dans les grenier, entre deux poutres, à l'abri d'une tabatière. La ville en est garnie, et à l'aube, leur chant couve les matinaux. Des nids, partout. Et la neige ? Bientôt. D'ici quelques semaines. Elle la voit déjà, dans les hauts quartiers de la baronnie du taureau, couvrir les toits d'un linceul fantomatique quand la brume vient jouer entre les tours.
Mais quel est le rapport ?

Arkhane suit la vagabonde des yeux. Un papillon qui vole de fleur en fleur, d'étal en étal, à la vitesse de pensées arborescentes. Refusant l'idée que la sheig puisse ne pas avoir la lumière à tous les étages, elle lui accorde du temps. Celui de se balader - gambader serait plus juste - jusqu'à ce que, finalement, les gestes et les mots de la brune finissent de tailler l'idée de la rousse.
Des couleurs, des tissus, l'accord de l'un avec l'autre à l'image d'une saison qui se dessine. Cherche-t-elle un moyen de produire un vêtement ? Ou quoi que ce soit d'autre fait de laine ou de velours ?

« Dit. J'en trouve où de ce que tu donnes en échange des choses ? »

A-t-elle ne serait-ce que déjà mis un pied en ville qu'elle ne sait rien de ce qui anime la cité, de ce qui la fait pulser et la propulse ? Aussitôt, Arkhane nie cette hypothèse. Oui, forcément qu'elle est déjà venue. Elle parle trop bien pour avoir grandi ... elle ne sait où d'ailleurs. Tout Verheim est dirigé par l'argent, c'est l'essence même de la société Haarvarne, curieux qu'elle ne sache pas.

« Ce sont des agrils. Il faut les gagner. »

Elle détaille le visage crasseux de celle qui n'a toujours pas de nom, ses yeux grandis de cette volonté naïve et enfantine. Devançant une probable question - question qui, elle aussi, lui semble incongrue mais soit - elle poursuit :

« Tu dois travailler pour ça. » Elle se tourne vers un commerçant, désignant sa marchandise des yeux, puis celle du suivant, et du suivant encore. « Tu fais quelque chose que les gens veulent. Ils vont te l'acheter, et tu gagnes des agrils. »

C'est un schéma simplifié, trop, il y a trop de risques que ce soit mal compris, mais jusqu'où peut-elle pousser ses explications ? La pédagogie, finalement, ça n'a jamais trop été son fort. Ascalon a toujours été plus doué qu'elle pour enseignant. Elle, elle est celle qui apprend.


Tahn Celhán

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