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Vanes
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Informations généralesGroupe : HaarvarnAge : 73Sexe : MasculinClasse sociale : EsoèdBandeau : https://zupimages.net/up/20/26/wreh.jpg
VanesVithang

Mar 14 Juil - 22:46
Alors que le soleil était à son zénith, les nuages de suies volaient au-dessus de la zone industrielle. Ils réduisaient significativement la luminosité globale, ainsi que le bruit des oiseaux. À ce moment, les enfants, qui travaillaient aux usines, profitaient d’une courte pause pour engloutir leurs repas. C’était une espèce de pain compacte qui était pour certain imbibé de piquette et pour d’autres accompagné d’une sculpetra cru ou bouillie. Les bambins avaient pris la mauvaise habitude de prendre leur pose dans la décharge et leurs cris incessants exaspéraient considérablement Vanes. Malheureusement, les chasser était inutile, car ils revenaient que plus nombreux et plus bruyant.

Ce jour-là, Vanes n’était particulièrement pas d’humeur de supporter cette agitation soudaine. Ses mains ainsi que son attention étaient consacrées à une tâche des plus précises dans un amas de fils et de soudures de facture discutable. Le faussaire, à l’origine de la monstruosité, qui se tenait devant lui, avait arnaqué un fournisseur du coin. Il avait réussi l’exploit de fondre une batterie dans un moteur électrique, ce qui le rendait aussi inutilisable que dangereux.

Quelqu’un frappa à la porte. Immédiatement, un cri suivi de jurons étouffés s’échappèrent de l’atelier.
C’en était trop ! Vanes se précipita vers la porte, l'ouvrit, en prenant soin d’arborer l’expression la plus terrifiante possible, tout en brandissant un vieux tuyau pour faire fuir le trouble paix.
Il se stoppa en voyant que la touffe dorée qui se tenait devant lui, non seulement ne bougeait pas d’un pouce, mais aussi arborait un sourire gêné. Ses yeux grands ouvert reflétait sa surprise. Elle devait se demander s’il n’était pas sage de rebrousser chemin, après avoir entendu des injures si inspirées.
Ses vêtements de garçon ne pouvaient pas cacher ses traits féminins. Elle ressemblait à l’un de ces vagabonds et était sûrement venue aussi le déranger afin de réaliser un travail en échange d’un repas ou de quelques sous. Cependant, il émanait de sa personne un je ne sais quoi qu’il avait du mal à distinguer, sa posture ? Son expression peut-être ?
Son analyse méticuleuse s'estompa lorsque la garçonne prit l’initiative.

« Je veux que vous répariez ma machine à coudre ! »

Il n’eut pas eu le temps de répondre qu’elle se faufila dans l’atelier. La machine à coudre n’était pas avec elle ! Elle devait sûrement se moquer de lui vu son attitude désinvolte. Il n’avait pas le temps de gérer cette situation !

« Sort. Ramène la machine demain. »

L’insolente faisait mine de rien entendre. Elle se penchait sur les diverses carcasses de machines avec des grands yeux ronds et le même sourire arrogant.

« Je veux que tu viennes la réparer sur place, au Gloria. Comment faites vous pour respirer ici ? Il y a plus de poussière que d’air ! »

Il avait déjà entendu parler mainte fois du Fantasmagloria, que ce soit à travers les paroles d’enfants trop curieux ou de maris à la langue bien pendue qui cueillait des fleurs à tour de bras. Que pouvait donc bien faire une fillette dans un tel endroit ? Certains ouvrages, ou plutôt torchons, expliquaient que les poupées, les fleures, comme elles aimaient être appelées, étaient ramassés dans les caniveaux pour les transformer en objet de désir. Celle-ci, vu son état, ne pouvait pas être une fleur. Dans l’immédiat, c’était surtout une épine dans le pied.

« Se déplacer ?! Non. Impossible. Va voir un de ses artisans benêts qui le fera avec plaisir !

- De toute façon, si j’avais l’argent pour payer, je serais aller voir quelqu’un de plus talentueux. »

Nargua-t-elle, tout en regardant la chose qui gisait sur l’atelier.
Il grommela et jura dans sa barbe après avoir entendu une telle absurdité ! Cette gamine avait du cran...

« Mais cette machine est très importante, si je me la faisais voler, si je la perdais, je ne sais pas ce que je ferais ! »

Pour sa demande, elle avait pris la peine de prendre la pose et de modifier son expression pour atteindre le vieil homme. Elle jouait bien la comédie, trop bien même. Mais cela l’irrita que plus encore. Il afficha un sourire quasiment sardonique et modifia son timbre comme pour raconter une histoire d’épouvante.

« Très bien ! Si tu y tiens tant, je te propose un marché. Si tu m’aides à dégoter une prochaine fois les pièces qu’il me manque, je viens. Mais les récupérer ne sera pas facile, cela pourrait être dangereux pour un corps si frêle et …

- Marché conclus ! »

La surprise de Vanes lui laissa échapper un ricanement. Mais ce petit jeu cachait quelque chose de sincère, de vrai. Même si son interprétation était remarquable, il voyait une imperceptible présence dans ses yeux, celle d’un souvenir ancien . Elle avait dû faire face à bien plus effrayant que lui. Ce n’était plus une âme innocente. Une hypothèse, une idée germa, il devait désormais connaître l’origine, le fonctionnement de cette machinerie !
Il se déplaça dans l’atelier et récupéra deux boutons de tungstène gravés, qu’il avait gardé pour une occasion comme celle-ci. Il prit la main de sa nouvelle cliente et les y déposa avec d’un air moqueur.

« Très bien. Mais tu porteras mes outils. »

Alors qu’elle faisait une drôle de tête, il lui tendit une caisse métallique lourde et rouillé. Pour justifier sa demande peu galante, il lui mima son grand âge en se courbant et en faisant diverses grimaces.
Il fit signe à sa cliente d’attendre quelques instants, le temps de se préparer. Il en profita pour se décrasser du mieux qu’il pouvait et mettre son trois pièces le moins amoché. Une fois prêt, il attrapa son unique canne qu’il utilisait, en réalité, surtout pour se défendre lors de rencontres fortuites avec des scélérats.

Une fois chemin pénible parcourus, ils étaient enfin devant les imposantes portes du Gloria. Vanes faisait mine de ne pas voir les regards indiscrets qui semblaient le confondre pour un des simplets qui venaient en ce lieu pour assouvir leurs désires naturels.
Cet établissement était aussi somptueux que décadent. Son apparence immaculée, nettoyée de la suie, ne pouvait cacher la pourriture qui était cultivée en son sein. Seules les dupes et les insouciants pouvaient imaginer que cet endroit n’était que source de plaisir. Ils vivaient dans une société qui broyait, qui maltraitait ses partisans et utilisait ses rejetons pour les distraire. Le peuple façonné en un parasite qui se nourrissait d’un amour artificiel, calculé, pour leur faire oublier, lors d’un instant, une misère humaine. Aucune classe n’y réchappait, chacune était animée par la promesse d’un bonheur, mais n’avait accès qu’à des euphories éphémères. Comment une créature, une chimère aussi difforme pouvait-elle survivre ?
Dès les premiers pas dans le hall, les vapeurs d’alcool et la moiteur ambiante confirmèrent l’hypothèse de Vanes. Cette usine de misère fonctionnait parfaitement.
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